Les 5 meilleurs restaurants de Roumanie – Guide 2026
5 tables en Roumanie que même les Roumains gardent pour eux
La Roumanie, je dois avouer que je ne l’avais pas sur mon radar gastronomique avant de tomber dessus par accident, en cherchant autre chose. Mon réflexe de romaniste m’a rappelé que le roumain est une langue latine, cousine de l’italien que je lis sans trop de peine, héritière directe du latin populaire des légions de Trajan installées en Dacie. Ce détail linguistique dit quelque chose sur la cuisine aussi : un pays carrefour, entre Orient et Occident, entre influences ottomanes, habsbourgeoises et slaves, qui a développé sa propre identité de table sans jamais tout à fait choisir son camp. Pour construire cette liste, j’ai épluché les classements Gault&Millau Romania, les répertoires 50 Best Discovery et World Culinary Awards, plus des heures à croiser les avis Google Maps et TripAdvisor sur des adresses très éloignées les unes des autres géographiquement. Cinq restaurants, des prix qui vont de l’accessible au gastronomique, de Bucarest à Sibiu en passant par Brasov. Tous vérifiés actifs en 2026.
📍 Sommaire
1. KAIAMO – L’expérience radicale
Bucarest (District 1) – Gault&Millau Romania 15 pts / 3 toques, 50 Best Discovery, La Liste « Outstanding Cuisine », JRE
KAIAMO n’est pas un restaurant facile à catégoriser, et c’est sans doute pour ça que ça m’a intéressé. Radu CM Ionescu-Feher a choisi de n’offrir qu’un seul mode d’entrée dans sa cuisine : le menu carte blanche, sans option à la carte, sans compromis. Vous choisissez le nombre de cours – 9, 11, 15 ou 20 – et vous vous laissez porter. C’est une posture rare qui demande une vraie confiance du côté du cuisinier, et le palmarès donne raison à la démarche. Gault&Millau Romania lui a attribué 3 toques et 15 points, 50 Best Discovery l’a repéré, La Liste parle d’ »Outstanding Cuisine ». (Ce qui m’a frappé en lisant les comptes-rendus de clients : personne ne sait vraiment à l’avance ce qu’il va manger, et apparemment tout le monde ressort en ayant mangé quelque chose d’inattendu.)
La cuisine d’Ionescu-Feher est roumaine dans ses racines et avant-gardiste dans ses techniques – ce mélange d’identité assumée et de recherche formelle qui distingue les tables qui durent de celles qui suivent les modes. KAIAMO existe depuis sept ans et entre dans une phase de transition de concept : c’est un restaurant en mouvement, pas une institution figée. Pour la scène gastronomique de Bucarest, c’est presque une garantie que l’expérience ne ressemblera pas à ce que vous attendez.
Les tarifs vont de 677 RON pour 9 cours à 977 RON pour 20 cours, soit environ 135 à 195 euros, pairings vin disponibles en supplément. Ce n’est pas donné pour Bucarest, mais c’est dans la fourchette normale d’une table gastronomique sérieuse ailleurs en Europe.
📋 En pratique
- Adresse : 30A Strada Ermil Pangrati, District 1, Bucarest 011884
- Chef : Radu CM Ionescu-Feher
- Menus : Carte Blanche uniquement – 9 cours (677 RON/~135 EUR), 11 cours (777 RON/~155 EUR), 15 cours (877 RON/~175 EUR), 20 cours (977 RON/~195 EUR) + pairings vin en supplément
- Horaires : Mardi-Samedi 18h00-23h00 (cuisine ferme à 22h00) – Dimanche et Lundi fermé
- Google Maps : 4.7/5
- Réservation : kaiamo.com – [email protected] – +40 722 202 204
2. NOUA Bucatarie Romaneasca – La Roumanie dans l’assiette
Bucarest (quartier Iancului) – Best Chef Awards 2025 « One Knife (Excellent) », Chef de l’Année Gault&Millau Romania 2018
NOUA signifie « nouvelle » en roumain, et le nom dit exactement le projet : une nouvelle cuisine roumaine, ancrée dans le terroir et les saisons, sans complexe vis-à-vis des grandes tables d’Europe occidentale. Alex Petricean est le premier chef roumain à avoir été reconnu par les Best Chef Awards internationaux, en 2025, avec la distinction « One Knife (Excellent) ». Pour un pays qui n’a pas encore de guide Michelin, c’est une validation qui compte. (J’aime beaucoup ce détail du nom qui n’essaie pas d’être élégant en français ou en anglais – « NOUA », c’est direct, c’est roumain, c’est assumé.)
La philosophie de Petricean repose sur un engagement fort aux produits locaux et aux saisons. Le menu dégustation en 17 plats ne ressemble pas à une démonstration technique fine pour elle-même, mais à une lecture de ce que la Roumanie a dans ses marchés, ses forêts, ses élevages à un moment précis de l’année. C’est ce type de cuisine qui vieillit bien – parce qu’elle ne peut pas être copiée ailleurs, les produits de base étant par définition inimitables hors contexte.
Le restaurant est installé dans le quartier Iancului, un peu à l’écart des zones touristiques habituelles de Bucarest. Ce n’est pas un détail anodin : Petricean aurait pu s’installer dans le centre historique, il a choisi un quartier de vie ordinaire. Ça dit quelque chose sur le positionnement.
📋 En pratique
- Adresse : 7 Strada Popa Nan, Bucarest (quartier Iancului)
- Chef : Alex Petricean
- Menus : menu dégustation 17 plats (tarifs non affichés publiquement – contacter le restaurant)
- Horaires : Mercredi-Samedi, réservations entre 18h00 et 21h00
- Google Maps : 4.7/5
- Réservation : nouarestaurant.ro – [email protected] – +40 21 794 3294
3. Caru’ cu Bere – La bière, la viande et les voûtes
Bucarest (Vieille Ville / Lipscani) – Fondé en 1879, Taste Atlas 7e restaurant le plus légendaire au monde

Il y a des restaurants qu’on visite comme on visite un monument, et Caru’ cu Bere est clairement de ceux-là – sauf que la nourriture est bonne, ce qui n’est pas toujours le cas dans ce genre d’endroit. Fondé en 1879, classé monument historique pour son architecture néo-gothique intérieure, jugé 7e restaurant le plus légendaire au monde par Taste Atlas : le palmarès est impressionnant pour une brasserie. Mais ce qui frappe quand vous entrez, c’est l’espace : les voûtes peintes, les vitraux, les colonnes sculptées, un décor que n’importe quelle capitale européenne envierait à Bucarest sans nécessairement l’admettre.
La carte est roumaine classique : ciorbă (soupe aigre), sarmale (feuilles de chou farcies), mici (petites saucisses grillées sans peau), bière pression. Des choses simples et solides qui expliquent que l’endroit serve encore 57 000 avis Google Maps avec une note de 4.45 sur 5. Ce n’est pas la cuisine la plus créative de la liste, mais c’est celle que vous pouvez recommander à n’importe qui, à n’importe quelle occasion. (La parenthèse honnête : pour un monument, les prix restent tout à fait raisonnables, autour de 36 à 40 euros par personne. Ce n’est pas toujours le cas dans les hauts lieux touristiques et je trouve ça à noter.)
Caru’ cu Bere est dans le quartier Lipscani, la vieille ville de Bucarest, à deux pas de la Curtea Veche et de l’église Stavropoleos. Si vous faites une journée de visite historique dans la capitale, vous y passerez forcément à portée.
📋 En pratique
- Adresse : 5 Strada Stavropoleos, Bucarest (Vieille Ville / Lipscani)
- Menus : cuisine roumaine traditionnelle – environ 180-200 lei/pers (~36-40 EUR)
- Horaires : Lundi-Dimanche 10h00-24h00
- Google Maps : 4.4/5 – 57 000+ avis
- Réservation : carucubere.ro – 0726 282 373 – [email protected]
4. Bistro de l’Arte – La Transylvanie à sa table
Brasov (centre historique) – 50 Best Discovery, Gault&Millau « Woman Chef of the Year » (Oana Coanta)

Brasov est une ancienne ville saxonne de Transylvanie, avec ses remparts médiévaux, ses toits de tuiles rouges, sa place centrale entourée de façades colorées : le genre d’endroit où vous ne vous attendez pas forcément à trouver une cuisine gastronomique saisonnière primée. Et pourtant. Oana Coanta a ouvert Bistro de l’Arte sur la Piata Enescu et en a fait l’une des tables les plus respectées de Roumanie hors Bucarest. Gault&Millau lui a décerné le titre de « Woman Chef of the Year », 50 Best Discovery l’a repéré. Elle travaille en Slow Food, avec des producteurs locaux de Transylvanie, dans une logique de circuits courts qui n’est pas qu’un argument marketing ici.
