J’ai fouillé les vieux blogs picards, les forums, les commentaires Facebook des années 2000… et j’ai compilé tout ce qui fait de toi un Picard. Pas les clichés pour touristes, les vrais trucs que toi seul reconnais. Vingt-trois points, et je parie que t’en coches au moins quinze.
Tu peux aussi voir la collection complète Ici & Là Picardie ici : https://ici-la.co/collections/picardie-picards
Bouffe, dialecte, météo, caractère — un peu de tout. Tu vas te retrouver dedans.
Allez, on y va. Tu sais que tu es Picard quand :
1 – Les non-Picards t’appellent « la betterave »
Et t’as arrêté de t’énerver là-dessus depuis longtemps. Comme les Ch’tis ont « biloute », les Picards ont « la betterave ». Différence : toi, t’assumes. Le surnom dit quelque chose de vrai sur le pays — carré, costaud, pas du genre à se plaindre.
2 – Entre Picards, on s’appelle « ch’kawik »
Avec les étrangers t’as le surnom. Avec les tiens, t’as le mot. « Ch’kawik » — « le camarade », le pote, le gars du coin. Une façon de se reconnaître sans expliquer. Les non-Picards passent à côté et c’est très bien comme ça.
3 – On te fait répéter trois fois la même phrase
Pas parce que tu parles mal. Parce que ton accent les fait douter d’eux-mêmes. Ils entendent quelque chose d’étrange et ils n’arrivent pas à mettre le doigt dessus. Toi tu répètes, tranquillement, avec la même intonation. Tu sais bien que c’est eux le problème, pas toi.
4 – T’as plus d’une paire de bottes en caoutchouc
Une pour les champs, une pour le jardin, une « propre » pour les marchés. C’est l’équipement de base. Tu comprends pas comment les gens font sans. C’est pas du luxe, c’est de la logique.
5 – Le dimanche tu manges du céleri-rémoulade et du lapin aux pruneaux
C’est le menu dominical sacré. Pas négociable. Ta mère le faisait, ta grand-mère le faisait, et toi tu le referas. Le céleri-rémoulade doit être fait maison, avec de la vraie mayonnaise — pas du commerce, jamais du commerce.
6 – « Le gâteau battu, ça sent le beurre rance ? — Meeeu nan ! C’est gras, c’est tout ! »
T’as déjà eu cette conversation au moins vingt fois. Quelqu’un mord dedans, fait une tête bizarre, et toi tu montes au créneau instinctivement. Le gâteau battu c’est la brioche picarde, c’est la fierté locale, et les gens qui ne comprennent pas ne méritent pas d’explication — juste une deuxième part pour leur montrer comment ça marche.
7 – T’es convaincu que Lafleur va revenir sauver l’humanité
Lafleur — la marionnette légendaire des Cabotans d’Amiens, né dans les estaminets du XIXe siècle, devise « bien manger, bien boire, ne rien faire ». Un philosophe populaire, un symbole de résistance douce au sérieux excessif. T’as grandi avec lui quelque part dans la tête, et son pragmatisme de bon vivant ne t’a jamais vraiment quitté.
8 – T’es convaincu que Mariel Demaye est le plus grand poète qu’on a jamais produit
Et tu t’étonnes que les gens ne le connaissent pas. Mariel Demaye, poète picard du XXe siècle, a mis en vers tout ce que le pays porte de sensibilité discrète. C’est pas de la culture de façade, c’est dans tes os.
9 – T’as des roses trémières devant chez toi
Ces grandes fleurs le long des façades en brique, c’est l’esthétique picarde de base. Pas pour faire beau pour les autres — pour toi, parce que c’est comme ça depuis toujours. La maison sans roses trémières c’est une maison qui manque de quelque chose.
10 – Tu jures en picard devant l’ordinateur
« Vingt nom ! quouo qu’ ch’est coére qu’édeu ! » — quand la technologie te résiste, le picard sort tout seul. T’essaies pas de le contrôler. C’est la langue qui revient dans les moments de stress pur, comme si le cerveau cherchait les mots les plus vrais qu’il connaît.
11 – Tu trouves normal qu’on construise autoroutes, éoliennes, décharges et aérodromes chez toi
La Picardie c’est la terre d’accueil des infrastructures que personne ne veut dans sa cour. Entre Paris et le Nord, entre la mer et la capitale, le pays absorbe. T’as appris à vivre avec, même si t’aurais bien voulu qu’on te demande l’avis une fois ou deux.
