Tu sais que tu es Vendéen quand… | 23 signes qui ne trompent pas

J’ai fouillé les forums, les blogs, les commentaires de la diaspora vendéenne, les vieux fils de discussion où les Vendéens se reconnaissent entre eux. Bouffe, dialecte, caractère, météo — un peu de tout. Et c’est pas les Charentais qui vont me contredire (eux, ils peuvent pas comprendre la troussepinette, pardi).

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Allez, on y va. Tu sais que tu es Vendéen quand :

1 — Tu sais qu’une vraie brioche vendéenne, ça se reconnaît au premier regard

Et tu refuses catégoriquement d’appeler « brioche » ce truc mou et sans âme qu’on trouve au supermarché. La vraie, elle est tressée main, dorée juste comme il faut, avec une mie filante qui sent le beurre AOP et la fleur d’oranger. Tu as grandi avec, le dimanche matin, et t’as même appris à la faire avec ta grand-mère — oui, celle qui disait que sans beurre, c’est pas une brioche vendéenne, c’est un gâteau de Parisien. (Je dis ça, je dis rien.)

2 — Le préfou, c’est ton apéro de compétition

Pain à l’ail et au beurre gratiné au four. Simple. Génial. Tu l’as tellement mangé que t’as dû apprendre à le faire toi-même parce qu’à Montréal ou à Paris, les gens te regardent avec des yeux de merlan frit quand tu leur expliques. « Du pain à l’ail ? Comme au resto italien ? » NON. Pas du pain à l’ail de chaîne. Le PRÉFOU. Avec une bonne bouteille de fiefs vendéens et t’es le roi du monde.

3 — Le jambon de Vendée et les mogettes, c’est le plat national point barre

Tu sais que le jambon de Vendée c’est pas du jambon comme les autres : salé au sel de Noirmoutier, séché lentement, et servi avec des mogettes (ces petits haricots blancs qui n’ont l’air de rien mais qui font tout). Et la grillée de mogettes — pain, beurre, mogettes, sel, poivre — c’est le repas du pauvre devenu plat culte. Si tu comprends pas la beauté d’une grillée de mogettes un soir d’hiver avec une bûche dans la cheminée, t’es pas vraiment d’ici.

4 — La troussepinette est SUPÉRIEURE au pineau des Charentes (et tu le sais)

Alors là, on touche à du lourd. Ce vin de prunelle sauvage, sucré, servi glacé en digestif, c’est la fierté du bocage. Et t’as déjà passé des repas entiers à défendre son honneur face à des Charentais qui te jurent que le pineau c’est mieux. Ils mentent. Ou ils y connaissent rien. (Ou les deux.)

5 — Fleury Michon, Sodebo, La Fournée Dorée… c’est chez toi

Quand tu vois un paquet de jambon Fleury Michon dans un Franprix parisien, t’as une bouffée de fierté bizarre. Tout ça, c’est vendéen. L’agroalimentaire, c’est pas glamour, mais ici, c’est une industrie qui pèse des milliards et qui fait vivre le département. Et tu te rappelles que Sodebo, au début, c’était juste des pizzas et des sandwichs triangle à la cafète du lycée. Bédame.

6 — Tu fréquentais La Mie Câline bien avant que ça devienne une chaîne nationale

Les mogettes au chocolat. Les petits pains au lait tièdes. La boulangerie où tu passais après le collège et qui est devenue, sans que tu comprennes comment, une franchise avec +200 magasins partout en France. T’as connu l’époque où c’était juste la petite boulangerie du coin, celle qui faisait les meilleurs croissants aux amandes de ta vie. Maintenant, t’en trouves une à Nantes et ça te fait bizarre — mais t’y vas quand même.

7 — Tu « embauches » le matin et tu « débauches » le soir

Ça n’a rien à voir avec les syndicats, hein. Ailleurs en France, quelqu’un qui dit « j’embauche à 7h et je débauche à 17h » se ferait peut-être regarder de travers. Chez nous, c’est juste la façon normale de parler. Embaucher, c’est commencer sa journée de travail. Débaucher, c’est la finir. Point. Et tu réalises même plus que personne en dehors du 85 ne comprend cette phrase.

8 — Tu sais ce qu’est un zirou et un ramasse-bourrier

Le zirou, c’est l’oseille, cette plante sauvage que tu cueillais enfant dans les prairies du bocage. Le ramasse-bourrier, c’est une pelle à poussière — et si t’as jamais entendu quelqu’un te dire « passe-moi le ramasse-bourrier », c’est que t’as jamais nettoyé chez une vraie mamie vendéenne. Ces mots-là, ils vont disparaître avec nos anciens. Ça me rend un peu triste, d’ailleurs.

9 — Tu mets tes courses dans des « poches », pas dans des sacs

« Donnez-moi une poche s’il vous plaît. » Hors de Vendée, on va te tendre un sac à dos ou une poche de pantalon avec un air d’incompréhension. Chez toi, une poche c’est un sac plastique depuis toujours. Et c’est d’ailleurs un truc que j’ai remarqué chez plein de vieux francophones — ma grand-mère en Provence disait la même chose. C’est pas que vendéen, mais c’est TELLEMENT ancré chez vous que personne ne dit autrement.

10 — Quand tu parles vite, « rien » devient « RIN »

« Y’a RIN à faire ce soir. » « J’ai RIN compris. » Tu le fais naturellement, sans même t’en apercevoir. Mais laisse un Parisien t’entendre dire ça et il va te demander de répéter en articulant. Le « R » vendéen qui avale le « ien », c’est comme ça. On y peut RIN.

11 — « Barrer la porte », ça veut dire la fermer à clé

Rien à voir avec un barrage policier ou une manifestation. Juste tourner la clé dans la serrure. « T’as barré la porte de la cave ? » C’est pas du français standard, mais c’est du français vendéen. Et au passage, si tu sais pourquoi on barrait les portes de cave pour protéger les bouteilles pendant les repas interminables, c’est que tu lis la suite.

12 — « Bédame » sort de ta bouche sans que tu calcules

Ça veut dire « évidemment », « bien sûr », « évidemment que oui ». C’est le mot le plus vendéen qui existe — et le plus intraduisible aussi. « Bédame, tu viens à la cousinade ? » « Bédame oui. » Dixit : tu ne peux pas expliquer bédame. Tu le dis. C’est tout.

13 — Les « droles » jouent sur la « rée » et tout le monde est « benaise »

Les enfants, c’est les droles. La plage, c’est la rée. La mer, c’est la grand’rée. Et être benaise, c’est être heureux, bien installé, le ventre plein après un bon repas de famille. Si tu arrives à placer ces trois mots dans une même phrase devant un étranger au département, tu vas le perdre complètement — et c’est très amusant à regarder.

14 — Tu en as ras-le-bol qu’on te confonde avec les Chouans

Vendéen ≠ Chouan. Les Chouans, c’est au nord de la Loire — Mayenne, Bretagne, Normandie. Les insurgés vendéens de 1793, c’était pas des Chouans. C’étaient les armées catholiques et royales de Vendée. Mais à force d’entendre « les Chouans de Vendée » dans les documentaires, t’as arrêté de corriger les gens. Sauf en famille. Là, tu corriges.

15 — Pour toi, Charette c’est un général, pas un chariot à deux roues

François-Athanase Charette de La Contrie. Héros des guerres de Vendée. Gravée dans ta mémoire depuis l’école. Alors quand quelqu’un en dehors du département pense que tu parles d’un diable de déménagement, tu lèves les yeux au ciel. 200 ans de différence, quand même.

16 — Tu connais forcément un Martineau, un Moreau ou un Bernard

Et aussi un Chauvet, un Ouvrard, un Bousseau, un Guérin… Ces noms de famille sont tellement courants en Vendée que tu as l’impression que tout le monde est cousin, et c’est d’ailleurs peut-être vrai. (Allez, vérifie ton arbre généalogique sur trois générations, je suis sûr que tu trouves un lien.)

17 — L’école publique, tu connais le concept, mais…

85 % des écoles en Vendée sont privées catholiques. C’est une anomalie statistique en France, et c’est un héritage direct des Guerres de Vendée. Toi, t’as probablement été élevé au collège Richelieu, aux Sables, ou à Sainte-Marie. Et la rivalité public/privé dans le département, c’est pas une blague — c’est une réalité quotidienne. Les matchs de foot inter-écoles, c’était plus tendu que le Classique.

18 — Tu dis le nom de TA commune comme si tout le monde la connaissait

« J’habite à La Bruffière. » Point. Pas « au nord du département », pas « à 30 minutes de Nantes ». T’attends que la personne HOCHE LA TÊTE. Et si elle connaît pas, t’es sincèrement surpris. 300 habitants, un clocher, trois rues et un château d’eau, mais pour toi c’est le centre du monde.

19 — T’as connu le Puy du Fou AVANT le reste du monde

À l’époque du bouffon et du canonnier, quand c’était encore un petit spectacle de son et lumière dans un château délabré, avec 50 bénévoles. Maintenant, c’est le deuxième parc le plus visité de France. T’as vu des mousquetaires traverser le ciel en jetpack et des vikings sortir du lac. T’en es fier, un peu jaloux aussi — parce qu’avant, c’était « ton » truc, et maintenant y’a la queue jusqu’à Cholet.

20 — Dans les repas de famille, les hommes disparaissent à la cave

Le scénario est immuable : les femmes préparent le repas d’un côté, les hommes débarrassent (ou font semblant) de l’autre. Et entre le fromage et le dessert, POUF, ils sont partis visiter la cave à vin. La vraie, celle avec les bouteilles de fiefs vendéens, la goutte, et des histoires qui ne sortent jamais de l’escalier. (Et toi, tu y es descendu pour la première fois vers 12 ans, avec ton oncle, comme un rite de passage.)

21 — On t’a déjà dit « café goutte sans doute » ou « tu vas pas partir sur deux pattes »

Le café goutte, c’est le petit noir avec une goutte de gnôle ou de troussepinette dedans. « Sans doute » = évidemment que tu vas en prendre un. Et « partir sur deux pattes », c’est ce qu’on te dit quand t’as à peine vidé ton verre et qu’il te reste au moins trois gouttes d’eau-de-vie à finir. C’est pas une invitation. C’est une sommation déguisée en politesse.

22 — La concentration de magasins U est DÉMENTIELLE chez toi

Super U, Hyper U, U Express… Y’a un U tous les 15 kilomètres. C’est une anomalie cartographique. La Vendée est le berceau historique de Système U, et ça se voit. T’as grandi avec les catalogues U dans la boîte aux lettres, et aujourd’hui encore, hors de Vendée, t’es dépaysé de pas voir un U au coin de la rue. C’est le rayon frais de ton identité.

23 — La Vendée est le plus bel endroit du monde (et c’est pas négociable)

140 km de plages, des dunes sauvages à perte de vue, le bocage qu’on surnomme « la Comté vendéenne », le Marais poitevin qui mérite VRAIMENT son surnom de Venise Verte, Noirmoutier, l’Île d’Yeu, le Gois… tu pourrais énumérer pendant des heures. T’as voyagé, t’as vu du pays, mais quand tu reviens et que tu prends la D948 qui traverse le bocage au coucher du soleil, y’a RIN qui bat ça. Bédame.

Allez, dis-moi en commentaire : c’est quoi ton signe de Vendéen que j’ai oublié ? Celui qui te fait dire « ah ça, c’est tellement nous » et que personne en dehors du 85 peut comprendre. Balance, je suis curieux.

Prends soin de toi et si tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens.
Vincent

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