J’ai passé quelques heures à fouiller les vieux forums, les blogs canalblog d’il y a quinze ans, les commentaires Facebook et les fils de discussion d’Ariégeois en diaspora. Moi qui viens du Sud et qui ai traversé le 09 plus d’une fois en allant vers les Pyrénées ou l’Espagne, je savais déjà que l’Ariège c’est un pays à part entière -farouche, montagnard, un poil bougon, beaucoup attachant. Mais la liste de ce qui te rend officiellement Ariégeois, elle m’a quand même épaté.
Tu peux aussi jeter un oeil à la collection complète Ici & Là ici : la collection Ariège
Andorre, doryphores, le Passss avec trois « s »… un peu de tout -géographie, langue, caractère, rivalités. J’ai gardé 25 points, les plus solides, ceux qui reviennent dans toutes les sources.
Allez, on y va. Tu sais que tu es Ariégeois quand :
1 – Tu trouves les Andorrans difficiles, mais tu ne rates jamais le plein de gasoil
Les Andorrans sont impossibles, tout le monde est d’accord. Ça n’empêche pas le coffre de rentrer plein de clopes, de pinard et de carburant à moitié prix. (C’est ce qu’on appelle une relation pragmatique.)
2 – Si tu prends le Puymorens, c’est l’été et tu vas te bourrer la gueule en Espagne
Le Puymorens l’hiver ? Connais pas. Le Puymorens pour aller travailler ? Encore moins. Le Puymorens pour foncer vers la Catalogne avec les potes fin juillet, ça c’est une tradition.
3 – Tu te retrouves à Rosas en août et tu croises la moitié du département
Parce qu’en Ariège, « partir en vacances » veut dire descendre vers la mer espagnole. Et là-bas, sur la plage, t’as le voisin de Tarascon, les cousins de Foix et le boucher de Pamiers. L’Ariège en version balnéaire.
4 – Les seules fois où l’Ariège passe au 20h, c’est pour parler des ours
Pas pour le patrimoine, pas pour l’économie, pas pour les Pyrénées. Pour les ours. Toujours les ours. Et toi tu regardes l’écran en soupirant parce que t’en as encore jamais vu un.
5 – Tu traites les Toulousains de « doryphores » et tu trouves que c’est le terme exact
Le doryphore, c’est ce coléoptère qui envahit les cultures de pommes de terre sans y avoir été invité. Tu vois le rapport avec les vacanciers du 31 qui débarquent le week-end ? Bien sûr que tu le vois. (Et tu leur expliques volontiers si besoin.)
6 – Tu insultes les voitures 31 dans les virages de Bonascre
Ils freinent trop tard, ils serrent trop le milieu, ils regardent le paysage au lieu de la route. Toi tu connais chaque lacet. La cohabitation est difficile.
7 – Le nord commence à Saverdun
Saverdun, c’est déjà la plaine, déjà le pays plat, déjà l’autre monde. Au-delà, t’es plus vraiment en Ariège. T’es dans le couloir qui mène à Toulouse, et ça c’est une autre histoire.
8 – Tu sais que l’Ariège ça monte et ça descend, mais c’est jamais plat
Quelqu’un t’a un jour demandé « c’est comment le paysage chez toi ? » et t’as répondu « ça monte et ça descend ». C’est la définition la plus honnête qui existe.
9 – Tu klaxonnes au panneau « Pyrénées Ariégeoises » sans vraiment savoir pourquoi
C’est le réflexe. Tu vois le panneau, tu klaxonnes. Un peu comme quand tu traverses un tunnel et que les enfants font aaaah. Sauf que toi t’as plus l’âge, mais tu le fais quand même.
10 – Tu trouves normal de dire « moinssss », « espanté » ou « ça pègue »
« Moinssss » pour « au moins », « espanté » pour « stupéfait », « ça pègue » pour… bon, ça colle, ça adhère, ça s’incruste. Tu les uses naturellement et tu ne comprends pas pourquoi les autres te regardent avec cet air-là. C’est eux le problème, pas toi.
11 – Tu es le seul à monter au « Passss » -les Toulousains vont au « Pa »
Le Pas de la Casa, en Andorre. Un « s » pour les gens du nord. Trois « s » minimum pour les Ariégeois. C’est pas une faute, c’est un marqueur identitaire. Le Passss, avec tout ce que ça traîne derrière.
