La recette de Parisse : comment le RCT a stoppé l’hémorragie sur maul avant Dublin
En janvier, février, mars, le RCT encaissait essai sur essai sur ballons portés. Une victoire en six matchs. Un pack qui fuyait vers le haut et qui se faisait régulièrement submerger. Et puis quelque chose a changé. Sergio Parisse, entraîneur des avants, a fait appel à Cédric Béal, directeur du centre de formation et ancien troisième ligne du club, pour retravailler le maul dans ses deux dimensions, défensive et offensive. Résultat : une victoire 47-22 à Montauban, 52-26 contre Bayonne, et une demi-finale de Champions Cup demain à Dublin. La méthode était simple. L’effet, lui, a été spectaculaire.
La crise en chiffres : 39% d’essais sur mauls
Entre janvier et mars, le RCT ne gagnait pas ses batailles au sol. La série noire, une victoire en six matchs, avait une explication tactique précise que le staff a fini par chiffrer : 39% des essais encaissés durant cette période provenaient directement de mauls adverses. Ce n’est pas une coïncidence, c’est un symptôme.
Contre Pau, les Rouge et Noir ont encaissé trois essais sur ballons portés. Contre Montpellier et Perpignan, deux à chaque fois. Contre Clermont et Paris, un de plus à chaque rencontre. Autant de situations où le pack toulonnais se faisait manger par des avant-gardistes qui avaient trouvé la faille : un RCT qui cherchait la bataille aérienne, qui sautait sur le porteur de balle, et qui se retrouvait déséquilibré, exposé, incapable de défendre ce qui arrivait ensuite au sol. Quand tu perds cette bataille-là autant de fois de suite, tu dois te poser des questions. Parisse se les est posées, et il a agi.
La solution Parisse-Béal : arrêter de sauter
L’idée de faire appel à Cédric Béal n’est pas venue de nulle part. Parisse avait identifié le problème, il cherchait un regard complémentaire, celui d’un homme du club qui connaît le pack de l’intérieur. Béal, directeur du centre de formation et ancien troisième ligne du RCT, était capable de mettre des mots et une méthode sur ce que les joueurs ressentaient sans forcément pouvoir l’analyser. Il a été ce regard-là.
La conclusion, racontée par Parisse lui-même dans Rugbyrama, était d’une logique désarmante : « Il m’a donné un coup de main, sans que l’on ne change grand-chose. En défense, il y a une chose assez simple : quand tu ne sautes pas, tu t’exposes moins et tu es plus prêt en bas pour défendre. »
Pas de révolution dans les principes, donc. Mais un changement d’approche net, assumé, délibéré. Le pack toulonnais avait pris l’habitude de jouer la bataille aérienne dans ses 22 mètres, de vouloir contester le porteur de balle en hauteur. Cette tactique, séduisante sur le papier, laissait le groupe dans une posture de déséquilibre permanente dès que la tentative échouait.
L’entraîneur des avants a décrit le raisonnement avec une clarté qui tranche avec le jargon habituel du coaching : « Quand tu ne gagnes pas la bataille aérienne et que tu n’es pas réactif entre l’air et le sol, tu donnes un avantage à l’attaque. Clairement, on a décidé de moins sauter dans nos 22 mètres et de se focaliser sur la défense au sol. Ce n’est pas une révolution, mais un changement d’approche. »
Voilà ce que Béal a apporté : pas une nouveauté tactique, mais une correction, un recadrage. On n’a rien inventé, pour reprendre les mots de Parisse. Mais parfois, dans le rugby, c’est exactement ce dont un groupe a besoin pour se retrouver.
Les résultats : le RCT retrouve son tonus
Le travail a payé vite. Après des mois de disette, Toulon a enchaîné deux victoires larges en Top 14 : 47-22 à Montauban, 52-26 contre Bayonne à Mayol. Des écarts qui disent quelque chose, non seulement sur la capacité à marquer, mais sur la solidité défensive retrouvée, pack en tête.
En Champions Cup, les Rouge et Noir ont fait tomber les DHL Stormers en huitièmes (28-27) et Glasgow en quarts (22-19). Deux victoires arrachées, deux matchs où le maul défensif a tenu. Le RCT pointe à la 8e place du Top 14 avec 55 points après 22 journées, dans le coup pour la qualification directe. Et surtout, demain, il y a Dublin.
Et demain à Dublin ?
Le Leinster, c’est justement l’équipe à qui tu ne dois pas offrir un maul défendu à moitié. Les Irlandais sont parmi les meilleurs d’Europe dans l’exercice des ballons portés, avec un pack profond, expérimenté, calibré pour avancer mètre par mètre dans les 22 mètres adverses. L’Aviva Stadium, 16h, samedi 2 mai. Si le RCT lâche sa discipline au sol, il paiera cash.
C’est précisément pour ça que le travail de Parisse et Béal prend tout son sens à la veille de cette demi-finale. Pas sauter. Rester bas. Défendre au sol. La recette est simple, elle a fonctionné sur les dernières semaines, et demain elle sera testée face au niveau le plus exigeant qui soit. Peuchère, si le pack tient cette ligne-là à Dublin, on va vivre quelque chose de grand.
Source : Rugbyrama (Mathias Merlo / iDalgo)
Si tu veux porter les couleurs, retrouve la collection Toulon-Var sur ici-la.co.
Un blog de supporters, pas de publicitaires
Ici, pas de popup, pas de cookies traceurs, pas de bandeau qui clignote.
Juste du rugby, du RCT, et l’actu directement dans ta boite mail. Gratuit. Pour toujours.
Rejoindre la famille rouge et noir
Via Follow.it — desabonnement en un clic, zero spam, promesse de supporter.
Allez Toulon.

Laisser un commentaire