12 pénalités, 36 % de possession en supériorité : les chiffres et les voix d’après Dublin

Dublin, l’Aviva Stadium, le 2 mai 2026. Le RCT sort par la petite porte d’une demi-finale de Champions Cup qu’il avait les moyens de gagner. 29-25. Quatre points. C’est peu et c’est beaucoup à la fois. Les Rouge et Noir ont montré un visage séduisant dans le dernier quart d’heure, mais c’était trop tard, et tout le monde le sait. Il faut maintenant digérer, comprendre, et repartir. Car le 9 mai, c’est Toulouse au Vélodrome. Et ça ne va pas attendre.

Les stats qui font mal

On commence par Albornoz. L’ouvreur argentin a parcouru 166 mètres balle en main. Son homologue irlandais, Byrne, en a parcouru 35. Ce ratio à lui seul dit quelque chose de cette demi-finale : le RCT avançait, le RCT percutait, le RCT portait le danger. Et pourtant, c’est le Leinster qui va en finale.

Les rucks, maintenant. Les deux équipes ont tenté à peu près le même volume, autour de 47 chacune. Le RCT n’a contesté qu’un seul ruck sur l’ensemble du match. Un seul. Face à une équipe irlandaise bâtie sur la vitesse de recyclage, c’est une invitation permanente à jouer vite. Toulon a été propre dans ses propres rucks, mais n’a exercé aucune pression dans les rucks adverses. Le Leinster a donc pu dérouler son jeu dans la continuité.

La stat qui fait le plus mal, c’est peut-être celle-là : 36 % de possession dans les moments de double supériorité numérique. Deux fois, le Leinster s’est retrouvé à treize contre quinze. Deux fois, Toulon n’en a pas profité. On reviendra sur ce que Baubigny dit de la deuxième occasion, mais le chiffre brut est édifiant. Avoir l’avantage du nombre et n’exploiter que 36 % de ce temps, c’est une erreur collective, pas un hasard.

Ce qui relativise la déception : l’efficacité dans les 22 mètres adverses. Quand Toulon est entré dans la zone de marque, il a marqué à chaque fois. Cent pour cent sur trois entrées. Le problème, c’est qu’il n’y en a eu que trois. L’attaque était létale quand elle se déployait, elle ne s’est tout simplement pas déployée assez souvent.

Et les pénalités : douze concédées, dont cinq en mêlée fermée. C’est là que le bât blesse le plus tactiquement, et Baubigny le dit clairement.

Baubigny : la mêlée et l’arbitrage

Teddy Baubigny était amer après le coup de sifflet final, et il ne s’en est pas caché. Sur la mêlée, le chiffre est brutal : cinq pénalités concédées en mêlée fermée, alors que le RCT tournait à 90 % de réussite dans cette compétition avant cette demi-finale.

« Jusqu’à ce match-là, nous étions pourtant à 90 % de réussite en mêlée fermée sur cette compétition. […] neuf pénalités sur dix ont été sifflées contre nous. »

— Teddy Baubigny, talonneur du RCT, Rugbyrama

Pierre Mignoni n’a pas dit autre chose sur l’arbitrage de M. Pearce, qu’il a jugé « assez dur par rapport à Kyle Sinckler ». Quand le pilier le plus influent de ton pack se retrouve sous pression permanente des sifflets, ça déséquilibre toute la mêlée.

Sur le moment le plus douloureux de la partie, Baubigny est précis. Cinq minutes avant la mi-temps, les Irlandais sont à treize. Touche à quelques mètres de leur en-but. C’est le moment. Et là :

« Cinq minutes avant la pause, les Irlandais sont réduits à treize, on bénéficie d’une touche à quelques mètres de leur en-but et là, on échappe malencontreusement le ballon. »

— Teddy Baubigny, Rugbyrama

Peuchère. Une occasion pareille, ça ne se représente pas deux fois dans une demi-finale. Le Leinster s’en sort à treize, il repasse à quinze, et le match bascule.

Sur la fin du match, Baubigny reconnaît que le RCT avait commencé à trouver la bonne vitesse :

« En fin de match, dès que nous avons tenu un peu plus le ballon, nous les avons fait reculer […] on mettait du volume, on était maîtres du jeu mais on l’a certainement fait trop tard. »

— Teddy Baubigny, Rugbyrama

Trop tard. Les deux mots qui résument cette demi-finale.

Mézou : le Top 14 commence maintenant

Corentin Mézou, lui, regarde déjà devant. Le deuxième ligne ne s’attarde pas sur ce qui aurait pu être, même s’il en reconnaît les contours.

« On est tristes. On aurait aimé aller plus loin, mais nous avons un super groupe qui continue à grandir et à se construire. »

— Corentin Mézou, deuxième ligne du RCT, Rugbyrama

Le diagnostic sur le match est lucide. Pas d’excuse, pas de fuite :

« On aurait dû se réveiller plus tôt dans la rencontre et envoyer plus de jeu, cela aurait peut-être payé. »

— Corentin Mézou, Rugbyrama

Et sur la suite, il est direct. Le basculement est immédiat :

« On va basculer immédiatement sur autre chose […] On va désormais tout baser sur le Top 14. Ça commence d’ailleurs le week-end prochain, contre Toulouse au Vélodrome : nous sommes obligés de sortir un grand match pour espérer une victoire et, peut-être, un retour dans le top 6. »

— Corentin Mézou, Rugbyrama

C’est précis, c’est honnête, et c’est exactement ce qu’on a besoin d’entendre. Pas de langue de bois. Le mot « obligés » dit tout sur l’état d’esprit dans le vestiaire.

Toulouse au Vélodrome : les enjeux

Le calendrier ne laisse pas de temps pour le deuil. Le 9 mai 2026 à 21h, le RCT affronte Toulouse au Stade Orange Vélodrome de Marseille. C’est la journée 23 du Top 14.

Le classement actuel est clair : Toulon est 8e avec 55 points (11 victoires, 1 nul, 10 défaites). Toulouse est 1er avec 77 points (16 victoires, 6 défaites). L’adversaire est le champion en titre et le leader du championnat. On ne va pas se raconter d’histoires : c’est le match le plus difficile du calendrier restant.

Après Toulouse, le programme est le suivant : Racing 92 à l’extérieur, l’Union Bordeaux-Bègles à domicile, Castres à l’extérieur. Quatre matchs. Le top 6, et donc les phases finales, passent par un minimum de trois victoires dans cette série. Idéalement les quatre.

Le Vélodrome, c’est une enceinte neutre sur le papier, une salle de foot transformée pour l’occasion. Mais avec plus de 60 000 places et l’atmosphère que ça génère, c’est un défi physique et mental particulier. Les Rouge et Noir y ont déjà joué des grandes affiches. La famille rouge et noir fera le déplacement, c’est une certitude.

Ce que ça signifie pour le club

Ce qu’on retient de Dublin, au-delà du score, c’est que ce Toulon-là est compétitif au plus haut niveau européen. Arriver en demi-finale de Champions Cup et mener 25-22 à vingt minutes de la fin contre le Leinster chez lui, c’est une performance. Ce n’est pas une consolation, mais c’est un fait.

Le problème, c’est la régularité sur 80 minutes. Depuis le début de la saison, les Rouge et Noir ont trop souvent commencé les matchs en mode économie pour sortir le grand jeu dans le dernier quart. Contre le Leinster, cette habitude a coûté une finale. Les stats le montrent sans ambiguïté : une équipe qui n’exploite que 36 % d’un avantage numérique double, qui ne conteste qu’un seul ruck sur toute une demi-finale, ce n’est pas une équipe qui manque de qualité. C’est une équipe qui n’a pas encore la constance des grandes équipes.

La saison n’est pas finie. Loin de là. Mézou l’a dit, Baubigny l’a dit à sa façon : ce groupe grandit. La question est de savoir si cette élimination va accélérer ce processus ou s’il faudra attendre la saison prochaine pour voir le RCT complet sur 80 minutes. Le Vélodrome, samedi soir, donnera un premier élément de réponse.

Si tu veux porter les couleurs, retrouve la collection Toulon-Var → ici-la.co

Un blog de supporters, pas de publicitaires

Ici, pas de popup, pas de cookies traceurs, pas de bandeau qui clignote.

Juste du rugby, du RCT, et l’actu directement dans ta boite mail. Gratuit. Pour toujours.


Rejoindre la famille rouge et noir

Via Follow.it — désabonnement en un clic, zéro spam, promesse de supporter.

Sources : Rugbyrama (Noah Soula / Marc Duzan, analyse stats)Rugbyrama (Marc Duzan, Baubigny)Rugbyrama (Marc Duzan, Mézou)

Allez Toulon.




Restez informé

Recevez un email à chaque nouvel article. Pas de spam, désinscription en un clic.

Partager cet article

WhatsApp Messenger Instagram Facebook Copier le lien Email Partager…

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *