12 faits saisissants sur la Martinique

La Martinique, tu crois la connaître. Le rhum, les plages de sable blanc, le soleil. Sauf que derrière la carte postale, cette île de 1 128 km² cache une histoire et des records qui laissent sur le cul. J’ai fouillé les archives, croisé les sources, et je t’ai sorti douze faits qui vont te faire voir la Martinique autrement. Prépare-toi, parce que le premier, il pique.

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1 – La montagne Pelée est un volcan toujours actif

Le point culminant de la Martinique, la montagne Pelée, culmine à 1 395 mètres. Et contrairement à ce que son nom paisible laisse croire, c’est un volcan toujours actif, le dernier né d’une île qui s’est construite sur près de vingt millions d’années d’éruptions successives. Il occupe à lui seul tout le nord de l’île. (Et en décembre 2020, les scientifiques ont observé une reprise de certaines formes d’activité. Rien d’alarmant, mais ça rappelle que la bête ne dort que d’un œil.)

2 – Le 8 mai 1902, Saint-Pierre a été rayée de la carte en quelques minutes

C’est probablement l’un des faits les plus terribles de l’histoire française. Le 8 mai 1902, une nuée ardente dévalant la montagne Pelée a détruit en quelques minutes Saint-Pierre, alors surnommée « le Petit Paris des Antilles » et capitale économique et culturelle de l’île. Bilan : plus de 30 000 morts, soit environ un cinquième de la population de la Martinique, et seulement trois rescapés certifiés. C’est l’éruption volcanique la plus meurtrière du XXe siècle en France, et la plus meurtrière au monde depuis celle du Krakatoa en 1883.

3 – La Martinique est doublement reconnue par l’UNESCO

Peu de territoires peuvent se vanter d’être reconnus deux fois par l’UNESCO. Depuis 2021, l’intégralité du territoire martiniquais, terrestre et marin, est classée réserve de biosphère. Et en septembre 2023, les volcans et forêts de la montagne Pelée, ainsi que les pitons du nord de l’île (dont les fameux pitons du Carbet), ont été inscrits au patrimoine mondial. Autrement dit, quand tu marches en Martinique, tu marches dans un trésor planétaire. (Et toi qui pensais que c’était juste une île sympa pour bronzer.)

4 – C’est la troisième île des Petites Antilles

Avec ses 1 128 km², la Martinique se classe troisième dans le chapelet des Petites Antilles, derrière Trinidad et la Guadeloupe. Elle s’étire sur environ 60 kilomètres de long pour 30 kilomètres de large. Et elle compte 360 630 habitants au 1er janvier 2023, selon l’INSEE. Une île pas si grande, donc, mais une densité d’histoire et de culture qui, elle, n’a rien de modeste.

5 – Elle est plus proche du Venezuela que de Paris

Oublie l’idée d’une île collée à la France. La Martinique est située à environ 420 kilomètres au nord-nord-est des côtes du Venezuela, et à quelque 865 kilomètres de la République dominicaine. Autant dire que l’Amérique du Sud, c’est la porte d’à côté, alors que Paris, c’est un océan et des milliers de kilomètres plus loin. (Ce qui explique, d’ailleurs, pourquoi le carnaval martiniquais n’a rien à envier à celui de Rio.)

6 – Christophe Colomb y a posé le pied en 1502

Les premiers habitants de l’île furent les Amérindiens Arawaks, refoulés à partir du IXe siècle par les Kalinagos. Puis, en 1502, Christophe Colomb, sous régence espagnole, devint le premier Européen à y poser le pied. La colonisation française, elle, ne commença qu’en 1635, menée par Pierre Belain d’Esnambuc. Trois siècles d’histoire coloniale qui ont profondément marqué le peuplement et l’identité de l’île.

7 – Le 19 mars 1946, la Martinique est devenue un département français

La loi de départementalisation du 19 mars 1946 a transformé la Martinique en département français d’outre-mer, mettant fin au statut colonial. Et le rapporteur de ce débat parlementaire n’était autre que le jeune député-maire de Fort-de-France, Aimé Césaire. Une date charnière, portée par l’un des plus grands poètes et penseurs du XXe siècle.

8 – Aimé Césaire a été maire de Fort-de-France pendant 56 ans

Aimé Césaire, c’est LE monument martiniquais. Poète, dramaturge, cofondateur de la Négritude, auteur du célèbre « Cahier d’un retour au pays natal », il fut maire de Fort-de-France de 1945 à 2001, soit cinquante-six ans, et député de 1945 à 1993. (Cinquante-six ans de mandat : on peut dire qu’il connaissait sa ville.) Son aéroport international porte d’ailleurs son nom, et personne ne le trouve usurpé.

9 – René Maran, premier écrivain noir à décrocher le Goncourt

En 1921, le Martiniquais René Maran remportait le prix Goncourt pour son roman « Batouala – Véritable roman nègre ». Il devint ainsi le premier écrivain noir lauréat de la prestigieuse récompense. Un jalon immense dans l’histoire de la littérature, et une fierté martiniquaise que l’on cite encore, un siècle plus tard.

10 – Paulette Nardal, première femme noire à la Sorbonne

Autre pionnière : Paulette Nardal, brillante intellectuelle martiniquaise, fut la première femme noire de l’histoire inscrite à la Sorbonne, à Paris. Avec sa sœur Jeanne, elle fut l’une des grandes inspiratrices du courant littéraire de la Négritude. On parle souvent d’Aimé Césaire, et c’est mérité, mais les sœurs Nardal ont largement nourri le terreau intellectuel de ce mouvement.

11 – Le rhum martiniquais, une appellation protégée

Impossible de parler de la Martinique sans évoquer son rhum. La boisson la plus emblématique de l’île se décline en deux familles : le rhum agricole AOC, élaboré à partir du jus de canne à sucre frais (comme le fameux rhum Clément), et le rhum industriel (comme le Negrita). Et autour de ce rhum, toute une culture : le ti-punch, simple et sacré, composé de sirop de canne, de citron et de rhum, et le planteur, plus festif. (Ne demande jamais à un Martiniquais de te faire un ti-punch « avec du sucre » : le sirop de canne, c’est déjà prévu.)

12 – La Martinique a donné au monde le zouk

Enfin, la musique. La Martinique, c’est la terre du zouk, ce genre né dans les Antilles et devenu un phénomène mondial dans les années 1980. Jocelyne Béroard, auteure et interprète du groupe Kassav’, est devenue en 1986 la première femme disque d’or aux Antilles. Et la liste des artistes martiniquais qui ont marqué la scène est longue, de la biguine au bèlè en passant par le dancehall. Le tout accompagné d’une tradition vivace, celle des combats de coqs, qui se déroule de novembre à juillet dans de petites arènes appelées pitts.

Alors, t’en connaissais combien, sur ces douze-là ? Si t’as un fait sur la Martinique que j’ai oublié, balance-le en commentaire. Et si tu veux porter un bout de cette île sur toi, la collection martiniquaise t’attend juste au-dessus.

Prends soin de toi et si tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens.
Vincent

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