Dublin, samedi 2 mai 2026. Le RCT s’incline 29-25 à l’Aviva Stadium, à quatre points d’une finale européenne pour la première fois depuis 2015. Une remontée de 16 points qui tourne court, une fin de match cruelle, et des questions qui ne tarderont pas à surgir. Mais avant de regarder vers le samedi 9 mai et la réception de Toulouse au Vélodrome, il faut rendre à chacun ce qui lui revient. Les notes sont signées Josh Raisey pour RugbyPass, voilà le verdict toulonnais joueur par joueur.
Les rescapés (7/10) : ceux qui ont tenu debout
Six hommes ressortent de Dublin la tête haute. Six sur vingt-trois. Ça dit quelque chose sur la nuit qu’ont vécu les Rouge et Noir.
Charles Ollivon (7) – Le capitaine qui ne lâche rien
Quinze plaquages réussis. Quinze. Dans une demi-finale de Champions Cup, sur la pelouse d’un Leinster chez lui, Charles Ollivon a été partout. Il n’a jamais baissé les bras, même quand le score atteignait 26-9 en début de seconde période. C’est le genre de prestation qui n’a pas besoin de commentaire, juste d’être racontée telle quelle. Le capitaine a montré l’exemple jusqu’au coup de sifflet final.
Melvyn Jaminet (7) – Plein d’initiatives
Jaminet n’est pas arrière par défaut, il l’est par vocation. À Dublin, il a été l’un des rares à créer quelque chose offensivement, cherchant constamment à prendre de la profondeur, à casser les lignes, à décaler. Son positionnement lui a permis de peser sur la défense irlandaise tout au long de la rencontre. Pas suffisant pour changer l’issue, mais suffisant pour figurer parmi les meilleurs Toulonnais de la soirée.
Gaël Dréan (7) – L’essai de la remontée
76e minute, Toulon à deux points du Leinster, Dréan reçoit la diagonale d’Albornoz et aplatit. Cet essai, dans ce contexte, face à cette défense, c’est l’image qu’on gardera de sa soirée. L’ailier répond toujours présent dans les moments décisifs, et cette demi-finale ne fait pas exception. Dommage qu’il reste quatre minutes pour protéger l’avantage.
Baptiste Serin (7) – Le déclencheur de la remontée
Entré en cours de jeu, Serin a marqué l’essai qui a relancé la machine à la 70e minute. Ce n’est pas anodin d’allumer une demi-finale sur une entrée de banc. Le demi de mêlée a apporté le rythme et le tranchant qui manquaient, et la remontée de 16 points a commencé avec lui. Sept sur dix pour une entrée qui a failli tout renverser.
Beka Gigashvili (7) – La meilleure entrée du banc
Meilleure note des remplaçants, impact immédiat à son entrée. Gigashvili a mis de l’intensité dans la conquête au moment où le match se tendait, et sa présence en mêlée a coïncidé avec la montée en puissance du pack toulonnais en fin de match. Quand un pilier remplaçant hérite de la meilleure note du banc, ça confirme que la première période avait un problème sérieux en première ligne.
Esteban Abadie (7) – Entrée décisive
Abadie a eu un impact direct sur la dynamique de fin de match. Toujours à 100 % quand il entre, toujours généreux dans l’effort, le troisième ligne a contribué à la pression qui a failli payer. Sept sur dix pour une entrée qui valait mieux que la défaite au final.
Les solides (5,5-6/10) : des bases, pas assez pour renverser Dublin
Sept titulaires dans cette fourchette. Une prestation collective correcte dans l’ensemble, avec quelques points saillants positifs, mais rien qui n’ait suffi à faire la différence à l’endroit où ça compte.
Tomás Albornoz (6) – Le chiffre qui impressionne, le résultat qui fait mal
166 mètres ballon en main. 100 % de passes réussies. Et c’est sa diagonale qui offre l’essai à Dréan à la 76e. Sur le papier, Albornoz a fait son travail, et bien. C’est la cruelle réalité de perdre une demi-finale : on peut avoir des stats d’ouvreur propre et quand même rentrer à la maison sans billet pour la finale.
Setariki Tuicuvu (6) – L’essai et les doutes défensifs
Tuicuvu a marqué à la 37e minute, inscrivant son nom dans le fil de la remontée. Mais sa soirée n’a pas été linéaire : quelques difficultés dans la défense ont tempéré l’ensemble. Six sur dix reflète bien cette prestation en dents de scie, plus efficace offensivement que défensivement.
David Ribbans (6) – L’enforcer qui a tenu son rang
Son rôle n’est pas glamour mais il l’assume : tenir la ligne, défendre avec autorité, peser dans les zones de combat. Ribbans a fait ça correctement à Dublin, avec une défense dominante qui lui vaut une note au-dessus de la moyenne. Dans une équipe qui a souffert en conquête, c’est un point positif à retenir.
Ben White (6) – Service correct, match en partie échappé
White a alimenté correctement ses partenaires, mais dans les moments chauds où il fallait accélérer le jeu ou prendre une décision qui change quelque chose, le match lui a un peu échappé. Six sur dix pour une prestation honnête sans être déterminante.
Juan Ignacio Brex (6) – Solide dans la tempête
Brex a contenu les attaques adverses avec sérieux et n’a pas donné de points faciles. Prestation propre dans un contexte difficile pour les centres face à un Leinster qui aime créer des espaces sur les extérieurs. Pas d’éclat, pas d’erreur rédhibitoire.
Mikheili Shioshvili (6) – La bataille de l’ombre
Numéro 8 discret dans les statistiques visibles, mais Shioshvili a porté le ballon avec rigueur et tenu son rôle dans les zones de rucks. Ce sont des choses qui ne font pas les titres mais qui permettent au collectif de fonctionner.
Zach Mercer (6) – L’énergie du banc
Mercer a apporté de l’énergie et de la vitesse dans le jeu courant à son entrée. Dans la dynamique de la remontée, ce type de profil compte. Six sur dix pour un impact positif sans être décisif.
Junior Kpoku (5) – Moins décisif qu’en phases précédentes
Kpoku a été omniprésent dans les plaquages, ce qui reflète la réalité d’une équipe qui a beaucoup défendu. Mais offensivement, il a pesé moins que lors des phases à élimination directe précédentes.
Corentin Mézou (5) – Présent, pas pesant
Défensivement sérieux, Mézou n’a pas réussi à faire la différence en conquête dans les moments où le RCT en avait besoin. Cinq sur dix pour une prestation dans les clous mais insuffisante pour peser sur une rencontre de cette envergure.
Jérémy Sinzelle (5) – En deçà de son niveau
Quelques ballons perdus, une soirée en dessous de ce qu’on connaît habituellement de lui. Dublin n’a pas été la nuit de Sinzelle, et cinq sur dix en est le reflet honnête.
Les naufragés (4-4,5/10) : la première période qui a tué le match
Trois joueurs, trois notes en dessous de 5. Et si tu cherches où le match s’est joué en première période, tu as ta réponse ici.
Jean-Baptiste Gros (4,5) – Dominé là où ça fait le plus mal
La mêlée, c’est le socle. Et Gros a été dominé côté serré pendant une bonne partie des quarante premières minutes. Les pénalités se sont accumulées sur son côté, offrant au Leinster des munitions précieuses. Quand un pilier gauche est en difficulté dans ce type de rencontre, c’est toute la plateforme collective qui en souffre. 4,5 sur 10, et la question de la première ligne reste entière pour la suite.
Teddy Baubigny (4) – Le carton jaune qui a changé le match
43e minute. Baubigny voit jaune pour un plaquage haut. À ce moment précis, Toulon était déjà dans un match difficile, et se retrouver à 14 pendant dix minutes dans un Aviva bouillant, face à une équipe qui sait gérer la supériorité numérique… c’est cadeau. Quatre sur dix pour un talonneur qui n’a pas eu la soirée qu’il espérait, et dont le carton a offert au Leinster une opportunité qu’il n’a pas lâchée.
Kyle Sinckler (4) – La mêlée sanctionnée
Comme Gros, Sinckler a enchaîné les sanctions en mêlée en première période. Deux piliers dominés au même moment, ça donne une mêlée en souffrance pendant quarante minutes et un demi adverse qui a le choix de ses munitions. Quatre sur dix pour une prestation qui a contribué à creuser le fossé avant la pause.
Les remplaçants discrets (5/10)
Quatre entrants à 5 sur 10 : entrées correctes, impact limité, aucune faute sérieuse.
- Gianmarco Lucchesi (5) : impact limité à son entrée, sans faute notable.
- Daniel Brennan (5) : entrée discrète, a fait son travail sans se signaler dans un sens ou dans l’autre.
- Matthias Halagahu (5) : prestation standard, dans la lignée des entrants qui n’ont pas pu changer la dynamique.
- Mathis Ferté (5) : entrée sans éclat dans un match qui n’appelait pas à la gestion mais au risque.
Et maintenant ? Le Top 14 et Toulouse en ligne de mire
La Champions Cup 2025-2026 est terminée pour le RCT. Après la poule, les phases finales et cette demi-finale arrachée jusqu’à la 76e minute, il faut maintenant pivoter vers le Top 14. Et la situation est tendue.
Toulon est 8e au classement avec 55 points. Bordeaux-Bègles (6e) et Racing 92 (7e) ont 60 points chacun. Cinq points de retard sur le top 6 avec quatre journées à jouer. C’est jouable, mais ça ne pardonne pas la moindre erreur.
Le premier test arrive samedi 9 mai : Toulouse au Vélodrome, à Marseille. Le champion de France en titre, face à une équipe qui revient d’une demi-finale européenne quatre jours plus tôt. Physiquement et mentalement, le défi est de taille. Mais si la famille rouge et noir a appris quelque chose du RCT cette saison, c’est que ce groupe sait se lever quand il le faut. La question, c’est : est-ce qu’il lui reste assez dans le réservoir pour faire les quatre derniers matchs à la hauteur de ce qu’il a montré à Dublin en seconde période ?
Il reste quatre journées. Un Pilou-Pilou au Vélodrome samedi soir pour lancer la course. Peuchère, si ça passe, ce sera beau.
Source : RugbyPass – Josh Raisey
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