12 – Ta maison brûle régulièrement mais la serrure reste intacte
Humour noir picard, celui qui fait rire jaune. On ne s’apitoie pas, on constate et on continue. C’est une façon d’encaisser les coups du sort sans se laisser abattre — une philosophie qui tient en une phrase absurde.
13 – On pense que tu es Québécois
L’accent picard et l’accent québécois se ressemblent plus qu’on ne le pense — et c’est pas un hasard. Une grande partie des colons du XVIIe siècle venaient de Picardie et de Normandie. Quand tu te fais confondre avec un Québécois à Paris, c’est de l’histoire vivante. Toi t’en fais une fierté secrète.
14 – Tu dis « nââân jé pô d’accin mi »
Le Picard qui nie avoir un accent. Classique. Et plus tu le dis, plus l’accent sort. T’es pas dans le déni — t’es juste sincère. Pour toi c’est du français normal. C’est les autres qui ont un accent.
15 – Tu passes ta vie à expliquer où se trouve la Picardie
Surtout depuis la fusion administrative avec les Hauts-de-France. Les gens disent « Hauts-de-France » toi tu continues de dire « Picardie ». C’est plus pratique d’ailleurs — au moins tout le monde cherchait vaguement, maintenant même eux ne savent plus exactement ce que tu veux dire.
16 – Tu connais pas les trois départements picards mais tu sais faire bouger tes oreilles
Oise, Somme, Aisne — c’est vrai que c’est pas le truc qu’on retient en premier. En revanche les oreilles bougent toutes seules depuis l’enfance. Les priorités sont claires.
17 – Quand on te dit « l’accent picard, je le trouve pas moche »
Le compliment douteux. Ou « il ne pleut pas tout le temps ici, finalement ». Tu souris poliment. T’as appris que certaines gens pensent sincèrement te faire plaisir avec ça. T’as arrêté d’expliquer pourquoi c’est compliqué à entendre — ça prendrait trop de temps.
18 – T’es super exigeant avec tes amis mais tu te laisses marcher sur les pieds par des inconnus
Caractère picard dans toute sa complexité. Avec ceux que tu aimes, t’exiges le meilleur parce que tu respectes la relation. Avec les autres, tu baisses la garde par pudeur, par retenue, par cette vieille habitude de pas faire d’histoires. Pas toujours une bonne stratégie, mais c’est toi.
19 – Le maire de ta commune est soit agriculteur, soit médecin
C’est la politique locale picarde dans toute sa cohérence. Les gens de confiance, ceux qui font quelque chose de concret, ceux qui connaissent le terrain au sens propre. Pas de grandes théories, des gens qui ont les mains dans la terre ou dans le vivant.
20 – Tu trouves normal que les Parisiens viennent étaler leur argent dans ton pays
Les résidences secondaires, les prix qui grimpent dans les villages, les maisons achetées pour les week-ends… T’as une opinion là-dessus, bien sûr. Mais tu la gardes pour toi et pour les tiens. Les étrangers passeront, le pays restera.
21 – T’es tellement têtu que même toi tu t’écoutes pas
Le trait de caractère numéro un. Reconnu par tous les Picards, revendiqué par personne. Tu sais pertinemment que tu as tort parfois mais tu continues quand même parce que changer de position en plein milieu ça ne se fait pas. C’est une question de cohérence. Ou d’entêtement. Les deux.
22 – T’aimes les ciels gris, l’herbe grasse et la boue
La poésie picarde c’est ça — pas le soleil méditerranéen, pas les cartes postales de provence. C’est un ciel bas sur des champs à perte de vue, une lumière particulière entre deux averses, l’odeur de la terre mouillée après la pluie. Les gens qui viennent du sud trouvent ça déprimant. Toi tu trouves ça beau. Et t’as raison.
23 – Tu te redresses comme un coq quand on crache sur ton pays
Toi seul as le droit de critiquer la Picardie. C’est ta région, tes gens, ton pays. Tu peux dire que les routes sont mauvaises, que l’hiver est long, que l’exode rural continue. Mais dès qu’un étranger commence — là t’es debout. Instinctivement. Sans réfléchir. Et c’est exactement comme ça que ça devrait être.
Et toi, c’est quoi ton truc de Picard ? Dis-le en commentaires, on allongera la liste.

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