Tu sais que tu es Roumain quand… | 25 signes

J’ai passé des heures à fouiller les vieux blogs, les forums, les commentaires Facebook, les threads Reddit — et même un blog qui s’appelle King of Romania (oui, ça existe). Et je dois dire que la diaspora roumaine a un sens de l’autodérision qui force le respect. Entre les tapis sur les murs, la țuică qu’on te ressert avant que t’aies fini ton verre et les valises de 30 kilos à l’aéroport, y’a du matériel.

Tu peux aussi voir la collection complète Ici & Là Roumanie ici : T-shirts Roumanie et Roumains

Bouffe, déco, caractère, famille — un peu de tout.

Allez, on y va. Tu sais que tu es Roumain quand :

1 – Tu as des tapis qui couvrent chaque cm² de ta maison — murs compris.

Je parle pas d’un petit tapis d’entrée chez IKEA. Je parle de tapis partout. Sur le sol, évidemment. Mais aussi accrochés aux murs, comme des tableaux. Et franchement, ça isole du bruit et du froid, donc qui est le plus malin ? (Bon, OK, c’est un peu chargé visuellement, mais on assume.)

2 – Tu bavardes encore une heure devant la porte en partant de chez quelqu’un.

La visite est finie depuis 45 minutes. Tu as dit « bon, on y va » au moins quatre fois. Mais t’es toujours debout dans l’entrée, une main sur la poignée, à parler de la tante Maria qui va mieux. Et l’hôte reste debout avec toi, évidemment. Partir, c’est tout un rituel.

3 – Tu ne connais pas la moitié des invités à ton mariage — tes parents ont invité le reste.

Tu pensais faire un petit mariage tranquille ? Tes parents ont une autre conception de la chose. Entre les cousins éloignés que t’as jamais vus, les voisins du village d’enfance de ta mère et les collègues de ton père, tu te retrouves avec 600 personnes dont tu découvres l’existence le jour J. Et le pire, c’est que tout le monde trouve ça normal.

4 – Tu arrives avec 1 à 2 heures de retard à une soirée et ça te paraît normal.

La ponctualité, c’est pour les Allemands (désolé les copains germaniques, je vous adore). Toi, tu arrives quand t’es prêt. Et si la soirée est annoncée à 19h, tout le monde sait que ça commence à 20h30 minimum. Les hôtes eux-mêmes sont encore en train de finir la cuisine à l’heure dite.

5 – Tu as toujours les plus grandes valises de l’aéroport.

À chaque fois que tu prends l’avion, ta valise frôle la limite de poids autorisée. Dedans ? Des bocaux de zacuscă, des bouteilles de vin maison, du fromage, des saucisses — le tout soigneusement emballé dans trois couches de sacs plastique. Ta mère a insisté pour que tu prennes « juste un petit quelque chose ». Le petit quelque chose pèse 12 kilos.

6 – Tes parents t’appellent pour savoir si tu as bien mangé — même à minuit.

Peu importe ton âge. Peu importe l’heure. Peu importe que tu vives à l’autre bout du monde. La question rituelle tombe toujours : « Ai mâncat ? » Et si tu réponds que t’as mangé une salade, ta mère va te dire que c’est pas un vrai repas. Elle n’a pas tort, remarque.

7 – Tu sers la țuică la plus forte aux invités étrangers — et tu ressers immédiatement.

Quand un étranger vient chez toi, tu sors la bouteille de țuică artisanale — celle qui titre à 60 degrés minimum, faite par ton oncle dans son garage. L’invité tousse, les yeux lui piquent, il dit « c’est fort ». Toi, tu remplis déjà son verre. Refuser, c’est pas une option. D’ailleurs, il a même pas fini de dire « non merci » que c’est déjà trop tard.

8 – Tes parents ne jettent jamais rien — et si tu réussis à jeter quelque chose, ça réapparaît comme par magie.

J’ai jamais compris comment ça fonctionne, mais c’est un fait. Tu jettes un vieux grille-pain qui fonctionne plus depuis 1998. Trois jours plus tard, il est de retour sur le comptoir. Ta mère l’a récupéré dans la poubelle « au cas où ». Tout peut servir un jour, et ce jour viendra — même si personne ne sait quand.

9 – Il faut au moins 5 personnes pour t’accompagner au train, au bus ou à l’aéroport.

Tu vas juste prendre le train pour Bucarest, c’est pas la traversée de l’Atlantique. Mais ta mère, ton père, ta sœur, ton oncle et le voisin du troisième insistent pour t’accompagner sur le quai. Ils restent jusqu’à ce que le train disparaisse complètement de la vue. Et toi tu fais coucou par la fenêtre comme si tu partais à la guerre.

10 – Tu as un sac plastique qui contient d’autres sacs plastiques — et ta mère lave les gobelets jetables pour les réutiliser.

Le sac de sacs. L’institution. Chaque foyer roumain en a un, accroché derrière la porte de la cuisine ou dans le placard sous l’évier. Et à côté, tu trouveras des gobelets en plastique soigneusement lavés, des assiettes en carton réutilisées trois fois et des sacs à sandwich qui ont déjà vécu plusieurs vies. Le développement durable avant l’heure, en fait.

11 – Tu penses que tu vas tomber malade à cause des courants d’air — le « curent » est ton ennemi juré.

Le curent. Ce souffle d’air invisible qui, selon la sagesse roumaine, peut te tuer en moins de deux minutes. Fenêtre ouverte + porte ouverte = pneumonie garantie. Peu importe qu’il fasse 35 degrés dehors, tu ne laisseras jamais deux ouvertures en même temps. C’est un réflexe, une peur viscérale transmise de génération en génération.

12 – La soupe est toujours ton entrée — la ciorbă, c’est sacré.

Un repas sans soupe, c’est pas un repas. La ciorbă — qu’elle soit de légumes, de viande, de poisson, ou cette fameuse ciorbă de burtă dont on va parler plus tard — ouvre systématiquement le bal. Et c’est pas une petite soupe claire façon bouillon, hein. C’est une soupe qui tient au corps, avec de la crème aigre dedans, qui te cale déjà à moitié avant le plat principal.

13 – Tout ce que tu manges est parfumé à l’ail et aux oignons.

Si un plat ne contient pas d’ail, c’est qu’il y a eu une erreur en cuisine. L’ail, c’est la base. L’oignon aussi. Et ton père, lui, a déjà abattu un cochon dans la cour — tout le quartier le savait, d’ailleurs. La nourriture roumaine, c’est généreux, puissant, ça sent bon à trois rues et ça ne s’excuse pas.

14 – Ta mère te dit que tu es trop maigre — même avec 15 kg en trop.

Tu peux avoir un IMC qui frôle l’obésité, avoir mangé trois plats de sarmale et deux parts de cozonac. Ta mère va quand même te regarder avec inquiétude et te dire « tu as maigri, non ? Mange, mange ! » C’est une constante universelle. Aucun Roumain n’a jamais été assez gros aux yeux de sa mère. (Et c’est plutôt touchant, en vrai.)

15 – Tu mélanges le roumain et l’anglais dans la même phrase — le « Romgleza ».

« I was la mare și m-am întors super tired, dar a fost nice. » Si tu comprends cette phrase, tu sais de quoi je parle. Le Romgleza, ce mélange naturel de roumain et d’anglais que la diaspora pratique sans même s’en rendre compte. Parfois dans la même phrase, parfois dans le même mot. C’est pas un défaut, c’est une langue à part entière.

16 – Tu peux faire rentrer 10 personnes dans une Dacia.

La Dacia. Cette voiture mythique qui défie les lois de la physique. Cinq places officielles ? Allons, on peut facilement en mettre le double. Les enfants sur les genoux, le cousin dans le coffre (sièges rabattus, hein, on est pas des bêtes), et tout le monde chante du Manele en roulant vers la mer. La Dacia, c’est pas une voiture, c’est un TARDIS roumain.

17 – Ton enfant porte un bonnet et des pulls en septembre — même s’il fait 20°C.

Septembre arrive, et soudainement, les enfants sont emmitouflés comme si l’hiver sibérien avait débarqué. Il fait 20 degrés, grand soleil, mais ta mère a décrété qu’on était en automne. Alors le bonnet est de sortie. Et les pulls. Et l’écharpe, tant qu’à faire. Le curent de septembre est visiblement le plus dangereux de tous.

18 – Quand un invité dit « non merci », pour toi c’est un grand « oui ». Tu ressers.