12 – Si tu viens de Foix, on t’a forcément chanté « il était une fois dans la ville de Foix… »
Comptine, blague, rituel de bienvenue. Tu l’as entendu la première fois à sept ans et tu l’entendras encore à soixante-cinq. C’est comme ça. « …une marchande de fois vendait du foie. Elle se dit ma foi, c’est la dernière fois que je vends du foie dans la ville de Foix. » T’as pas besoin qu’on finisse, tu la connais.
13 – Quand tu demandes une chocolatine à Paris, on te regarde comme une bête curieuse
Et le pire c’est que t’as beau savoir que ça s’appelle « pain au chocolat » à Paris, le mot chocolatine sort tout seul. C’est plus fort que toi. Et puis franchement, c’est eux qui ont tort.
14 – On t’a déjà sorti « un Ariégeois c’est un Belge qui n’a pas trouvé l’Espagne »
La blague classique sur le département perdu entre deux frontières. Tu la trouves un peu nulle. Et pourtant elle colle un peu, ce qui t’énerve davantage.
15 – On t’a dit « je connais l’Ardèche, mais l’Ariège… »
Et tu as ravalé ta réponse. Parce que la réponse aurait été longue. Et parce que l’Ariège n’a pas besoin d’être connue pour être ce qu’elle est. (Mais ça t’agace quand même, un peu, juste un peu.)
16 – Tu cherches encore un Quick en Ariège
Ça fait des années. T’en as plus trouvé. T’en trouveras pas. Mais à chaque fois que tu rentres, tu cherches des yeux. C’est devenu un rituel, une quête, un running joke avec toi-même.
17 – Le Tunnel de Foix est fermé ? Tu ne t’en étonnes plus
Fermé pour travaux, fermé pour accident, fermé parce que c’est le Tunnel de Foix et qu’il fait ce qu’il veut. T’as arrêté de t’énerver. Tu prends le détour. C’est la vie.
18 – Tu n’as jamais visité le château de Foix même si tu habites à dix minutes
Il est là depuis le Moyen Âge, il domine la ville, des touristes font des kilomètres pour le voir. Toi tu passes dessous depuis l’enfance sans jamais payer l’entrée. Un jour peut-être. Sûrement pas cette année.
19 – Tu rigoles quand les touristes trempent les pieds dans les bains d’Ax-les-Thermes
L’eau sulfureuse qui pue dans le bassin public de la place du Breilh. Les touristes s’extasient. Toi tu connais l’odeur depuis la maternelle. Tu souris. Tu ne dis rien. Tu les laisses découvrir.
20 – Tu sais que les flocons d’Ariège ne tombent pas en hiver
Ils tombent quand ils veulent. En octobre parfois, en avril sûrement, en janvier souvent pas. Le climat ariégeois a ses propres règles et il ne te les explique pas. Tu apprends à vivre avec.
21 – Quand tu vois un 09 loin de chez toi, tu le fais remarquer à tout le monde
Sur l’autoroute à Lyon, dans un parking à Bordeaux, dans une rue de Paris. Toi tu le repères, tu pointes du doigt, tu dis « 09 ! » et les autres passagers s’en foutent complètement. Peu importe. C’est le moment.
22 – Tu es fier d’être le seul département dont la préfecture n’est pas la plus grande ville
Foix est préfecture. Pamiers est plus grande. Ce petit fait statistique, tu l’utilises comme argument de conversation depuis au moins vingt ans. Et honnêtement, c’est un bon argument.
23 – Tu dis que l’Ariège s’est pourrie mais tu es bien content d’y revenir
C’est la contradiction ariégeoise fondamentale. Tu pars, tu te plains, tu dis que ça bougeait mieux avant, que c’est devenu touristique ou au contraire que ça ne bouge pas assez. Et puis tu rentres, tu vois les montagnes, et tu te demandes pourquoi t’es parti.
24 – Tu veux l’indépendance de l’Ariège et tu attends que quelqu’un organise le référendum
Ce n’est pas vraiment sérieux. Ou alors si, un peu. En tout cas tu aimes l’idée. L’Ariège nation. Ça a une gueule, « putiaing cong ».
25 – Tu sais qu’il n’y a pas plus fier qu’un Ariégeois
Et t’as tout à fait raison là-dessus. La preuve : t’as lu cet article jusqu’au bout en souriant à chaque point. Arièjo ô moun Païs.
Et toi, c’est quoi ton truc d’Ariégeois que j’ai oublié ? Balance en commentaire.
Prends soin de toi et si tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens.
Vincent

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