Ce qui me plaît dans Bistro de l’Arte, c’est la cohérence entre le cadre et la cuisine. Les produits viennent des montagnes et des fermes qui entourent Brasov – fromages de brebis des Carpates, légumes de montagne, viandes locales. La carte change avec les saisons, ce qui veut dire que vous n’avez aucune certitude sur ce que vous trouverez si vous revenez. C’est le genre de restaurant qu’on revient visiter justement pour ça. (Et les prix sont accessibles pour le niveau : autour de 15 dollars par personne, on est loin des menus dégustation à trois chiffres des deux premiers de la liste.)
Brasov se trouve à environ deux heures et demie de route au nord de Bucarest. Si vous visitez la Transylvanie – et vous devriez – la ville mérite une nuit ou deux. La citadelle de Bran est à trente kilomètres, le château de Peles à quarante.
📋 En pratique
- Adresse : Piata Enescu George 11 Bis, Brasov (centre historique)
- Chef / Propriétaire : Oana Coanta
- Menus : cuisine saisonnière Slow Food, tarifs accessibles (~15 USD/pers)
- Horaires : Lundi-Dimanche 12h00-23h00
- Google Maps : 4.6/5
- Réservation : bistrodelarte.ro – [email protected] – 0720 535 566
5. Crama Sibiul Vechi – La cave où le temps s’est arrêté
Sibiu (centre historique, Transylvanie) – Capitale Européenne de la Culture 2007, TripAdvisor #9/229 à Sibiu
Sibiu est peut-être la plus belle des cités saxonnes de Transylvanie. Elle a gardé ses remparts, ses tours médiévales, ses maisons aux « yeux » (ces lucarnes en forme de paupières qui regardent la rue d’en haut), son centre historique classé. Capitale Européenne de la Culture en 2007, elle attire depuis des visiteurs qui découvrent que la Roumanie n’est pas seulement Dracula et Ceaușescu. Crama Sibiul Vechi est dans ce centre historique depuis une centaine d’années, installée dans une cave voutée saxonne qui pourrait avoir servi de cave à vin, d’entrepôt ou de refuge selon les siècles. Elle a survécu à tout ça.
Le menu est roumain traditionnel, sans prétention gastronomique contemporaine – et c’est exactement ce qu’on vient chercher ici. Les sarmale, les mici, les ragoûts de viande mijotés, le vin de Transylvanie servi à la carafe. L’endroit tient le 9e rang sur 229 restaurants à Sibiu sur TripAdvisor, avec une note Google Maps de 4.6, ce qui dans un centre touristique bien fourni est honnêtement une bonne indication. (Ce que j’apprécie dans ce type d’adresse, c’est qu’il n’a pas besoin d’une distinction gastronomique internationale pour justifier son existence – il en a simplement une : être là depuis cent ans, servir la même chose, et remplir son espace.)
Sibiu est à environ deux heures trente de Brasov par la route des Carpates, un trajet qui traverse des paysages à tomber par terre. Si vous faites un circuit Transylvanie, les deux villes s’enchaînent parfaitement.
📋 En pratique
- Adresse : Sibiu (centre historique) – vérifier l’adresse exacte sur le site
- Menus : cuisine roumaine traditionnelle en cave saxonne (tarifs accessibles)
- Horaires : vérifier sur sibiulvechi.ro
- Google Maps : 4.6/5 – TripAdvisor #9/229 à Sibiu
- Réservation : sibiulvechi.ro – +40 269 210 461
Ce que cette liste ne dit pas
Ces cinq tables couvrent un spectre assez large : l’avant-garde bucarestoise chez KAIAMO, le terroir roumain contemporain chez NOUA, la brasserie-monument chez Caru’ cu Bere, le Slow Food transylvain chez Oana Coanta, la cave saxonne centenaire à Sibiu. Mais la Roumanie gastronomique est plus étendue que cette liste, et d’autres adresses mériteraient d’y figurer.
Il manque Hanu’ lui Manuc à Bucarest – un caravansérail de 1808 avec 4.7 sur Google Maps et 58 000 avis, l’une des adresses les plus emblématiques de la capitale pour manger roumain dans un cadre historique comparable à Caru’ cu Bere. Il manque Restaurant Privo à Targu Mures, fusion gastronomique dans une ville de Transylvanie que peu de voyageurs occidentaux pensent à inclure dans leur itinéraire. Il manque sans doute une demi-douzaine d’autres adresses que je ne connais pas, et c’est là que vous intervenez.
Si vous avez mangé en Roumanie – dans cette liste ou ailleurs – dites-le en commentaires. Les bonnes adresses voyagent toujours mieux de bouche à oreille que sur n’importe quelle liste officielle.
En attendant de réserver, un souvenir de Roumanie ?
Prends soin de toi et si tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens.
Vincent

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