J’ai passé un bon moment à fouiller les vieux blogs, les forums et les commentaires Facebook pour compiler cette liste. Des dizaines d’items, des centaines de « oui c’est tellement vrai » en commentaires, et une certitude : les Malgaches de la diaspora ont un sens de l’humour identitaire qui fait plaisir à lire. (Je ne suis pas Malgache, précisons-le — mais il suffit de lire ces listes pour comprendre que Madagascar, ça ne ressemble à rien d’autre.)
Tu peux aussi voir la collection complète Ici & La Madagascar ici : la collection Madagascar
Bouffe, famille, traditions, diaspora — un peu de tout.
Allez, on y va. Tu sais que tu es Malgache quand :
1 – Tu sais que Madagascar est un pays avant d’être un dessin animé
Et cette phrase t’a coûté au moins dix explications dans ta vie. Dix. Au bas mot. Le film est sorti en 2005 et depuis, le quiproquo ne s’arrête plus. (Le pire, c’est quand la personne hoche la tête et dit « Ah oui, avec les girafes ! »)
2 – Tu sais que Madagascar, c’est pas l’Afrique
Pas l’Afrique, pas l’Asie, pas la Réunion. Un truc à part. L’identité malgache est précisément là-dedans : cette île qui ne rentre dans aucune case. Madagasikara, c’est Madagasikara.
3 – Tu manges du vary le matin, le midi et le soir
Les pâtes, le pain, les céréales — c’est pour quand t’es en déplacement, en mode survie. Le riz, c’est le centre de l’assiette, tout le reste tourne autour. Et si pour une raison quelconque tu n’as pas eu de riz le matin, la journée commence mal.
4 – Tu sais ce qu’est un kapoaka
C’est la petite boîte de conserve de lait concentré sucré recyclée en unité de mesure. Un kapoaka de riz, un kapoaka de sel, un kapoaka de lentilles. (Et si tu veux être précis : 1 kg de riz, ça fait environ 3,5 kapoaka. Ce détail-là, tu le sais sans avoir jamais eu besoin de l’apprendre.)
5 – Tu connais forcément un Rakoto, un Rabe et un Rapa
Et si tu en connais un, t’en connais dix. Ces noms sont partout. Le Rakoto de l’école, le Rabe du quartier, le Rapa du bureau. Essayez de faire une réunion de famille sans en avoir au moins trois dans la salle.
6 – Les étrangers ont du mal à prononcer ton nom
Tu l’épèles avant même qu’on te le demande. Andriamihaja, Randriamanantena, Razafindrakoto — c’est une musique pour toi, un obstacle phonétique pour les autres. Tu as fini par trouver ça amusant. (Ou pas. Selon les jours.)
7 – Y a un truc qui t’énerve, tu dis « tssss »
Une syllabe. Juste une. Qui résume l’irritation, la désapprobation, l’exaspération légère. Les Français ont un soupir, les Malgaches ont le « tssss ». C’est plus efficace.
8 – Tu dis « Toamasina », « Antananarivo », « Mahajanga »
Jamais Tamatave, jamais Tana, jamais Majunga. Enfin… sauf avec les touristes, parce qu’il faut bien se faire comprendre. Mais entre Malgaches, les noms sont les noms.
9 – Tu connais par coeur « Ry Tanindrazanay malala o »
Et quand tu l’entends, tu te lèves. Sans qu’on te le demande. C’est automatique. (L’hymne national malgache est beau, vraiment — si vous ne l’avez jamais écouté, allez-y.)
10 – Tu sais qu’un famadihana, c’est une fête
Pas une cérémonie macabre. Le retournement des morts, c’est une façon de garder le lien avec les ancêtres, de continuer à leur parler, de fêter ensemble. T’as peut-être même dansé. Et si quelqu’un fait la grimace quand tu expliques ça, c’est son problème.
11 – Aller en vacances, c’est rester une semaine chez le cousin
Et « le cousin » est une notion élastique. Quatrième degré, village voisin, ami du frère de la belle-mère — peu importe. Le fihavanana, ce lien de solidarité et de famille élargie, ça ne se résume pas à un arbre généalogique.