La politesse roumaine veut qu’on refuse poliment la première fois. Et la deuxième. Et peut-être la troisième. Mais l’hôte, lui, il sait. Il sait que « non merci, vraiment, j’ai trop mangé » signifie en réalité « ressers-moi, je t’en supplie, mais je dois faire semblant de résister ». Alors tu ressers. Et tout le monde est content.

19 – Tu as déjà mangé de la ciorbă de burtă — et tu as survécu.

La ciorbă de burtă, c’est la soupe de tripes. Oui, tu as bien lu. Des tripes de bœuf, dans un bouillon à l’ail, avec de la crème aigre et du vinaigre. Si tu es Roumain, tu connais. Tu l’as peut-être même appréciée. Et si tu l’as fait goûter à un étranger, tu as vu son visage passer par toutes les couleurs avant qu’il admette — souvent à contrecœur — que c’est incroyablement bon.

20 – Tous tes enfants ont des surnoms qui n’ont rien à voir avec leurs vrais prénoms.

Ton prénom officiel, c’est Alexandru. Mais tout le monde t’appelle Sandu. Ou Puiu. Ou Buburuză. Ta sœur Cristina, c’est Cri-Cri. Ton frère Mihai, c’est Mișu. Et le petit dernier, Andrei, répond exclusivement au nom de « Printule ». Les diminutifs roumains sont un art, une science, et parfois un mystère complet pour les non-initiés.

21 – Ta mère t’a déjà poursuivi avec un rouleau à pâtisserie — et ton père t’a dit de te frapper toi-même.

La discipline à la roumaine, c’est quelque chose. Ta mère qui te court après dans la cuisine avec le sucitor (le rouleau à pâtisserie) parce que t’as fait une bêtise. Et ton père, depuis le canapé, qui lance un « bate-te singur » — frappe-toi toi-même, pour lui éviter la peine de se lever. C’est violent dit comme ça, mais c’est dit avec tellement d’amour que ça en devient presque poétique. (Presque.)

22 – Tes parents font leur propre vin et țuică — et crient au téléphone pour les appels internationaux.

Dans le garage ou la cave, y’a des barriques. Ton père fait son vin, et il est fier. La țuică aussi, évidemment — celle qui te brûle l’œsophage et te réchauffe l’âme. Et quand ils appellent la famille au pays, tes parents hurlent dans le téléphone comme si la connexion datait de 1950. Les télécommunications ont évolué, mais les habitudes, elles, sont restées intactes.

23 – Tu dis « La Mulți Ani » pour chaque fête — anniversaire, Noël, Pâques, mardi…

Anniversaire ? « La Mulți Ani ! » Noël ? « La Mulți Ani ! » Pâques ? Jour de l’An ? Fête du prénom ? Mariage ? Baptême ? Mardi ? « La Mulți Ani ! » C’est le couteau suisse des vœux roumains. Deux mots, et t’es couvert pour toutes les occasions de l’année. Efficace, économique, et ça fait toujours plaisir.

24 – Tu manges des graines de tournesol en public — sans aucune honte.

Les semințe. Le snack national. Tu te balades dans la rue, dans un parc, sur un banc, et tu craques des graines de tournesol entre les dents avec une dextérité que seuls les Roumains possèdent. La coque vole, les doigts sont salés, et tu t’en fiches complètement. C’est méditatif, presque. Et si quelqu’un te juge, c’est qu’il n’a jamais goûté.

25 – Tu as regardé Borat et tu as eu un malaise — parce que le « Kazakhstan » du film, c’était un village roumain.

Quand Borat est sorti, le monde a découvert le « Kazakhstan » de Sacha Baron Cohen. Mais toi, Roumain, tu as tout de suite reconnu Glod, un village en Roumanie. Les figurants ? Des Roumains payés une misère sans savoir dans quoi ils s’embarquaient. Et pendant des années, t’as dû expliquer à tes amis étrangers que non, ce n’était pas le Kazakhstan, et que oui, c’est gênant, mais que bon, on en rit maintenant. Enfin… on essaie.

Et toi, c’est quoi ton truc de Roumain que j’ai oublié ? Balance en commentaire — je sais qu’il y en a encore des dizaines.

Prends soin de toi et si tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens.
Vincent

Restez informé

Recevez un email à chaque nouvel article. Pas de spam, désinscription en un clic.

Partager cet article

WhatsApp Messenger Instagram Facebook Copier le lien Email Partager…

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *