Tu crois connaître la Bigorre ? Tu n’as jamais mis les pieds là.
Les Pyrénées, j’y monte dès que je peux, et quand on me parle de la Bigorre, je deviens bavard. Pour ce guide, j’ai fait comme toujours : j’ai recoupé les fiches Visorando, les sites des offices de tourisme, les infos du Parc national et Wikipédia, jusqu’à ne garder que du solide. Cinq sentiers seulement, sélectionnés pour leur variété : une facile pour se mettre en jambes, deux moyennes, et deux grosses journées pour les mollets bien trempés. Du cirque mythique de Gavarnie au col de Sencours, ce balcon que les Bigourdans préfèrent garder pour eux, voici mon top. Et je vous préviens tout de suite : après ça, vous ne verrez plus la montagne de la même façon.
Un mot sur la Bigorre
Un mot important : la Bigorre est le pays historique des Hautes-Pyrénées, et quand je dis Bigourdans et Bigourdanes, je sais de quoi je parle. Ici, chaque vallée a son monde : le Lavedan et Gavarnie, Azun, Aure, Barèges, Cauterets et le Tourmalet. Cinq mondes, une seule montagne, et un sacré caractère pour les faire tenir ensemble.
📍 Sommaire
1. Cirque de Gavarnie : la cathédrale de pierre
Gavarnie-Gèdre (Hautes-Pyrénées) : Facile

Le cirque de Gavarnie, c’est le genre d’endroit qui vous fait lever la tête et oublier de respirer. Une muraille de calcaire qui se referme sur vous sur six kilomètres de circonférence, et au fond, la grande cascade qui lâche ses 422 mètres comme un fil d’argent. L’UNESCO l’a classé en 1997, dans l’ensemble Pyrénées-Mont Perdu, et on comprend pourquoi dès le premier regard : c’est une cathédrale à ciel ouvert, et on y entre à pied, humblement.
La montée depuis le village est tranquille, sept kilomètres et des poussières sur un sentier principal qui fait le bonheur des familles. Ça grimpe doucement, et le fond du cirque vous attend à 1 570 mètres. (Je l’ai montée en traînant les pieds quand j’étais ado, et je me demande encore pourquoi on râlait autant pour si peu de dénivelé.) Un conseil : les chiens restent tenus en laisse du village jusqu’à l’Hôtellerie, et au-delà l’accès leur est fermé, en plein cœur du Parc.
📋 En pratique
- Départ : village de Gavarnie, sentier principal
- Distance : 7,9 km aller-retour
- Dénivelé : +226 m
- Durée : 2 h 30 à 3 h
- Difficulté : Facile
- Balisage : sentier principal, cœur du Parc national des Pyrénées
- Parking : public payant au village
- Altitude : fond du cirque à 1 570 m
2. Lac de Gaube : le miroir du Vignemale
Cauterets (Hautes-Pyrénées) : Moyen

Le lac de Gaube, c’est le miroir du Vignemale. Posé à 1 725 mètres au bout d’un sentier qu’on grimpe depuis le plateau des Pountas, il réfléchit la montagne comme une carte postale qui respire. L’eau y est d’un bleu vert qu’on croirait peint, et la roche sombre du Vignemale veille au-dessus, impassible.
Les remontées mécaniques sont fermées pour la saison depuis le 27 septembre 2026, alors on monte à pied, et honnêtement, c’est très bien comme ça. La boucle de cinq kilomètres et demi grimpe par le GR 10, et le point haut à 1 729 mètres se gagne sans trop de peine. (La première fois que j’y suis monté, j’ai compté les mètres de dénivelé comme on compte les moutons, ça m’a tenu compagnie.) Et un rappel qui compte : la baignade est interdite dans les lacs du cœur du Parc national depuis le 15 juin 2026, par arrêté préfectoral. On admire, on ne plonge pas.
📋 En pratique
- Départ : plateau des Pountas, 1 459 m
- Distance : 5,48 km en boucle
- Dénivelé : +271 m
- Durée : 2 h 20
- Difficulté : Moyen
- Balisage : GR 10
- Parking : des Pountas ; remontées mécaniques fermées depuis le 27 septembre 2026, on monte à pied
- Altitude : lac à 1 725 m, point haut 1 729 m
3. Cirque de Troumouse : le géant discret
Gèdre, commune de Gavarnie-Gèdre (Hautes-Pyrénées) : Moyen

Le cirque de Troumouse, c’est le grand frère discret de Gavarnie. Moins photographié, plus sauvage, et pourtant il s’ouvre vers 2 200 mètres dans une ampleur qui coupe le souffle. On part de la chapelle d’Héas, à 1 517 mètres, le parking y est gratuit, et le sentier balisé s’enfonce au cœur du Parc national jusqu’aux lacs des Aires, avant de pousser au point haut à 2 135 mètres.
Onze kilomètres et demi en boucle, un bon six cents mètres de dénivelé, le genre de journée qui se mérite sans vous achever. (Un détail qui m’amuse : la route à péage après la chapelle coûte cinq euros par voiture, ce qui en fait, je crois, le plus beau cinq euros de la Bigorre.) Vous verrez, on est souvent seuls là-haut, et c’est tout le charme de l’affaire.
📋 En pratique
- Départ : chapelle d’Héas, 1 517 m
- Distance : 11,47 km en boucle
- Dénivelé : +664 m
- Durée : 5 h 10
- Difficulté : Moyen
- Balisage : sentier balisé, cœur du Parc national
- Parking : gratuit à la chapelle d’Héas ; route à péage à partir de la chapelle : 5 € par voiture
- Point haut : 2 135 m ; le cirque s’ouvre vers 2 200 m ; lacs des Aires sur le parcours
4. Lacs d’Aubert et d’Aumar : le chapelet du Néouvielle
Saint-Lary-Soulan (Hautes-Pyrénées) : Difficile

Le Néouvielle, c’est une réserve naturelle nationale créée en 1935, avec ses 2 313 hectares qui s’étagent de 1 800 à 3 091 mètres. Ici, les lacs se suivent comme un chapelet : le lac d’Aubert à 2 148 mètres, le lac d’Aumar à 2 192, et le vallon d’Estibère qui les relie en silence. La lumière sur l’eau change à chaque pas, et on avance le nez en l’air.
Cette boucle-là, c’est la grosse journée : quinze kilomètres et demi, plus de mille mètres de dénivelé, sept heures de jambes. Le GR 10 vous tient la main sur une partie, mais entre le lac Supérieur et le lac de l’Oule, le balisage disparaît, alors une trace GPS s’impose, sans discussion. (Je l’ai appris de la façon qui pique : à rebrousser chemin au crépuscule, avec une lampe frontale qui rendait l’âme.) Le parking du lac d’Orédon est payant, et l’accès routier au-delà est réglementé en saison, donc partez tôt, très tôt.
📋 En pratique
- Départ : parking du lac d’Orédon, 1 859 m
- Distance : 15,43 km en boucle
- Dénivelé : +1 029 m
- Durée : 7 h 20
- Difficulté : Difficile
- Balisage : GR 10 partiel ; passage non balisé entre le lac Supérieur et le lac de l’Oule, trace GPS indispensable
- Parking : d’Orédon payant ; accès routier réglementé en saison au-delà d’Orédon, partir tôt
- Point haut : 2 382 m au col d’Aumar ; lac d’Aumar 2 192 m, lac d’Aubert 2 148 m
5. Col de Sencours : le balcon du Tourmalet
Sers, côté Barèges (Hautes-Pyrénées) : Difficile

Parlons du Pic du Midi. Il culmine à 2 876 mètres, on en rêve tous, mais la randonnée vers le sommet est fermée jusqu’à fin 2026, le temps de travaux. Alors on fait quoi ? On vise le col de Sencours, à 2 379 mètres, au quatrième kilomètre, et croyez-moi, c’est déjà un sacré balcon.
On part du parking du Tourmalet côté Barèges, vers 1 940 mètres, et on suit d’abord une piste avant de serpenter par le Chemin des Muletiers. L’itinéraire complet jusqu’au sommet affiche quinze kilomètres aller-retour, neuf cents mètres de dénivelé et sept heures de marche ; cette année, on s’arrête au col et on garde le sommet pour plus tard. (Et un petit faible pour les cols : j’avoue que je préfère mille fois un col bien placé à un sommet surpeuplé.) Le col de Sencours vous offre la vue, le silence, et la satisfaction de l’avoir mérité. Le Pic du Midi attendra, il ne bouge pas.
📋 En pratique
- Départ : parking du Tourmalet côté Barèges, vers 1 940 m
- Distance : 14,90 km aller-retour
- Dénivelé : +957 m
- Durée : 7 h
- Difficulté : Difficile
- Balisage : piste puis sentier ; col de Sencours à 2 379 m, au quatrième kilomètre
- Parking : parking du Tourmalet côté Barèges
- Point haut : col de Sencours à 2 379 m
- À savoir : randonnée du Pic du Midi fermée jusqu’à fin 2026 pour travaux ; on s’arrête au col de Sencours par le Chemin des Muletiers
Et celles que j’ai laissées de côté
Voilà ma sélection bigourdane : Gavarnie pour l’émerveillement, le lac de Gaube pour la douceur, Troumouse pour la solitude, le Néouvielle pour la haute montagne, et le col de Sencours pour la fierté. Une facile, deux moyennes, deux difficiles, il y en a pour toutes les jambes. Mais choisir cinq, c’est forcément renoncer : j’ai laissé de côté le pic d’Ardiden, le cirque d’Estaubé et le pic du Montaigu, trois beautés qui mériteraient chacune leur article.
Mon conseil, si vous n’avez qu’une sortie à faire : le lac de Gaube. Il se mérite sans être méchant, et il vous donnera envie du reste. Et vous, c’est quoi votre coin de Bigorre ? Racontez-moi ça en commentaires, ça m’intéresse vraiment. (Et si vous me dites que vous avez monté le Tourmalet en claquettes, je vous croirai à moitié, mais je saluerai l’audace.)
En attendant de chausser tes baskets, un souvenir de Bigorre ?
Prends soin de toi et si tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens.
Vincent

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