10 trucs qui énervent toujours un Italien

Bannière : dix trucs qui énervent toujours un Italien

Si t’es Italien, tu vas hocher la tête dix fois en lisant ce qui suit. Si tu l’es pas, note-le bien : ces phrases-là, on les ressort à table, au resto ou au téléphone, et elles produisent toujours le même petit effet, un soupir rentré et un regard qui cherche le ciel. Elles partent rarement d’une mauvaise intention, et c’est justement ce qui les rend increvables. Je te les mets dans l’ordre, du plus anodin au plus sensible.

Tu peux aussi voir la collection complète Ici & Là Italie ici : lien

1 – « Un cappuccino après le déjeuner, s’il vous plaît »

En Italie, le cappuccino est une boisson de petit-déjeuner, et l’usage veut qu’on passe à l’espresso dans la matinée. La césure communément admise n’est pas midi mais la fin du petit-déjeuner, vers 11 heures, et aucun texte officiel ne l’interdit : le refus net d’un barista relève de la légende. Dans un sondage Preply de 2024 mené auprès de 1 003 résidents italiens de 16 ans et plus, 12 % des personnes interrogées se déclaraient gênées par un touriste commandant un cappuccino l’après-midi. Petit rappel de méthode, au passage : la question Preply autorisait jusqu’à trois réponses, donc ces pourcentages ne s’additionnent pas, ils disent la part de gens qui ont cité un comportement. (Et le cornetto, lui, n’a jamais demandé l’heure qu’il était.)

2 – « Arrête de parler avec tes mains, tu vas me crever un œil »

Le geste n’est pas vécu comme un défaut : une liste humoristique très partagée résume que les Italiens « parlent en même temps avec la bouche et le corps » et « jurent avec les mains ». C’est une signature, pas une insulte, et c’est pour ça que le cliché ne blesse presque personne. Aucun chiffre sérieux ne circule sur le nombre de gestes, et franchement, il ne faut pas en inventer un. (Moi, au téléphone, je gesticule tellement que mon chat a renoncé à comprendre.)

3 – « Tu peux baisser d’un ton ? On n’est pas à la foire »

« Rumorosi », bruyants : c’est le neuvième des douze stéréotypes recensés par Scambieuropei, juste avant « amichevoli », chaleureux, qui le contrebalance un peu. Et le cliché fonctionne dans les deux sens, parce qu’en 2024, environ une personne interrogée sur quatre se déclarait extrêmement gênée par les touristes bruyants ou par ceux qui abandonnent leurs déchets, les deux griefs étant réunis dans une seule réponse possible. (Un Italien qui te reproche de parler fort, c’est un peu le monde à l’envers, avoue.)

4 – « Ah, l’Italie : pizza, spaghetti, mandolino ! »

Une enquête de Skuola.net menée en 2014 avec l’émission de radio Mario and The City indiquait que, pour près de neuf jeunes interrogés sur dix, les étiquettes collées aux Italiens de l’étranger restaient une réalité, et qu’un sur deux ajoutait le mot « mafia » au trio pizza, spaghetti, mandolino. Le mandolino, lui, est napolitain : c’est la forme classique de l’instrument, apparue au XVIIe siècle, et non un emblème national officiel. (Tu veux vraiment me faire jouer un air sur un instrument de carton-pâte ?)

5 – « Moi, j’adore la pizza hawaïenne »

C’est le cliché le plus rentable du web, et le plus trompeur : beaucoup d’Italiens trouvent l’ananas incongru sans pour autant entrer en fureur. Le pizzaiolo Franco Pepe, de Pepe in Grani à Caiazzo, a présenté en 2019 à Milan, au congrès Identità Golose, une création baptisée AnaNascosta : un cône de pizza frite, enduit de fondue de Grana Padano, garni d’ananas frais enveloppé de prosciutto San Daniele et poudré de réglisse. Ce n’est pas la pizza hawaïenne, et Pepe lui-même y voit une réponse au préjugé, pas une provocation. (Le jour où je teste ça, je te raconte, promis.)

6 – « Moi, ma carbonara, je la fais à la crème »

Les Italiens tiennent la carbonara pour un plat romain et discutent fermement de sa composition, au point qu’une chronique résume : dire qu’elle se prépare avec la crème, « pourrait en tuer plus d’un ». Pourtant, aucune norme officielle n’impose le guanciale : la codification actuelle, guanciale, jaunes d’œufs, pecorino romano, poivre, s’est installée à la fin des années 1990. Jusque dans les années 1980, la pancetta était admise et la crème n’était pas exclue, y compris chez des chefs réputés. Vous me direz qu’un Italien s’agace d’une carbonara à la crème, c’est une chose ; que ce soit interdit en est une autre.

7 – « Je coupe mes spaghettis, c’est plus simple, et tu me passes le ketchup ? »

Dans le sondage Preply de 2024, 18 % des personnes interrogées se disaient gênées de voir un touriste couper ses pâtes ou les manger à la cuillère. Le ketchup sur les spaghetti et le poulet pané posé sur les pâtes sont deux autres griefs, relevés par d’autres sources, et il ne faut pas les fondre dans un même chiffre. (La pasta, ce n’est pas un support neutre, c’est un personnage principal.)

8 – « Imite-moi l’accent napolitain, allez, juste pour rire »

Un classement publié par la plateforme Preply et relayé par Esquire Italia le 16 septembre 2025 place le napolitain en tête des accents les moins aimés des Italiens, devant le sarde, le sicilien et le vénitien. Le magazine ne donne ni pourcentage ni taille d’échantillon et parle des utilisateurs de la plateforme : le résultat dit quelque chose d’un ressenti déclaré, pas d’une mesure de la population italienne. L’explication par les films et les émissions comiques est une hypothèse du journaliste. (C’est un cas rare de cliché retourné, et ça, ça vaut de l’or en dîner de famille.)

9 – « C’est quoi, la vraie différence entre le Nord et le Sud ? »

Cette comparaison Nord-Sud est un terrain glissant, et la source qui la résume le dit elle-même : la leçon de LearnAmo consacrée aux huit différences entre le Nord et le Sud porte un avertissement explicite, « questo video ha uno scopo puramente ironico ». À l’étranger, paraît-il, le pire voisin de table pour un Italien est un autre Italien venu d’une autre région. (Mariage, vacances, Noël, l’aperitivo : tout y passe, et on rigole jaune.)

10 – « Et la mafia, alors, c’est partout chez vous ? »

Une enquête de Skuola.net de 2014, menée avec l’émission Mario and The City, mesurait une perception déclarée : un jeune interrogé sur deux ajoutait le mot « mafia » aux clichés sur l’Italie, et plus de 45 % attribuaient ces clichés au comportement des responsables politiques. Ces chiffres disent ce que des jeunes déclaraient en 2014, pas ce qu’est l’Italie. (C’est le cliché le plus blessant de la liste, et il se traite sans folklore et sans anecdote.)

Le onzième, c’est quoi chez toi ? Balance en commentaire.

Prends soin de toi et si tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens.

Vincent

Restez informé

Recevez un email à chaque nouvel article. Pas de spam, désinscription en un clic.

Partager cet article

WhatsApp Messenger Instagram Facebook Copier le lien Email Partager…

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *