10 trucs qui énervent toujours un Alsacien

Si t’es Alsacien, tu vas hocher la tête dix fois en lisant ça. Si tu l’es pas, note bien ces dix phrases, parce que c’est l’assurance de repartir avec un hopla dans les oreilles et un regard un peu appuyé. Ici, la fierté se porte serrée, et le cliché, on l’encaisse mal.

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1 – Vous êtes allemands, en fait

Le raccourci arrive toujours de la même façon : les maisons, les noms, l’accent, et la conclusion tombe, « vous êtes allemands, en fait ». Pourtant les dates, ici, tout le monde les a apprises à l’école : 1871 et le traité de Francfort, le retour à la France par le traité de Versailles en 1919, l’annexion de fait en 1940, la libération en 1944-1945. Ceux qui posent la question connaissent rarement ces dates. La réplique, elle, est souvent un grand sourire et un « on est Alsaciens, c’est déjà compliqué comme ça ».

2 – Ton patois, c’est de l’allemand

Entendre « ton patois, c’est de l’allemand », c’est le déclencheur garanti. L’alsacien, c’est un ensemble de dialectes haut-allemands dominé par l’alémanique, cousin du suisse allemand, pendant que l’allemand standard reste la langue du voisin, apprise à l’école comme une langue étrangère. Une étude publiée en 1996 le disait déjà : ces parlers vivent sans langue-toit, et leurs locuteurs ne se sentent plus proches de la variété allemande. L’alsacien est germanique, il vient de loin, et c’est toute la nuance que le mot « patois » écrase.

3 – Les cinq C

Choucroute, cathédrale, coiffe, cigogne, colombages : cinq mots, cinq C, et l’Alsace serait pliée. La formule circule partout, dans les brochures comme dans les dîners, et elle se retient parce qu’elle tient en une respiration. Le problème, c’est ce qu’elle laisse dehors : les vallées, les usines, les villes moyennes, les gens qui travaillent entre Mulhouse et Haguenau. La réplique locale, c’est un « et les gens, alors ? » qui tombe à plat pour qui n’a vu que la carte postale.

4 – L’Alsace, c’est la choucroute et le bretzel

On mange, et bien. La choucroute en fait partie, avec le bretzel, le munster, les bredeles de décembre, le riesling et le gewurztraminer. La choucroute reste la référence, et le problème arrive quand la liste s’arrête là : la table alsacienne devient une carte postale comestible. Personne ne demande à un Lyonnais de ne manger que de la quenelle.

5 – Vous devez adorer le marché de Noël

Le Christkindelsmärik se tient depuis 1570, du premier samedi de l’Avent au 24 décembre, et l’Alsace en est fière. Ce que le visiteur ne voit pas, c’est décembre à Strasbourg pour ceux qui y travaillent : les parkings pleins, le tram qu’on laisse passer deux fois, la demi-heure ajoutée au trajet du soir. Alors quand on te dit « vous devez adorer », la réplique fuse : « viens y circuler en décembre, on en reparle ».

6 – Mulhouse, c’est dangereux

Mulhouse traîne une réputation que la ville ne mérite pas, et les Alsaciens le savent. On y trouve le musée national de l’Automobile, collection Schlumpf, et la Cité du Train, le plus grand musée ferroviaire d’Europe. Ajoute une ville industrielle qui a traversé des décennies difficiles, et tu obtiens un raccourci tenace. La réplique mulhousienne, c’est un « viens voir » qui règle le débat en une visite.

7 – Colmar, on la traverse en une heure

Colmar se visite en une heure, dit la légende, le temps d’un tour dans ce qu’on appelle la petite Venise et d’une photo. Le musée Unterlinden mérite une matinée à lui seul, avec son cloître du XIIIe siècle et le retable d’Issenheim. Autour, les vignes commencent tout de suite. En une heure, on repart avec la carte postale, sans avoir vu Colmar.

8 – Vous dites hopla et jo à chaque phrase

Hopla, on le dit quand on renverse un verre, quand on part, quand on pousse un chariot. Jo, prononcé yo avec un o qui traîne, peut vouloir dire oui, exprimer la surprise, le doute ou l’exaspération, selon le ton. Et l’oyééé qu’on entend dans les cuisines dit à peu près la lassitude. Trois mots, donc, et derrière eux des dizaines d’autres que personne ne t’apprendra sur un magnet : le parler alsacien se pratique, il ne se récite pas.

9 – L’Alsace et la Moselle, c’est pareil

Moselle, c’est la Lorraine. Alsace, c’est l’Alsace. Les deux territoires partagent un droit local hérité de 1871, et c’est déjà beaucoup pour semer la confusion. La proximité s’arrête là, les dialectes diffèrent, les habitudes diffèrent, et la rivalité locale fait le reste, si bien que le raccourci « l’Est, c’est tout pareil » agace des deux côtés, ce qui est au moins un point commun.

10 – Vous avez changé quatre fois de nationalité

La plaisanterie sur les changements de nationalité tombe toujours mal, parce qu’ici personne n’a besoin qu’on lui rappelle les dates : 1871 et le traité de Francfort, 1918 puis 1919 et le traité de Versailles, 1940 et l’annexion de fait, jamais ratifiée par le droit international, 1944-1945 et la libération. Et au milieu, les Malgré-nous, ces Alsaciens et Mosellans incorporés de force dans la Wehrmacht, avec un mot pour les femmes, les malgré-elles. On peut en rire entre soi. Venue d’ailleurs, la blague sonne comme une leçon mal apprise.

Le onzième, c’est quoi chez toi ? Balance en commentaire.

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