L’histoire du Var pour les cancres : 12 dates pour tout retenir


Je vais te faire un aveu : les cours d’histoire au lycée, je les séchais plus souvent qu’à mon tour, et le Var, pour moi, c’était d’abord la rade, les plages et les embouteillages du mois d’août (je sais, je sais, les Varois me pardonneront). Et puis j’ai ouvert les livres, et j’ai compris que ce département a tout vu : des Grecs venus de Marseille, une flotte ottomane dans la rade, la peste, Bonaparte qui se fait remarquer, un fleuve qui finit par ne plus couler chez lui. Alors voilà 12 dates, choisies parce qu’elles expliquent qui sont les Varois, et parce qu’elles ont de quoi te faire dire « ah bon ?! » à voix haute.

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1 – Vers 325 av. J.-C. : Olbia, la sentinelle grecque de Hyères

Olbia est une colonie grecque de Massalia fondée vers 325 avant notre ère, sur la commune actuelle de Hyères, au lieu-dit l’Almanarre. L’archéologue Michel Bats l’a surnommée « Olbia de Provence » pour la distinguer des autres cités du même nom. Le site contrôlait la rade et les routes maritimes vers l’Italie. Les Grecs de Marseille tenaient là une sentinelle avancée, avec des terres à cultiver et un mouillage abrité. Tu passes devant sans le savoir, et pourtant la ville la plus ancienne du coin n’a pas de casino.

2 – Vers 49 av. J.-C. : Forum Julii, la naissance de Fréjus

Fréjus est fondée vers 49 avant notre ère sous le nom de Forum Julii, puis devient colonie romaine en 27 avant notre ère. La ville conserve un ensemble de vestiges antiques (arènes, théâtre, aqueduc) parmi les plus importants de France. Le port militaire romain s’installait sur la côte varoise, et la ville surveillait la route vers l’Italie. Aujourd’hui, tu y vas pour la plage et le festival, en marchant sur vingt siècles de pavés. (Les Romains avaient déjà compris que l’endroit valait le détour.)

3 – 973 : Tourtour chasse les Sarrasins

La bataille de Tourtour voit en 973 la victoire du comte Guillaume de Provence sur les Sarrasins. Elle marque leur expulsion définitive du territoire et met fin à une présence de plus de deux siècles. Le village de Tourtour, dans le haut Var, garde le souvenir de cet affrontement dans son nom et dans les récits locaux. C’est la date qui referme une longue période de raids et de peurs sur les côtes. Comme quoi, un comté bien organisé peut changer le cours des choses (et un village perché, aussi).

4 – 1481 : la Provence passe au roi de France

Le 10 décembre 1481, Charles III de Provence dicte un testament qui institue Louis XI comme légataire universel ; il meurt le lendemain, 11 décembre. Les États de Provence approuvent l’union le 15 janvier 1482, et l’union perpétuelle est confirmée par lettres patentes en octobre 1486. En droit, le comté reste distinct : le roi de France agit en Provence comme comte de Provence, avec ses privilèges et ses États. Cette subtilité juridique explique pourquoi la Provence a gardé si longtemps un tempérament à part, et pourquoi le Var en hérite direct.

5 – 1543 : la flotte ottomane hiverne à Toulon

Pendant l’hiver 1543-1544, François Ier invite la marine ottomane de Barberousse à hiverner dans la rade de Toulon, dans le cadre de l’alliance franco-ottomane. L’épisode survient juste après le siège de Nice par les forces franco-ottomanes. Une flotte ottomane passer l’hiver dans un port du royaume, voilà qui a fait jaser dans toute l’Europe. Toulon devient pour quelques mois une base navale à dimension méditerranéenne, bien avant d’être la grande base que l’on connaît. (Imaginez la circulation dans le centre-ville.)

6 – 1720 : la peste entre à Toulon

La peste de 1720, partie de Marseille, atteint Toulon le 20 août 1720 et y reste jusqu’au 7 septembre 1721, soit 361 jours. Le Conseil du roi met toute la Provence en quarantaine le 14 septembre 1720, et une escadre bloque les ports de Marseille et de Toulon. La ville est touchée une seconde fois en janvier 1721 par le foyer de Bandol. Le tribut humain est très lourd, et la mémoire de l’épidémie reste vive dans les archives. On comprend mieux pourquoi nos grands-mères regardaient les mouettes d’un mauvais œil.

7 – 1790 : le Var naît, Toulon est chef-lieu

Le département du Var est créé le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 décembre 1789. Toulon en est d’abord le chef-lieu, avant Grasse en 1793, Brignoles en 1795, Draguignan en 1797, puis Toulon à nouveau en 1974. Le Var est le seul département français à avoir eu quatre chefs-lieux différents. Ce nom de Var vient d’un fleuve qui constituait autrefois sa limite orientale, et qui ne l’arrose plus depuis 1860. Un département qui porte le nom d’une rivière absente, il fallait oser.

8 – 1793 : le siège de Toulon lance Bonaparte

Les royalistes s’emparent de Toulon et livrent la ville aux Britanniques. Le siège républicain dure de septembre à décembre 1793. Napoléon Bonaparte, alors capitaine d’artillerie, est blessé lors de l’assaut, puis promu général de brigade. Le chef-lieu est ensuite déplacé pour punir les Toulonnais d’avoir livré leur ville. Autrement dit, Toulon a servi de tremplin à un homme qui allait mettre l’Europe sens dessus dessous, et la ville a payé l’addition en statut administratif. C’est cher payé pour une rancune.

9 – 1851 : le Var se soulève contre le coup d’État

Très à gauche sous la Deuxième République, le Var se soulève après le coup d’État du 2 décembre 1851, avant que les troupes insurgées ne soient dispersées par l’armée. Martin Bidouré, né à Barjols en 1825, est fusillé à Aups le 14 décembre 1851. La tradition locale en a fait un martyr de la résistance varoise, et son nom reste dans les mémoires du haut Var. L’épisode montre un département qui n’a jamais attendu la permission pour dire ce qu’il pensait. (Ça n’a pas beaucoup changé, entre nous.)

10 – 1860 : le Var perd Grasse et son fleuve

Le traité de Turin du 24 mars 1860 rattache le comté de Nice à la France et crée un nouveau département des Alpes-Maritimes. L’arrondissement de Grasse, alors sous-préfecture du Var, lui est détaché. Le Var perd sa partie orientale, et le fleuve Var ne coule plus dans le département qui porte son nom, cas unique en France. Grasse, Cannes et Antibes quittent donc le Var en même temps, ce qui fait beaucoup de parfum et de palmiers partis d’un coup. Les Varois ont gardé la mer, le soleil et la rancune.

11 – 1944 : le débarquement de Provence et la libération de Toulon

Le 15 août 1944, l’opération Anvil-Dragoon, rebaptisée Dragoon, débarque les Alliés dans le Var entre Toulon et Cannes. Toulon est libérée le 27 août 1944 par des unités de la 1re division de marche d’infanterie, de la 9e division d’infanterie coloniale, de la 3e division d’infanterie algérienne et de la 1re division blindée, sous le commandement du général de Lattre de Tassigny. La ville avait été sévèrement éprouvée par le sabordage de la flotte en 1942 et par les bombardements. La rade, qui avait vu passer tant de flottes, a cette fois vu arriver la libération.

12 – 2010 : les inondations de Draguignan

Le 15 juin 2010, un épisode méditerranéen frappe l’est du Var, avec des cumuls de 200 à 300 mm, jusqu’à 397 mm aux Arcs-sur-Argens et 460 mm à Lorgues. Draguignan subit les pertes humaines les plus importantes ; les crues font 27 morts et disparus. Les dégâts sont estimés à plus d’un milliard d’euros. Cette date a changé la façon dont le département pense ses rivières, ses zones constructibles et ses alertes. La montée des eaux en quelques heures, voilà le genre de leçon qu’on n’oublie pas.

Quelle date t’a le plus surpris ? Dis-le en commentaire.

Les dates et les faits de cet article viennent de la page Wikipédia « Histoire du Var » pour la période postérieure à 1790, complétée par les pages consacrées à Olbia de Provence, Fréjus, la bataille de Tourtour, le comté de Provence, l’hivernage de la flotte ottomane à Toulon, la peste de 1720, le siège de Toulon de 1793, Martin Bidouré, le département du Var, les Alpes-Maritimes, Toulon et les inondations des années 2010 dans le Var, toutes consultées le 17 octobre 2026.

Prends soin de toi et si tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens.
Vincent

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