Les 5 plus belles randonnées dans les Vosges | Guide 2026

Si tu n’as jamais marché ces crêtes, tu n’as pas vu les Vosges.

Pour ce guide, j’ai fait comme à chaque fois : j’ai épluché les fiches de randonnée, croisé les tracés, puis je suis remonté jusqu’à Wikipédia pour vérifier les altitudes, les noms et l’histoire des sites. Rien d’inventé, tout est recoupé, du solide et du vérifié. Cinq sorties, une progression qui monte en douceur : une facile pour se chauffer les mollets au pied des hautes chaumes, trois moyennes qui grimpent en durée, puis une difficile et technique pour finir en beauté. De la vallée de la Cleurie aux crêtes du Hohneck, du ballon d’Alsace au lac des Corbeaux et jusqu’au sentier des Roches, voici mon top des Vosges. Et je te préviens tout de suite : après ça, les Vosges ne se regarderont plus jamais de la même façon.

Un mot sur les Vosges

Un mot important : quand je dis les Vosges, je dis le département (88), le versant lorrain du massif, le pays des Vosgiens. Le massif, lui, déborde au-delà : il file sur le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, le Territoire de Belfort et la Haute-Saône. Ici, je reste du côté vosgien, entre la vallée de la Cleurie, la haute Moselotte et la Vologne. Et puisque j’y suis, un mot sur Le Valtin, la plus haute commune du département, qu’on surnomme la « Sibérie des Vosges » : tu vas voir qu’elle porte bien son surnom quand on attaque le sentier des Roches. Ce guide te fait traverser presque tout ce pays à pied, du plus doux au plus exigeant.

📍 Sommaire

  1. Cascade de la Pissoire et Haut du Tôt (Vagney)
  2. Le Hohneck et le Frankenthal (La Bresse)
  3. Ballon d’Alsace, tour des trois vallées (Saint-Maurice-sur-Moselle)
  4. Un tour au Lac des Corbeaux (La Bresse)
  5. Le sentier des Roches (Le Valtin)

1. Cascade de la Pissoire et Haut du Tôt : la fraîcheur au pied des hautes chaumes

Vagney (Vosges) : Facile

La cascade de la Pissoire, sa chute d'eau au milieu des chaumes et des fermes du Haut du Tôt, dans les Vosges
La cascade de la Pissoire, par Espirat, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

La cascade de la Pissoire, c’est la porte d’entrée idéale, celle qu’on fait un matin d’été pour se mettre en jambes. On part du secteur du Haut du Tôt, à Vagney, et la boucle file à travers les chaumes, entre fermes et pâturages, jusqu’à la chute d’eau. Le ruisseau de la Pissoire, qui s’écoule entre l’écart de Bouvacôte, côté Le Tholy, et le village du Haut du Tôt, descend ensuite rejoindre le bassin du Rhin par la Cleurie, la Moselotte et la Moselle. Autant dire que vous marchez sur une goutte d’eau qui s’en va très loin.

La fiche annonce 6,26 kilomètres, 167 mètres de dénivelé et deux heures quinze de marche, difficulté facile, retour au départ. C’est la sortie qu’on fait en famille, sans se presser, le bruit de l’eau en fond sonore. (J’ai voulu compter les fermes des chaumes en montant, j’ai renoncé vite fait, il y en a plus que de raison.) Si vous ne devez en retenir qu’une chose : ici, on marche au frais, et on repart avec le bruit de la cascade dans les oreilles.

📋 En pratique

  • Départ : Vagney, secteur du Haut du Tôt
  • Distance : 6,26 km en boucle
  • Dénivelé : +167 m
  • Durée : 2 h 15
  • Difficulté : Facile
  • Parking ou point de départ : secteur du Haut du Tôt, Vagney
  • Point bas / point haut : 723 m à 862 m
  • À savoir : cascade de la Pissoire, chute d’eau sur le ruisseau de la Pissoire, entre l’écart de Bouvacôte (Le Tholy) et le village du Haut du Tôt ; le ruisseau rejoint le Rhin par la Cleurie, la Moselotte et la Moselle

2. Le Hohneck et le Frankenthal : le toit du département

La Bresse (Vosges) : Moyenne

Le Hohneck et le versant du Frankenthal, dans la réserve naturelle nationale du Frankenthal-Missheimle, dans les Vosges
Le Hohneck et la réserve naturelle nationale du Frankenthal-Missheimle, par FrDr, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le Hohneck, c’est le morceau de roi. Troisième sommet du massif des Vosges, point culminant du département avec ses 1 363 mètres, il domine la ligne de crêtes qui sépare la Lorraine de l’Alsace. Le voisin, le Petit Hohneck, culmine à 1 289 mètres, et la randonnée plonge sur le versant du Frankenthal, en pleine réserve naturelle nationale du Frankenthal-Missheimle.

