J’ai fouillé les vieux forums, les groupes Facebook de Lorrains expatriés, les commentaires sous des vidéos de recettes de quiche — et une liste « Tu sais que tu es Lorrain si » qui traîne sur le web depuis 2015. Moi, Vincent, j’ai compilé tout ça pour toi. Parce qu’être Lorrain, ça ne s’explique pas, ça se repère en trente secondes, à la bouffe, au platt, au caractère, à l’histoire — un peu de tout.
Tu peux aussi voir la collection complète Ici & Là Lorraine ici : lien
Allez, on y va. Tu sais que tu es Lorrain quand :
1 – On te sort « t’es une quiche » et tu réponds « oui, et alors ? »
La quiche, c’est toi. Les gens hors de la région t’associent à la quiche dans 99 % des cas, avant même le pâté ou la mirabelle. Le cliché est tellement ancré qu’« être une quiche » est devenu une insulte — sauf que la quiche, c’est lorrain, donc c’est doublement fort. (Logique imparable, non ?)
2 – Tu ricanes devant les « mirabelles » vendues hors de Lorraine
Une mirabelle, ça ne pousse qu’en Lorraine, voyons. Alors quand tu passes devant un étal de prunes jaunes estampillées « mirabelles » ailleurs en France, tu ricanes. Tartes, eau-de-vie, confiture — chez toi, ce petit fruit doré est un véritable emblème.
3 – Tu défends le pâté lorrain comme si ta vie en dépendait
Juste après la quiche, il y a le pâté lorrain, la viande en croûte qu’on te ressort à chaque repas de famille. Toi, tu le veux bien relevé, bien doré, et tu t’offusques quand un boulanger d’ailleurs ose le servir tiède. (On a des standards, merci.)
4 – La madeleine, tu l’as connue à Commercy avant de connaître Proust
Le petit gâteau en forme de coquille, tu l’as mangé avant même de savoir qui était Proust. Madeleine de Commercy, dans la Meuse, et tu ne comprends pas qu’on en fasse tout un roman. (Enfin si, tu comprends, mais tu es trop fier pour le dire.)
5 – Tu offres des bergamotes de Nancy et tu attends la réaction
Le petit bonbon doré à la bergamote, c’est ton cadeau passe-partout. Certains adorent, d’autres font la grimace — et c’est exactement pour ça que tu l’offres. Une appellation protégée, une fierté nancéienne, et un goût qui ne laisse personne indifférent.
6 – L’hiver, tu te réchauffes à la potée lorraine
Chou, lard, saucisses fumées qui mijotent des heures : la potée, c’est ton plat de grand froid. Quand il gèle dehors, tu sors la cocotte, et le reste de l’année, tu en rêves en cachette.
7 – Tu dis « ui » sans même t’en rendre compte
On te reproche de dire « ui » pour « oui » ? Tu ne vois pas du tout de quoi on parle. Ton accent traîne un peu, les voyelles s’étirent — et pour toi, c’est tout le monde qui prononce mal, sauf toi. (Ça va de soi.)
8 – Tu sais que « ça geht’s ? » veut dire « ça va ? »
Si tu viens du nord-est de la Moselle, le platt, ce francique proche de l’allemand, fait partie de ta vie. « Ça geht’s ? » pour demander des nouvelles, « besch nexte mol » pour dire à la prochaine — ça te trahit direct. Et tu en es plutôt fier, même si le reste de la France croit que tu parles allemand. (Ce qui est un peu le cas, avouons-le.)
9 – Tu prononces « Mess » et tu corriges ceux qui disent « Metz »
Metz se prononce sans le T final, et ça, seuls les gens de l’Est le savent. Quand un Parisien te sort « Mets », tu le reprends avec un sourire en coin. Le nom de ta ville, c’est un test de passage — et toi, tu le passes haut la main.
10 – Chez toi, la lumière, on la ferme
Tu ne vois rien de bizarre à « fermer la lumière » : pour toi, c’est une évidence. Tu découvres à trente ans que le reste de la France dit « éteindre », et depuis, tu t’en fous — tu continues de la fermer. (Et tant pis.)
11 – Tu fumes des « schmers » et tu manges des « schnecks » au petit-déj
Ton lexique, c’est une langue à part entière. Une clope, c’est un schmer. À la boulangerie, tu demandes des schnecks. Tu clanche la porte en partant, tu bois un schlouk, tu mets un stampel. (Et tu ne comprends pas pourquoi on te regarde comme un extra-terrestre.)
