10 trucs qui énervent toujours un Guadeloupéen

Bannière : dix trucs qui énervent toujours un Guadeloupéen

Si t’es Guadeloupéen, tu vas hocher la tête dix fois. Si tu l’es pas, note bien ce qui suit, parce que ces phrases-là, on les sort encore, en métropole comme à l’étranger, et elles ont toutes le même effet : un sourire crispé et un long soupir. Ça t’évitera une engueulade au marché de Pointe-à-Pitre, et ça, ça vaut déjà le voyage.

Tu peux aussi voir la collection complète Ici & Là Guadeloupe ici : lien

1 – « J’y étais une semaine, à Pierre et Vacances, c’était merveilleux »

Tu connais la piscine. L’île, elle, commence derrière la réception. La Guadeloupe, ce sont 1 628,43 km² et 384 160 habitants, mais aussi tout un archipel : Marie-Galante et ses 158 km², Les Saintes et leurs 14 km², La Désirade et ses 21 km², la Soufrière à 1 467 m et la Rivière Salée qui coupe Basse-Terre de Grande-Terre. Tout ça ne tient jamais dans un buffet d’hôtel. (Et le transat, il ne raconte pas grand-chose.)

2 – « À part aller à la plage, vous faites quoi de vos journées ? »

Beaucoup de choses, figure-toi, et la route pour y aller, elle existe. Au 31 décembre 2011, la Guadeloupe comptait 416 km de routes nationales et 619 km de départementales, sans parler de la zone d’activités de Jarry, à Baie-Mahault, qui s’étend sur 325 ha. Des gens y travaillent, y produisent, y vivent, et le soir, il y a le gwoka. (La plage, c’est le dimanche, comme partout.)

3 – « Parle-moi avec l’accent antillais »

L’accent sur commande, comme un numéro de cirque. Le créole guadeloupéen est une langue, avec ses parlers saintois de Terre-de-Haut et de Terre-de-Bas, et le français, lui, reste la langue officielle. Personne ne tient un guichet à accent à l’aéroport. (Et l’imitation, elle sonne toujours faux, promis.)

4 – « Vous mangez des acras et du piment tous les jours »

Les acras, c’est la fête, les marchés et les bords de route. Le reste du temps, on fait ses courses au supermarché comme tout le monde, et on cuisine du quotidien : un bokit, un court-bouillon, un gratin de christophine. La gastronomie guadeloupéenne tient plus large que trois bouchées. (Réduire une cuisine à deux ingrédients, c’est l’inverse d’un compliment.)

5 – « Tu sais forcément faire le punch et le planteur »

Deux verres pour résumer toute une culture de table. Le punch se prépare, le planteur aussi, et c’est un art qui s’apprend, avec son citron, son sirop et ses proportions. Personne ne demande à un Lillois de savoir brasser sa bière. (Et celui qui te pose la question, il en redemande un verre, bien sûr.)

6 – « Tu dois avoir le rythme dans la peau »

Le gwoka se joue, s’apprend, se transmet, et il est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis le 26 novembre 2014. C’est une culture, un apprentissage, des maîtres, des cercles, et Kassav’ a porté le zouk bien au-delà de l’archipel. Le rythme, il se travaille. (La peau, elle, n’a jamais donné de cours de tambour.)

7 – « Ma copine est guadeloupéenne, tu dois la connaître »

384 160 habitants, et l’archipel n’est pas un village. La question dit surtout que, dans ta tête, l’île tient dans une seule connaissance, et c’est exactement ça qui agace. À ce compte-là, je connais forcément ton cousin de banlieue. (La prochaine fois, demande le nom de famille, ça avancera mieux.)

8 – « Il faut faire quel vaccin pour aller en Guadeloupe ? »

La Guadeloupe est un département et région d’outre-mer (DROM 971) depuis la loi du 19 mars 1946. On y paie en euros, les plaques sont en 971, et aucun vaccin n’est obligatoire pour un Français qui rentre chez lui. La question révèle surtout qu’on ignore le statut. (Chez toi, on ne te demande pas ton passeport pour prendre l’autoroute.)

9 – « T’as des fenêtres chez toi ? »

La phrase a été recueillie par La 1ère le 2 janvier 2020 auprès d’un étudiant guadeloupéen en métropole, et elle laisse sans voix. Le logement, les normes, le quotidien banal, tout y passe, et la réponse locale est souvent une ironie bien sèche. (Oui, des fenêtres, des murs, un toit, et même l’eau courante, figure-toi.)

10 – « Tu as le soleil et la mer, la vie doit être facile »

Le soleil ne paie pas les factures. En 2022, les prix alimentaires y étaient supérieurs de 42 % à ceux de la métropole, et en 2025, plus d’un jeune sur cinq n’était ni en emploi, ni en études, ni en formation. Ajoute les billets d’avion en période scolaire, et la carte postale se froisse un peu. (La mer, elle, ne règle pas le prix du poulet.)

Le onzième, c’est quoi chez toi ? Balance en commentaire.

Prends soin de toi et si tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens.

Vincent

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