12 – Tu portes ton bébé dans le dos avec un lamba
Sans manuel d’instructions. Sans tutoriel YouTube. Tu as vu ça faire depuis que t’es tout petit, et c’est la façon la plus naturelle du monde de garder un enfant proche. (Le lamba, c’est ce grand pagne rectangulaire qui sert à tout, d’ailleurs.)
13 – Tu n’es pas choqué quand des zébus traversent la route
Tu ralentis, tu klaxonnes une fois, tu passes. C’est la circulation normale. Les zébus ont leurs habitudes, t’as les tiennes, et ça cohabite très bien depuis longtemps.
14 – C’est le pompiste qui te sert ton carburant
L’idée de sortir de la voiture et de faire le plein toi-même te semble bizarre, voire inconvenante. En France ou au Québec, la première fois, t’as regardé les autres faire en te demandant si c’était une blague.
15 – Chez l’épicier, on te rend la monnaie en bonbons
Et tu trouves ça parfaitement normal. Quelques centimes d’ariary en pièces, ça n’existe pas vraiment, alors on arrondit en nature. Le système fonctionne très bien, merci.
16 – Tu t’es brossé les dents avec du Maxam
Cette boîte verte au goût particulier, ce dentifrice d’importation chinoise qui a marqué des générations de Malgaches. Tu la revois encore dans la salle de bain de l’enfance. (Aucun dentifrice « premium » retrouvé à l’étranger n’a tout à fait la même saveur nostalgique.)
17 – Pour toi, une clarinette, c’est aussi une glace
Avant d’être un instrument de musique à vent, la clarinette c’est cette glace que tu réclamais gamin. Ce double sens-là, seul un Malgache le comprend immédiatement.
18 – Tu as toujours mangé bio sans le savoir
T’as découvert le mot « bio » en arrivant en ville ou à l’étranger. Et quand tu as vu les prix, t’as eu un moment de confusion. La nourriture de chez toi, c’était ça depuis toujours — sans l’étiquette et sans la majoration.
19 – Tu connais les fady de ta région
Ces interdits, ces tabous propres à chaque lieu, chaque famille, chaque lignée. Et si tu les connais, tu les respectes — même à 10 000 kilomètres de chez toi. Le fady, c’est pas une superstition, c’est un lien.
20 – Tu as raconté des angano le soir
Ces contes que tu connais de mémoire sans les avoir jamais lus dans un livre. Ils t’ont été transmis à voix haute, le soir, dans le noir ou presque, et tu les transmets pareil. C’est comme ça que ça marche.
21 – Le 26 juin et le 29 mars sont des jours particuliers
Le 26 juin 1960, l’indépendance. Le 29 mars 1947, le soulèvement contre la colonisation française — un massacre dont les historiens estiment le bilan entre 40 000 et 100 000 morts. Ces deux dates, tout Malgache les porte quelque part.
22 – Tu as vu l’allée des baobabs en vrai
Et tu sais exactement de quel côté regarder au coucher du soleil. Ces arbres à Morondava, c’est pas une carte postale pour toi, c’est un souvenir réel avec une lumière et une heure précise.
23 – Tu as vu un lémurien dans un arbre, pas dans un zoo
En liberté. Dans la nature. Et cette image-là, t’as du mal à l’expliquer à quelqu’un qui n’a connu les lémuriens qu’à travers un écran. Madagascar abrite plus de 100 espèces de lémuriens — endémiques, nulle part ailleurs sur terre.
24 – Tu es allé en France un an et tu as grossi
La cuisine malgache était plus légère qu’elle n’en avait l’air. Le riz, les légumes, la viande sans trop de transformation — t’avais pas réalisé à quel point c’était sain. Jusqu’au jour où les pantalons ont commencé à tirer.
25 – Tu es convaincu que Madagascar est la plus belle île du monde
Et tu es prêt à l’argumenter. Longtemps. Avec des faits, des photos, des souvenirs et si nécessaire une carte. (Sur ce point, aucune neutralité n’est possible ni attendue.)
Et toi, c’est quoi ton truc de Malgache que j’ai oublié ? Balance en commentaire — les meilleures listes, c’est toujours vous qui les complétez.
Prends soin de toi et si tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens.
Vincent

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