12 – Tu es « nareux » et tu l’assumes complètement
Nareux (ou néreux, si tu es des Vosges), ça veut dire dégoûté, et c’est toi tout craché. Boire dans le verre de quelqu’un ? Très peu pour toi. Le mot surprend hors de la région — et c’est justement pour ça qu’il te plaît.
13 – Tu dis « ça meûûûle » et tu rallumes le chauffage en septembre
Quand il fait froid, ça meûûûle, ça caille — tu as tout un vocabulaire pour le dire. Et le chauffage, tu le rallumes dès septembre, sans honte, parce que la Lorraine, ça ne rigole pas avec le froid. Certains Mosellans avouent même l’avoir gardé jusqu’en mai. (Moi, je ne juge pas, je suis pareil.)
14 – Tu es fier de tes deux jours fériés de plus que le reste de la France
Grâce au droit local d’Alsace-Moselle, tu as deux jours fériés de plus que les autres, et tu ne t’en remets pas. Le Vendredi saint et le 26 décembre — tu les savoures avec une fierté tranquille, pendant que les autres travaillent. (Et tu leur rappelles gentiment, évidemment.)
15 – Tu sais que ta région a changé de pays plusieurs fois en un siècle
L’Alsace et la Moselle ont été annexées en 1871, puis de nouveau entre 1940 et 1944. Tu portes cette histoire dans ta peau, et tu en as marre qu’on te sorte « la Moselle, c’est l’Allemagne ». Toi, tu sais ce que ta région a traversé — et tu en es d’autant plus attaché à elle.
16 – Jeanne d’Arc, tu la revendiques, même si Domrémy est pile à la frontière
Née à Domrémy, dans les Vosges, Jeanne est ta figure à toi — même si la Champagne la réclame aussi. Tu tranches le débat d’un « elle est de chez nous » qui n’admet pas de réplique. (La querelle dure depuis des siècles, et toi, tu es déjà décidé.)
17 – « Qui s’y frotte s’y pique » : c’est ta devise, et tu la penses vraiment
Le chardon, c’est ton emblème, et la devise « Qui s’y frotte s’y pique » est reprise partout, jusqu’à l’ASNL. Toi, tu la ressors dès qu’on critique un peu ta région — avec le sourire, mais pas que. (On n’y touche pas.)
18 – La croix de Lorraine te file des frissons, et ce n’est pas rien
La croix à double traverse, c’est le symbole universel de ta région, devenu celui de la France libre et de la résistance. Quand tu la vois, tu lèves la tête — c’est plus qu’un logo, c’est ton histoire, celle de ceux qui n’ont jamais plié.
19 – Tu es Metz ou tu es Nancy, et tu ne changeras jamais
Soixante kilomètres, deux villes, une rivalité qui ne date pas du foot. L’annexion de 1871 a vidé une partie de Metz vers Nancy, et l’animosité est restée. Toi, tu as choisi ton camp depuis toujours — et tu détestes la ville d’en face avec une énergie très sincère. (Pour rire. Enfin, presque.)
20 – Tu souris quand on te parle de la rivalité avec l’Alsace
Les Alsaciens racontent que les Lorrains ont les oreilles pointues, et que les corbeaux volent à l’envers en Lorraine pour ne pas voir la misère. Toi, tu rétorques que l’Alsace se croit au-dessus — et le débat peut durer des heures, sans jamais être méchant. (Enfin, pas trop.)
21 – Tu as une gare TGV au milieu des champs, et tu trouves ça normal
Nancy et Metz n’ont jamais réussi à se mettre d’accord, alors la gare TGV a été construite entre les deux, au beau milieu des champs. Tu descends du train, tu regardes autour, et tu cherches la ville. (C’est là que tu te rappelles que chez toi, le consensus est un sport de combat.)
22 – Le 6 décembre, c’est saint Nicolas, et le Père Fouettard te fait encore frissonner
Patron de la Lorraine, saint Nicolas venait dans ta classe apporter pain d’épices et clémentines — avec le Père Fouettard qui foutait la trouille à tout le monde. Le 6 décembre, c’est ta fête à toi, bien avant le 25. (Et tu l’as toujours fêtée plus fort que Noël, avoue.)
Et toi, c’est quoi ton truc de Lorrain que j’ai oublié ? Le pâté de ta grand-mère, un mot de platt de ton village, la rivalité avec la ville d’à côté ? Balance en commentaire, on complète la liste ensemble.
Prends soin de toi et si tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens.
Vincent

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