Tu sais que tu es Portugais quand… | 25 signes


J’ai fouillé les vieux blogs, les forums, les commentaires Facebook des cousins de Lisbonne et de Porto. Une mine, ces discussions. Le genre de fil où tout le monde se reconnaît au quart de tour, sans même finir la phrase. Et je me suis surpris à hocher la tête plus d’une fois, moi qui ai grandi entouré de la diaspora.

Tu peux aussi voir la collection complète Ici & La Portugal ici : T-shirts et souvenirs Portugal

Bouffe, religion, caractère, langue — un peu de tout. Et si t’as jamais mis les pieds là-bas, tu vas enfin comprendre pourquoi ton pote portugais est comme il est.

Allez, on y va. Tu sais que tu es Portugais quand :

1 — Le bacalhau est chez toi une religion à part entière

La morue salée, ce poisson qui n’est même pas pêché sur tes côtes, tu la déclines de mille et une façons. En entrée, en plat, et paraît-il même en dessert. Ton pays est le premier consommateur de poissons et de fruits de mer d’Europe, et ne pas aimer la morue, c’est presque de l’hérésie. Chez ta grand-mère, y a toujours un bacalhau qui dessale dans l’eau depuis la veille.

2 — Ta journée démarre avec un bica et un pastel de nata

Le pastel de nata, cette petite tartelette à la crème, tu la dégommes avec ton expresso du matin. Le « bica », comme on dit à Lisbonne, c’est pas un café, c’est un rituel. Au bureau, tout le monde fait pareil, et tant pis pour le sucre.

3 — Le caldo verde est la soupe de tous tes repas de famille

Le caldo verde, soupe de chou vert et de pommes de terre avec sa rondelle de chouriço qui flotte dessus, c’est le pilier de la cuisine familiale. Les mariages, les baptêmes, les dimanches — y a toujours une marmite qui chauffe. Et toi, t’y as droit à chaque occasion.

4 — L’odeur des sardines grillées, c’est le parfum de l’été

Dès juin, ça sent la sardine sur les trottoirs, surtout pendant les fêtes de la Saint-Antoine à Lisbonne. La sardine grillée sur du pain, c’est l’été portugaise en une bouchée. T’entends la fumée avant de la voir, et tu salives avant d’arriver.

5 — Tu fais tout frire, ou presque

Le cliché te poursuit : les Portugais mettraient tout à la friture, à commencer par la morue, réputée sèche et qu’il faudrait bien accommoder. Alors oui, un peu d’huile, beaucoup d’huile… On va pas se mentir, ça aide à faire passer. (Moi, dès que je sens une friture, je suis à table avant que ce soit cuit.)

6 — Le vin de Porto vient de Porto, mais toi tu bois bien plus

Le porto, avec la vallée du Douro, c’est la carte postale. Mais au quotidien, tu consommes une grande variété de vins rouges, blancs et verts. Et n’oublie pas la ginjinha, cette liqueur de cerise de Lisbonne qui se boit cul sec dans les ruelles. Un porto en digestif, une ginjinha en apéro, et la boucle est bouclée.

7 — Ton dimanche se partage entre la messe et le football

Le dimanche, c’est sacré : messe le matin, match l’après-midi, avec une Super Bock ou une Sagres à la main. Un dimanche sans match, c’est pas vraiment un dimanche. Ta mère prie le matin, ton père crie devant la télé l’après-midi, et toi tu passes de l’un à l’autre.

8 — Fátima, c’est le pèlerinage qui rassemble des millions de fidèles

Le sanctuaire de Fátima, où la Vierge serait apparue, figure parmi les plus grands lieux de pèlerinage catholique au monde. Des millions de personnes s’y rendent chaque année. Et dans ta famille, y en a toujours un qui y est allé au moins une fois, souvent à pied ou en car.

9 — Les « 3 F », tu ne plaisantes pas avec

Fado, Football, Fátima. Les trois sujets sur lesquels on ne rigole pas, chez toi. C’est la formule qui résume l’identité portugaise, et elle est sérieuse. (Le jour où j’ai dit du mal d’un club portugais devant un collègue de Porto, j’ai compris ma douleur. ^^)

10 — Les prénoms se choisissent sur une liste officielle

Maria, João, Francisco… Ça domine les naissances depuis des décennies. Et surtout, le Portugal autorise une liste stricte d’un peu plus de mille prénoms : on ne nomme pas son bébé n’importe comment. Ton voisin, ton cousin, ta collègue — y a des chances que tout le monde s’appelle pareil.

11 — On te surnomme « poilu », et t’en tires une certaine fierté

Le cliché du Portugais poilu, mono-sourcil et moustache, court partout en Europe. Mais ce surnom de « poilu », il remonte à la Première Guerre mondiale : les Français l’ont donné aux 50 000 soldats portugais venus combattre, et il voulait dire « courageux ». Alors le mono-sourcil, tu le portes comme une médaille.

12 — Petit de taille, grand de cœur

Les Portugais comptent parmi les plus petits d’Europe : dans les 1,74 m en moyenne pour les hommes. Le cliché est plutôt vérifié. Mais comme on dit chez toi, petit en taille, grand de cœur. Et la taille, franchement, t’en as rien à faire.