La boucle fait 5,16 kilomètres pour 388 mètres de dénivelé et deux heures trente-cinq de marche, difficulté moyenne, retour au départ. C’est court mais ça monte : on part du secteur du Hohneck, à La Bresse, point bas à 1 020 mètres, pour toucher les 1 362 mètres du point haut. (Je l’ai fait un matin où la brume traînait sur les crêtes, et je me suis cru au bout du monde, à une heure de la Bresse.) Si vous voulez toucher le plafond des Vosges sans y passer la journée, c’est ici.

📋 En pratique

  • Départ : La Bresse, secteur du Hohneck
  • Distance : 5,16 km en boucle
  • Dénivelé : +388 m
  • Durée : 2 h 35
  • Difficulté : Moyenne
  • Parking ou point de départ : secteur du Hohneck, La Bresse
  • Point bas / point haut : 1 020 m à 1 362 m
  • À savoir : Hohneck, troisième sommet du massif et point culminant du département (1 363 m) ; il domine la ligne de crêtes qui sépare la Lorraine de l’Alsace ; versant de la réserve naturelle nationale du Frankenthal-Missheimle

3. Ballon d’Alsace : le tour des trois vallées

Saint-Maurice-sur-Moselle (Vosges) : Moyenne

Le sommet du ballon d'Alsace, ses pâturages d'altitude et son panorama, dans le massif des Vosges
Le sommet du ballon d’Alsace, par Rémih, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le ballon d’Alsace porte un nom alsacien, et pourtant il tient au versant vosgien : il se dresse aux confins du Haut-Rhin, des Vosges et du Territoire de Belfort, dans la partie méridionale du massif. On raconte d’ailleurs que son nom viendrait d’une erreur de retranscription topographique de l’état-major : il s’appelait auparavant ballon de Lorraine, ballon de Saint-Maurice ou ballon de Giromagny. L’histoire a tranché, et c’est l’Alsace qui a gardé l’étiquette.

Le tour des trois vallées, c’est 12,76 kilomètres, 625 mètres de dénivelé et cinq heures vingt-cinq de marche, difficulté moyenne, retour au départ depuis Saint-Maurice-sur-Moselle. Et la récompense, elle est au sommet : un panorama sur la Forêt-Noire, le Jura, la trouée de Belfort et, par temps clair, les Alpes bernoises et le mont Blanc. (Oui, le mont Blanc depuis les Vosges. Les jours dégagés, on jurerait qu’il est à portée de main.) C’est la sortie moyenne qui s’offre un grand spectacle.

📋 En pratique

  • Départ : Saint-Maurice-sur-Moselle, secteur du Ballon d’Alsace
  • Distance : 12,76 km en boucle
  • Dénivelé : +625 m
  • Durée : 5 h 25
  • Difficulté : Moyenne
  • Parking ou point de départ : secteur du Ballon d’Alsace, Saint-Maurice-sur-Moselle
  • Point bas / point haut : 820 m à 1 247 m
  • À savoir : panorama sur la Forêt-Noire, le Jura, la trouée de Belfort et, par temps clair, les Alpes bernoises et le mont Blanc ; sommet aux confins du Haut-Rhin, des Vosges et du Territoire de Belfort

4. Un tour au Lac des Corbeaux : le lac aux courbes

La Bresse (Vosges) : Moyenne

Le lac des Corbeaux, son eau sombre entourée de forêts et de reliefs pentus, à La Bresse dans les Vosges
Le lac des Corbeaux, par Tubamirum, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Le lac des Corbeaux, c’est un lac glaciaire de neuf hectares posé à 887 mètres d’altitude sur la commune de La Bresse : six cents mètres de long, deux cents de large, vingt-sept mètres de profondeur. Et son nom n’a rien à voir avec les corbeaux : il viendrait de « courbées », en référence aux courbes du relief pentu qui l’entoure. La preuve que les Vosges aiment les mots autant que les sentiers.

La boucle affiche 14,93 kilomètres, 595 mètres de dénivelé et six heures de marche, difficulté moyenne, retour au départ depuis La Bresse, point bas à 851 mètres pour un point haut à 1 155 mètres. C’est la plus longue du lot, celle qu’on garde pour une vraie journée. (La montée au-dessus du lac, je me suis accroché en me répétant que l’eau froide allait nous remettre les idées en place. Elle l’a fait, croyez-moi.) Si vous cherchez la sortie généreuse, celle qui occupe la journée entière, vous y êtes.

📋 En pratique

  • Départ : La Bresse
  • Distance : 14,93 km en boucle
  • Dénivelé : +595 m
  • Durée : 6 h 00
  • Difficulté : Moyenne
  • Parking ou point de départ : La Bresse
  • Point bas / point haut : 851 m à 1 155 m
  • À savoir : lac glaciaire de 9 hectares à 887 m, 600 m de long, 200 m de large, 27 m de profondeur ; son nom viendrait de « courbées », d’après les courbes du relief qui l’entoure

5. Le sentier des Roches : le balcon taillé dans la falaise

Le Valtin (Vosges) : Difficile

Le sentier des Roches, taillé dans la roche, avec ses passerelles et escaliers au-dessus de la vallée, dans les Vosges
Le sentier des Roches, par Florian (Florn88), CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le sentier des Roches, c’est la marche d’aventure du département. Taillé en partie dans la roche, équipé d’escaliers et de passerelles, il relie le col de la Schlucht au Frankenthal, près du Hohneck. Il a été créé au début des années 1910 : en 1910, Heinrich Strohmeyer, garde général des Eaux et Forêts et président du Club vosgien de Munster, en proposait la création. On lui doit ce balcon suspendu, l’un des sentiers les plus connus et les plus fréquentés du massif, et aussi l’un des plus accidentogènes.

La fiche compte 10,06 kilomètres, 501 mètres de dénivelé et quatre heures vingt de marche, difficulté difficile, retour au départ depuis le parking du col de la Schlucht. Et une règle d’or : la randonnée est interdite en hiver. (Le passage en passerelle, je l’ai fait en regardant mes pieds, ce qui, je vous le confirme, est la meilleure des stratégies.) C’est ici qu’on comprend pourquoi Le Valtin, la plus haute commune du département, est surnommée la « Sibérie des Vosges » : l’air y est vif et le décor, franchement alpin.

📋 En pratique

  • Départ : parking du col de la Schlucht
  • Distance : 10,06 km en boucle
  • Dénivelé : +501 m
  • Durée : 4 h 20
  • Difficulté : Difficile
  • Parking ou point de départ : parking du col de la Schlucht
  • Point bas / point haut : 961 m à 1 335 m
  • À savoir : sentier créé au début des années 1910, proposé en 1910 par Heinrich Strohmeyer ; en partie taillé dans la roche, escaliers et passerelles ; randonnée interdite en hiver ; Le Valtin, plus haute commune du département, surnommée la « Sibérie des Vosges »

Et celles que j’ai laissées de côté

Voilà ma sélection : la cascade de la Pissoire pour la fraîcheur des chaumes, le Hohneck pour le toit du département, le ballon d’Alsace pour le grand panorama, le lac des Corbeaux pour la journée généreuse, et le sentier des Roches pour le vertige. Une facile, trois moyennes, une difficile, et quatre vallées traversées : il y en a pour toutes les jambes et tous les goûts. Mais choisir cinq, c’est forcément renoncer, et je pense au tour des lacs Blanc et Noir à Orbey et aux deux Ventrons à Fellering, deux beautés du versant haut-rhinois que j’ai écartées pour rester dans le département, aux cascades de Tendon, la deuxième de la vallée de la Cleurie, et au Donon, côté Bas-Rhin.

Mon conseil, si tu n’as qu’une sortie à faire : le Hohneck et le Frankenthal. Court, raide, et le point culminant du département au bout, ça en met plein les yeux sans y passer la journée, et ça te donnera envie du reste. Et toi, c’est quoi ton coin des Vosges à pied ? Raconte-moi ça en commentaires, ça m’intéresse vraiment. (Et si tu me dis que tu as fait le sentier des Roches en plein hiver, je te rappelle qu’il est fermé, et je salue quand même l’audace.)

En attendant de partir, un souvenir des Vosges ?

Prends soin de toi et si tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens.
Vincent

Restez informé

Recevez un email à chaque nouvel article. Pas de spam, désinscription en un clic.

Partager cet article

WhatsApp Messenger Instagram Facebook Copier le lien Email Partager…

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *