Michalak, Clerc, Mermoz : quand les étoiles ont changé de ciel rouge et noir
Samedi 9 mai, 21h, Stade Orange Vélodrome. Le RCT reçoit le Stade Toulousain dans un match qui sent la poudre des grands soirs. Toulon est 8e du championnat, à cinq points des barrages, la victoire n’est plus une option. En face, le champion en titre. La rivalité entre ces deux clubs est l’une des plus chargées du rugby français, faite d’histoires, de titres, de haine sportive saine et de respect malgré tout. Mais entre ces deux mondes qui semblent irréconciliables, sept joueurs ont un jour osé franchir la ligne. De Michalak à Maestri, voilà leurs histoires, à lire avant le coup d’envoi.
De Toulouse vers Toulon : Michalak, Clerc, Mermoz
Frédéric Michalak
Il y a des carrières qui résument à elles seules une époque du rugby français. Michalak en fait partie. Révélé au Stade Toulousain en 2001, il est élu meilleur joueur du monde à 21 ans, remporte deux Coupes d’Europe avec Toulouse (2003, 2005), joue trois Coupes du monde sous le maillot bleu. Puis vient Toulon, en 2012, en pleine construction de l’empire Boudjellal. Il arrive aux côtés de Jonny Wilkinson et devient l’un des artisans des années les plus folles de l’histoire du club. Trois Champions Cup (2013, 2014, 2015) et un Bouclier de Brennus (2014) plus tard, le demi d’ouverture toulousain aura été au coeur des quatre titres du RCT. Pour les supporters de Mayol, il n’est plus toulousain depuis longtemps. Il est rouge et noir.
Vincent Clerc
Plus de 300 matchs sous le maillot du Stade Toulousain, trois Champions Cup, trois Brennus, 34 essais en équipe de France. Vincent Clerc, c’est une légende du rugby français. Et pourtant, en 2016, il choisit Toulon pour la dernière étape de sa carrière. Les blessures l’ont rattrapé : il ne dispute que 13 matchs en deux saisons à Mayol, sans titre. Mais sa présence à Toulon, même limitée, reste un symbole fort. Ce qu’il faut retenir sur lui : ses 101 essais en championnat de France font de lui le meilleur marqueur d’essais de l’ère professionnelle du Top 14, tout club confondu. Pas seulement pour Toulon. Pour l’ensemble du rugby français. Ce record-là, personne ne peut le lui enlever.
Maxime Mermoz
Son histoire avec Toulouse est celle d’un homme qui n’y a jamais vraiment trouvé sa place. Formé dans la ville rose, 19 matchs entre 2005 et 2008, il part à Perpignan chercher du temps de jeu. C’est à Toulon, à partir de 2012, qu’il explose vraiment. Cinq saisons, 115 matchs, trois Coupes d’Europe (2013, 2014, 2015) et un Brennus. Le centre vosgien est devenu un Rouge et Noir dans l’âme, avant de boucler la boucle à Toulouse en fin de carrière. Paradoxe : c’est en quittant Toulouse qu’il est devenu un grand joueur. Et c’est à Toulon qu’il a tout gagné.
De Toulon vers Toulouse : Deylaud, Delaigue, Palisson, Maestri
Christophe Deylaud
Une seule saison à Toulon (1990-1991), et pourtant son nom reste dans les archives du club. Né à Toulouse, il passe par la rade avant de rejoindre le Stade Toulousain où il construit sa véritable légende. Quatre Boucliers de Brennus (1994, 1995, 1996, 1997), une Coupe d’Europe (1996), 16 sélections en équipe de France et une Coupe du monde 1995. Son passage à Toulon est une parenthèse. Sa carrière, elle, appartient à Toulouse.
Yann Delaigue
Lui, c’est l’inverse. Il naît à Toulon, il joue au RCT près d’une décennie (de 1988 à 1997, 42 matchs), il soulève le Bouclier de Brennus 1992 sous les couleurs rouge et noir. « Le petit Mozart » de la charnière toulonnaise finit par rejoindre Toulouse à l’été 1997. Et là, il gagne encore : deux titres de champion de France (1999, 2001), une Coupe d’Europe (2003) où il inscrit une transformation et cinq pénalités en finale. 20 sélections en équipe de France. Un joueur formé à Mayol, qui a porté les deux maillots avec la même classe. Difficile de lui en vouloir.
Alexis Palisson
L’ailier de Montauban arrive à Toulon en 2011, formé à Brive, et s’impose dans un groupe saturé de talent. La concurrence avec Mitchell et Habana est féroce, mais il tient sa place. Il remporte avec le RCT au moins une Coupe d’Europe (2013) et un Bouclier de Brennus (2014). En 2014, il rejoint Toulouse où la concurrence, sur les ailes, est tout aussi impitoyable. 21 sélections en équipe de France, Grand Chelem 2010. Une carrière bien remplie, partagée entre les deux plus grands clubs du rugby français.
Yoann Maestri
Peuchère, celui-là. Né à Hyères, à 15 kilomètres de Toulon, formé au RCT de 2003 à 2009, il a les couleurs rouge et noir dans le sang. Et pourtant, c’est le Stade Toulousain qui en a fait un grand joueur. Neuf saisons à Toulouse, deux Brennus (2011, 2012), une Coupe d’Europe (2010), 65 sélections en équipe de France. Le minot de la rade est devenu un pilier du pack toulousain. Pour les supporters de Mayol, c’est une trahison avec circonstances atténuantes : il n’avait peut-être pas le choix s’il voulait exister au plus haut niveau. Ça ne rend pas le maillot blanc moins difficile à voir.
Ce que ça dit de la rivalité
Ces sept parcours disent quelque chose d’important sur la rivalité Toulon-Toulouse. Elle est réelle, elle est intense, les supporters ne plaisantent pas avec ça. Mais le rugby de haut niveau, lui, impose ses propres lois. Un joueur suit son projet sportif, ses ambitions de palmarès, parfois simplement les offres qui se présentent. Les frontières les plus symboliques finissent par s’effacer face à la réalité d’une carrière courte. Ce n’est pas une trahison, c’est du rugby professionnel. Ce qui ne change pas, c’est que quand les deux clubs se retrouvent en face à face, tout ce passé ressurgit, et le stade redevient un champ de bataille. Samedi, ce sera le cas.
Samedi, le Vélodrome attend
Dans deux jours, il ne sera plus question de parcours ou d’histoire commune. Il y aura Toulon d’un côté, Toulouse de l’autre, et près de 67 000 personnes dans un Vélodrome qui n’a pas l’habitude d’accueillir du rugby mais qui va comprendre très vite ce que signifie une rivalité de cet ordre. Le RCT a besoin des cinq points, point final. Les fantômes de Michalak, Delaigue et Maestri peuvent rester au vestiaire. C’est le moment d’écrire la prochaine page de l’histoire.
Pilou-Pilou.
Source : Le Rugbynistère
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