13 — Tu parles fort, très fort

Le volume vocal, c’est le sud de l’Europe qui s’exprime. Pour appeler quelqu’un à deux mètres, tu montes dans les tours, et c’est normal. Paraît que ça expliquerait l’excellence du fado — chanter, c’est juste parler un peu plus fort, non ?

14 — « Agora mesmo » ne veut jamais dire maintenant

Quand un Portugais te dit qu’il arrive « agora mesmo », traduis par : il doit encore prendre sa douche et s’habiller. Le retard fait partie des habitudes, comme dans tout le sud. Toi, tu sais qu’« on se voit à 20 h » veut dire « on se voit vers 21 h, si tout va bien ».

15 — La saudade te colle à la peau

Ce sentiment de nostalgie profonde, intraduisible, c’est la saudade. Elle est collée au caractère portugais et au fado. Des Européens la décrivent en plaisantant comme une dépression clinique nationale. Toi, tu sais que c’est plus doux que ça, et en même temps, c’est un peu vrai.

16 — Tu vis dans l’ombre de ton grand voisin espagnol

Vu d’Europe, le Portugal souffre d’être éclipsé par l’Espagne. Un internaute a même résumé ça d’un trait : le Portugal, c’est la « Slovaquie de l’Espagne ». Le pays plus discret, moins connu, souvent réduit au second plan. Et ça, au fond, ça t’agace un peu.

17 — Ton accent transforme l’hélicoptère en « houloucouptère »

L’accent portugais, c’est toute une science : certains « s » se prononcent « ch », le « o » devient « ou », le « r » devient « l ». D’où l’« houloucouptère » et le « tractoupelle ». Les sketchs se régalent, et toi tu te reconnais en riant.

18 — On prend parfois ton portugais pour une langue slave

Avec ses sons chuintés, le portugais européen est parfois confondu avec une langue d’Europe de l’Est par des oreilles non averties. On te parle russe, on te demande d’où tu viens, et toi tu réponds « Lisboa » avec un sourire. Ça arrive plus souvent qu’on ne croit.

19 — Le football est ta deuxième religion

Après ou avant la messe, le football règne. On ne plaisante pas avec le club qu’on supporte, ni avec ceux qu’on déteste. Benfica, Porto, Sporting — choisis ton camp, et assume-le jusqu’au bout. Et à l’étranger, on te reconnaît d’abord pour tes bons joueurs de football.

20 — Maçon, plombier ou concierge, le cliché te suit partout

Le Portugais maçon ou plombier, la Portugaise concierge ou femme de ménage : ce cliché remonte aux immigrés des années 1950-1970, qui acceptaient les métiers les plus ingrats en France. Le cinéma a même popularisé la concierge Conchita ou Mme Martinez. Cliché en voie de disparition, mais encore bien tenace.

21 — On t’appelle les « avecs » quand tu reviens de France

Vu du Portugal, l’émigré qui rentre de France a son surnom : les « avecs », parce qu’il revient en parlant français, « avec » ceci, « avec » cela. Et là-bas, les « avecs » sont eux-mêmes l’objet de plein de stéréotypes. La diaspora vue par ceux qui sont restés, c’est tout un monde.

22 — Le Luxembourg, pour toi, c’est un bout de Portugal

Le Luxembourg abrite l’une des plus fortes communautés portugaises d’Europe en proportion de sa population. C’est devenu un stéréotype connu de tous : le Luxembourg est « plein de Portugais ». Et t’as toujours un cousin, un oncle ou une connaissance qui y vit.

23 — Le fado te prend aux tripes à chaque écoute

Ce chant mélancolique et poignant de Lisbonne et de Coimbra, c’est le symbole musical du pays. Il incarne la saudade et l’âme portugaise. Une voix qui monte dans un restau, une guitare portugaise qui pleure, et t’as les larmes aux yeux avant la fin du premier couplet. (Je ne comprends pas tout, mais je ressens tout. C’est exactement ça, le fado.)

24 — En juin, tu vis au rythme des fêtes des saints populaires

Saint-Antoine à Lisbonne, Saint-Jean à Porto : en juin, le pays vibre au son des fêtes des saints populaires. Sardines grillées, basilic en pot, défilés dans les rues. La preuve que malgré la saudade, tu sais faire la fête, et plutôt bien.

25 — On te dit que le Portugal fait partie de l’Espagne, et tu bouillonnes

C’est une des idées reçues les plus répandues à l’étranger : croire que le Portugal et l’Espagne ne forment qu’un seul pays. Toi, tu rappelles volontiers que le Portugal est une nation indépendante, et même plus ancienne que l’Espagne moderne. Et là, ton ton monte d’un cran, forcément.

Voilà. T’as souri, t’as hoché la tête, t’as peut-être même soupiré en pensant à la saudade. Si t’as coché au moins quinze de ces vingt-cinq points, ton passeport portugais est plus que valide.

Dis-moi en commentaires ceux que j’ai oubliés — parce qu’il y en a forcément. Chaque famille a les siens, chaque village a ses manies. C’est ça qui est beau. Et si t’es pas portugais mais que t’as un pote qui coche toutes les cases, taggue-le, il va se reconnaître.

Prends soin de toi et si tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens.
Vincent

Restez informé

Recevez un email à chaque nouvel article. Pas de spam, désinscription en un clic.

Partager cet article

WhatsApp Messenger Instagram Facebook Copier le lien Email Partager…

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *