Les 5 plus belles randonnées en Provence | Guide 2026


Tu crois connaître la Provence ? Marche ces cinq sentiers, tu verras que tu n’en avais que la carte postale.

Pour ce guide, j’ai fait comme à mon habitude : j’ai épluché les fiches de randonnée, croisé les tracés, puis je suis remonté jusqu’à Wikipédia pour vérifier les altitudes, les statuts de protection et l’histoire des sites. Rien d’inventé, tout est recoupé, du solide et du vérifié. Cinq sorties, une progression en douceur : une facile pour se chauffer les mollets au pied du Ventoux, deux moyennes qui en mettent plein les yeux, puis deux journées d’altitude et de canyon pour les jambes sérieuses. Du Luberon aux calanques, de Porquerolles au Verdon et jusqu’aux lacs du Mercantour, voici mon top. Et je te préviens tout de suite : après ça, la Provence ne se regardera plus jamais de la même façon.

Un mot sur la Provence

Un mot important : quand je dis Provence, je dis la Provence historique, celle des Bouches-du-Rhône (13), du Var (83), du Vaucluse (84), des Alpes-de-Haute-Provence (04) et des Alpes-Maritimes (06). Cinq terres, et des gentilés qui claquent : les Provençaux et les Varois, entre autres, une fierté qui ne se partage qu’entre gens du cru. Et quelle diversité : la mer au sud, la montagne au nord et à l’est, et au milieu, la campagne, les oliviers et les villages de pierre. Ce guide te fait traverser presque tout ce pays à pied, du plus doux au plus exigeant.

📍 Sommaire

  1. Joucas et Murs : le belvédère des Monts de Vaucluse
  2. Les calanques de Cassis : trois perles entre falaises et mer
  3. La boucle Ouest de Porquerolles : le grand tour de l’île
  4. Le sentier Blanc-Martel : au fond du grand canyon du Verdon
  5. Les lacs de Vens : la montée aux lacs d’altitude

1. Joucas et Murs : le belvédère des Monts de Vaucluse

Joucas (Vaucluse) : Facile

Le village de Joucas et ses maisons de pierre ocre accrochées à la colline, dans les Monts de Vaucluse
Joucas, par Jean-Marc Rosier, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

La balade entre Joucas et Murs, c’est la Provence qu’on imagine avant même d’y mettre les pieds. On part du parking en bas du village de Joucas, à 233 mètres d’altitude, et on monte doucement vers les 520 mètres du point haut, par des chemins bordés de murets de pierre sèche et de champs d’oliviers. Les deux villages, Joucas et Murs, se font face sur leurs collines de pierre ocre, et par temps clair, le mont Ventoux dessine sa bosse au loin comme pour vous rappeler qui est le patron.

La boucle fait 11,31 kilomètres pour 294 mètres de dénivelé et quatre heures cinq de marche, difficulté facile, retour au point de départ. C’est la porte d’entrée idéale, celle qu’on fait en famille ou en fin de journée, quand la lumière rase fait flamber la pierre. (J’ai compté les murets de pierre sèche en montant, j’ai renoncé au bout du vingtième, c’est sans fin.) Et si vous ne devez en retenir qu’une chose : ici, on marche entre deux villages qui se toisent depuis des siècles, et on a l’impression de traverser une carte postale qui respire.

📋 En pratique

  • Départ : parking en bas du village de Joucas, altitude 233 m
  • Distance : 11,31 km en boucle
  • Dénivelé : +294 m
  • Durée : 4 h 05
  • Difficulté : Facile
  • Parking : en bas du village de Joucas
  • Point haut : 520 m
  • À savoir : chemins des Monts de Vaucluse, murets de pierre sèche, oliviers, vue sur le mont Ventoux par temps clair

2. Les calanques de Cassis : trois perles entre falaises et mer

Cassis (Bouches-du-Rhône) : Moyenne

La calanque d'En-Vau, ses falaises blanches et son eau turquoise, près de Cassis
La calanque d’En-Vau, par Tobi 87, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

En-Vau, c’est le genre d’endroit qu’on croit réservé aux cartes postales, et pourtant on y arrive à pied. Le départ se fait au parking de la calanque de Port-Miou, à 16 mètres d’altitude à peine, et le parcours enchaîne Port-Miou, Port-Pin, puis la plage d’En-Vau, avant de remonter par le col de l’Oule, à 174 mètres. Une partie du tracé emprunte le GR51, et c’est là que la roche blanche tombe dans une eau qu’on jurerait peinte.

La boucle affiche 13,28 kilomètres, 698 mètres de dénivelé et cinq heures quarante-cinq de marche, difficulté moyenne, retour au point de départ. On est dans le parc national des Calanques, créé en 2012, le premier parc national périurbain d’Europe, à la fois terrestre et marin. (Le retour par le col de l’Oule, je l’ai monté en me répétant que la calanque valait bien cette sueur. Elle la vaut, croyez-moi.) C’est la sortie moyenne par excellence : elle vous met du souffle dans les jambes sans vous mettre à genoux, et elle récompense chaque goutte de sueur par un bleu qui ne s’oublie pas.

📋 En pratique

  • Départ : parking de la calanque de Port-Miou, altitude 16 m
  • Distance : 13,28 km en boucle
  • Dénivelé : +698 m
  • Durée : 5 h 45
  • Difficulté : Moyenne
  • Balisage : tronçon sur le GR51
  • Parking : parking de la calanque de Port-Miou
  • Point haut : col de l’Oule, 174 m
  • À savoir : parc national des Calanques créé en 2012, premier parc national périurbain d’Europe, terrestre et marin

3. La boucle Ouest de Porquerolles : le grand tour de l’île

Hyères (Var) : Moyenne

La plage Notre-Dame de Porquerolles, son sable clair et ses pins, dans le Var
La plage Notre-Dame, à Porquerolles, par Jean-pierre Olivier, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Porquerolles, c’est une île de 12,54 kilomètres carrés, sept kilomètres et demi de long, qui culmine à 142 mètres au sémaphore. On y accède en bateau depuis la tour Fondue, à Giens, et on débarque à l’embarcadère de Porquerolles, à un mètre au-dessus de la mer. La boucle Ouest fait le grand tour de l’île : 17,05 kilomètres, 360 mètres de dénivelé et cinq heures cinquante-cinq de marche, difficulté moyenne, retour au point de départ.

Ce qui frappe, c’est le silence, puis le parfum des pins mêlé à celui du sel. L’île appartient à l’État depuis 1971 et elle est incluse dans le parc national de Port-Cros depuis 2012, ce qui explique qu’on y marche dans un décor préservé, presque intact. (Le bateau depuis la tour Fondue, j’ai failli le rater une fois. Arrivez en avance, c’est le seul conseil que je donne les yeux fermés.) On longe des criques, des plages de sable clair, des pointes rocheuses, et on comprend vite pourquoi les Varois la gardent comme un secret de famille.

📋 En pratique

  • Départ : embarcadère de Porquerolles, altitude 1 m (accès en bateau depuis la tour Fondue, à Giens)
  • Distance : 17,05 km en boucle
  • Dénivelé : +360 m
  • Durée : 5 h 55
  • Difficulté : Moyenne
  • Point haut : 142 m au sémaphore
  • À savoir : île de 12,54 km², 7,5 km de long, propriété de l’État depuis 1971, parc national de Port-Cros depuis 2012

4. Le sentier Blanc-Martel : au fond du grand canyon du Verdon

La Palud-sur-Verdon / Rougon (Alpes-de-Haute-Provence) : Difficile

Le sentier Blanc-Martel taillé dans la paroi des gorges du Verdon, au-dessus de la rivière
Le sentier Blanc-Martel dans les gorges du Verdon, par Pline, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le sentier Blanc-Martel, c’est la descente au fond du grand canyon du Verdon, un canyon de 25 kilomètres de long et jusqu’à 700 mètres de profondeur. C’est une traversée, pas une boucle : on va du chalet de la Maline au Point Sublime, ou l’inverse selon la navette, en suivant la rive droite du Verdon sur 13,83 kilomètres. Le sentier porte le nom de l’explorateur Édouard-Alfred Martel, et on comprend vite pourquoi il fallait un homme de cette trempe pour l’ouvrir : tunnels, escaliers et passages équipés s’enchaînent dans la roche.

Comptez environ 500 mètres de dénivelé cumulé, six à sept heures de marche, difficulté sérieuse, et surtout une navette obligatoire pour revenir au véhicule. (Les tunnels, je les ai traversés la lampe au front en sifflotant, plus par courage que par talent.) On l’évite par forte chaleur ou après de fortes pluies, et on respecte le site : c’est une marche d’aventure, pas une promenade. Mais au fond du canyon, quand la paroi se referme au-dessus de vous, on mesure ce que la Provence peut avoir de vertigineux.

📋 En pratique

  • Départ : chalet de la Maline (ou Point Sublime, selon la navette)
  • Distance : 13,83 km en traversée, sans retour au départ
  • Dénivelé : environ +500 m (ordre de grandeur)
  • Durée : 6 h à 7 h
  • Difficulté : Difficile
  • À savoir : navette obligatoire, tunnels, escaliers et passages équipés ; canyon de 25 km de long, jusqu’à 700 m de profondeur ; sentier nommé d’après Édouard-Alfred Martel ; à éviter par forte chaleur ou après de fortes pluies

5. Les lacs de Vens : la montée aux lacs d’altitude

Saint-Étienne-de-Tinée (Alpes-Maritimes) : Difficile

Les lacs de Vens, leurs eaux d'altitude et les crêtes du massif du Mercantour
Les lacs de Vens, par Patrick Prouzet, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Les lacs de Vens, c’est la récompense qu’on mérite au bout d’une longue montée. On part du parking du Pra, à Saint-Étienne-de-Tinée, point bas à 1 660 mètres, et on grimpe jusqu’à 2 590 mètres : 15,68 kilomètres, 1 061 mètres de dénivelé et sept heures trente de marche, difficulté difficile, retour au point de départ. Là-haut, les lacs s’étagent entre 2 286 et 2 327 mètres d’altitude, posés comme des miroirs dans le massif du Mercantour.

On est en plein parc national, alors on respecte la réglementation, on reste sur le tracé et on emporte ses déchets. Le terrain est d’altitude, le départ matinal s’impose, et l’air se raréfie, l’orgueil aussi. (À 2 590 mètres, mon souffle se fait rare, et ma fierté encore plus.) Mais quand on s’assied au bord d’un lac, que l’eau reflète les crêtes et que plus rien ne bouge, on se dit que les sept heures trente valaient chaque pas. C’est la plus dure du guide, et la plus belle à sa façon, loin de la mer et de la carte postale.

📋 En pratique

  • Départ : parking du Pra, Saint-Étienne-de-Tinée
  • Distance : 15,68 km en boucle
  • Dénivelé : +1 061 m
  • Durée : 7 h 30
  • Difficulté : Difficile
  • Parking : parking du Pra
  • Point bas / haut : 1 660 m à 2 590 m
  • À savoir : lacs entre 2 286 et 2 327 m, massif du Mercantour, parc national ; terrain d’altitude, départ matinal conseillé

Et celles que j’ai laissées de côté

Voilà ma sélection : Joucas et Murs pour la pierre sèche et le Ventoux, les calanques de Cassis pour le bleu et la roche blanche, Porquerolles pour le grand tour de l’île, le Blanc-Martel pour le vertige du canyon, et les lacs de Vens pour l’altitude. Une facile, deux moyennes, deux difficiles, et cinq départements traversés : il y en a pour toutes les jambes et tous les goûts. Mais choisir cinq, c’est forcément renoncer, et je pense à la Sainte-Victoire, au Mourre Nègre ou au tour de la presqu’île de Giens, trois beautés qui mériteraient chacune leur article.

Mon conseil, si tu n’as qu’une sortie à faire : les calanques de Cassis. La mer, la falaise et le retour par le col de l’Oule, ça en met plein les yeux sans être méchant, et ça te donnera envie du reste. Et toi, c’est quoi ton coin de Provence à pied ? Raconte-moi ça en commentaires, ça m’intéresse vraiment. (Et si tu me dis que tu as descendu le Blanc-Martel en sandales, je te croirai à moitié, mais je saluerai l’audace.)

En attendant de partir, un souvenir de Provence ?

Prends soin de toi et si tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens.
Vincent

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