Les premiers Bourguignons ressemblaient à ça (la science va te surprendre)

Je ne sais pas pour vous, mais moi, les racines, ça me travaille. (Je suis ce gars qui passe des heures à consulter des cartes anciennes un samedi soir, désolé maman.) Et quand j’ai commencé à creuser l’histoire de la Bourgogne pour la collection Ici & Là, je suis tombé sur un truc qui m’a littéralement scotché. Toi, le Bourguignon fier de tes origines, de ton pinard, de ta moutarde et de tes hospices… tu t’es déjà demandé à quoi ressemblaient les tout premiers Bourguignons ? Spoiler : absolument pas à ce que tu crois.

Découvre aussi la collection Ici & Là Bourgogne ici : T-shirts et sweats Bourgogne — Ici & Là

Les tout premiers Bourguignons avaient la peau foncée

Je te l’annonce cash, parce que c’est tellement contre-intuitif que ça mérite pas d’être noyé dans des périphrases : les premiers humains qui ont peuplé ce qui allait devenir la Bourgogne avaient la peau très foncée. Genre, vraiment foncée. C’est pas une théorie farfelue sortie d’un forum douteux — c’est la génétique qui le dit, et elle est formelle.

Ces chasseurs-cueilleurs du Mésolithique, qui vivaient dans nos forêts et le long de nos rivières il y a entre 15 000 et 5 000 ans, portaient ce que les scientifiques appellent la pigmentation ancestrale. Autrement dit, la peau foncée est l’état d’origine de l’humanité tout entière. La peau claire, celle que tu vois dans le miroir chaque matin en te rasant (ou pas, on se détend, c’est dimanche), n’existait tout simplement pas encore.

Et je précise un truc important, parce que c’est le genre de sujet où les malentendus vont vite : on ne parle pas ici de catégories raciales modernes, qui sont une construction sociale récente. On parle de pigmentation, de variants génétiques, de biologie évolutive. Rien de plus, rien de moins.

Et cette peau foncée, c’est quoi exactement ?

Laisse-moi te donner deux exemples qui montrent que c’est documenté des deux côtés de l’Europe, et que c’est pas une hypothèse en l’air.

D’abord, l’homme de Cheddar. (Oui, le nom prête à sourire. Non, c’est pas un personnage de Kaamelott.) Retrouvé dans une grotte du Somerset en Angleterre, il a vécu il y a environ 10 000 ans. En 2018, le Natural History Museum de Londres a séquencé son ADN et produit une reconstruction faciale. Résultat : peau foncée à noire, cheveux noirs frisés… et yeux bleus. Oui, bleus. Le variant génétique des yeux clairs existait déjà, même si la peau claire n’était pas encore apparue.

Ensuite, La Braña 1, découvert en Espagne et vieux d’environ 7 000 ans. Lui aussi portait les allèles ancestraux pour la pigmentation de la peau. Aucun doute possible : la peau foncée, c’était la norme chez les chasseurs-cueilleurs d’Europe occidentale.

Alors toi, le Bourguignon, imagine un instant tes lointains aïeux arpentant les collines du Morvan ou les bords de la Saône avec cette apparence-là. Ça change des images d’Épinal, hein ?

Quand la peau a-t-elle changé ?

Parce que la question elle est là, évidemment : si les premiers Bourguignons avaient la peau foncée, comment on en est arrivés à la tête qu’on a aujourd’hui ? La réponse tient en deux grandes vagues migratoires, et c’est un des récits les plus fascinants de l’histoire humaine.

Première vague : les agriculteurs anatoliens. Ils arrivent en Europe il y a environ 8 000 ans, depuis ce qui est aujourd’hui la Turquie. Avec eux, ils apportent l’agriculture… et un variant génétique nommé SLC24A5, qui commence à éclaircir la peau. (Je vous épargne le cours de biologie moléculaire, mais retenez que c’est le premier coup de pinceau clair dans le tableau génétique européen.)

Deuxième vague : les pasteurs des steppes, les fameux Yamnaya. Ils débarquent il y a environ 4 500 ans depuis les plaines de l’actuelle Ukraine et du sud de la Russie. Avec eux vient le second variant, SLC45A2. C’est la deuxième couche d’éclaircissement. Et c’est seulement après ces deux vagues que la peau claire se généralise — les généticiens estiment que c’est chose faite vers l’âge du Fer, il y a environ 3 000 ans.

Ce que les chercheurs appellent le « modèle des trois couches », c’est précisément ça : chasseurs-cueilleurs mésolithiques (WHG) + agriculteurs anatoliens (EEF) + pasteurs des steppes (WSH). Nous, les Européens modernes, on est le produit de ce mille-feuille génétique. Rien n’est pur, tout est stratifié. Et c’est rudement beau.

Et dans l’Antiquité, qui peuplait la Bourgogne ?

Bon, on avance un peu dans le temps. La peau s’est éclaircie, les migrations se sont stabilisées, et la Bourgogne commence à ressembler à quelque chose qu’un historien peut nommer. Alors, qui étaient les Bourguignons de l’Antiquité ?

Deux grandes tribus celtes se partageaient le territoire : les Éduens et les Lingons. Les Éduens, dont la capitale était Bibracte, perchée sur le mont Beuvray, étaient un peuple puissant et bien organisé. (À tel point que le Sénat romain les avait proclamés « frères de la république » — c’est pas rien, comme titre.) Les Lingons, eux, occupaient le nord de la région, avec Langres pour centre névralgique, et Dijon comme avant-poste méridional.

Tous parlaient le gaulois celtique, et tous ont fini par se fondre dans le grand bain de la romanisation. Après la conquête de Jules César, Bibracte fut progressivement abandonnée au profit d’Augustodunum — l’actuelle Autun — fondée sous l’empereur Auguste. Les Lingons reçurent la citoyenneté romaine sous l’empereur Othon en 69 apr. J.-C., avant que Vespasien ne la leur retire l’année suivante. (Les relations politiques, c’était déjà compliqué.)

Et le fait le plus saisissant dans tout ça ? C’est à Bibracte, chez les Éduens, que Vercingétorix fut couronné roi des Gaulois en 52 av. J.-C., avant de mener la grande révolte contre César. La résistance gauloise, le symbole ultime de la lutte pour la liberté… tout est parti de là. De chez toi, le Bourguignon.

Alors, fier de tes racines ?

Je sais pas toi, mais moi, tout ça me rend un peu plus humble et beaucoup plus fier. Être Bourguignon, c’est pas juste aimer le bœuf bourguignon, la moutarde de Dijon et les hospices de Beaune. C’est porter une histoire qui part de chasseurs-cueilleurs à la peau foncée, traverse des tribus celtes puissantes, embrasse la romanisation, et continue de se stratifier depuis des millénaires.

Cette histoire, elle est dans tes gènes, littéralement. Et si tu veux l’afficher autrement qu’au fond d’un livre d’histoire, tu sais où nous trouver. (Je dis ça, je dis rien.)

Tu pensais que les premiers Bourguignons ressemblaient à quoi ? Dis-le en commentaire, sérieux, ça m’intéresse.

Prends soin de toi et si tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens.
Vincent

Restez informé

Recevez un email à chaque nouvel article. Pas de spam, désinscription en un clic.

Partager cet article

WhatsApp Messenger Instagram Facebook Copier le lien Email Partager…

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *