9 faits saisissants sur la Bretagne et les Bretons si tu veux bien les découvrir

En ce temps particulier, j’imagine que tu as envie de te changer les idées? Dans le cadre de ma création de design sur la Bretagne, je fais aussi beaucoup de travail de recherche. Travail que je vous propose de partager un peu.

J’aime les cultures, les gens, les traditions, les langues, c’est comme ça que j’ai atterri à la tête du projet Ici & Là.

En tant que Toulonnais (mais je pense que tu peux venir de n’importe quel endroit sur la planète et rencontrer des Bretons ^^) j’ai été en contact avec de nombreux bretons tout au long de ma vie.

Je te jure, Toulon étant un port militaire, il y a une sorte d’échange perpétuel entre les gens de Brest et les gens de Toulon, les petits toulonnais reviennent souvent au bras d’une belle bretonne après avoir fait leur 6 mois d’école militaire à Brest. True Strory.

Bref, de ces recherches et des ces contacts j’ai relevé quelques faits méconnus que je vous propose de partager.

Bon si tu es passionné et breton jusqu’au bout des veines tu vas peut-être pas apprendre grand chose, mais tu pourras rajouter ton savoir en commentaire!

1- Un pays, deux langues

C’est une des points les moins maîtrisés à ma connaissance par les Français et par une part des Bretons. Je sais, je sais, si tu suis ma page, il y a 90 % de chance que tu sois au courant, car tu es intéressé. Mais, c’est un point très pertinent je trouve, car il va nous apprendre sur l’Histoire de la Bretagne et sa composition culturelle et génétique qu’on va voir plus loin.

Le Breton en Basse-Bretagne (à gauche) une langue celtique dites brittonique, Le Gallo à droite, un dialecte d’oïl.

On distingue deux langues :

– le Gallo, un dialecte de la langue d’oïl (du bon gros françoué), tu te rappelles de Tryann et de la chanson la Découverte ou l’ignorance? « je suis né à Nantes où on ne le parle pas », c’était vrai à l’époque et même bien avant ça.

Les ducs y étaient installés (Nantes) et le dernier Duc de Bretagne à parler breton est Alain IV Fergent, mort en 1112, au XIIe siècle.

La situation du Gallo, étant donné sa proximité avec le Français standard, mène a une disparition quasi certaine, avec une 30aine de milliers de locuteurs seulement recensés en 2008.

Ex de Gallo : Bien que très francisée, la chanson Pelot d’Hennebont, de Tryann, inspirée d’une lettre de soldat véridique, retranscrit un peu de la conjugaison particulière du Gallo par rapport au français standard et nous donne une idée de comment il pouvait sonner « j’serons bientôt général ».

Pour la petite anecdote, au Québec où subsiste quelques formes conjuguées similaires, j’ai pu rencontrer des Bretons pour s’interroger sur ces formulations étranges, ils ignoraient complètement qu’elles venaient de chez eux.

La chanson, les prisons de Nantes avec les phonèmes ouè et oué typiques de l’ensemble des dialectes d’oïl et une forme encore très fréquentes dans les variations dialectales du français au Canada et même dans le créole réunionnais si je ne dis pas de bêtises : vouère, moué. « Personne ne vint l’vouère », « Mais que dit-on de moué »

https://www.youtube.com/watch?v=ne2LzSG8bic

– Le Breton est une langue celtique issue des îles britanniques et non comme on pourrait le penser parfois des celtes implantés sur le continent pendant la conquête romaine, plus communément appelés, Gaulois.

C’est avec le Flamand (éteint en France à ma connaissance), L’Alsacien, le Basque et le francique (lui aussi très menacé) une des 4 langues non romanes de l’espace français métropolitains et sans doute la langue la plus vivace de toutes les langues dites « régionales ».

Elles sont en piteux état, le centralisme faisant du mal depuis des lustres, devrais-je dire, des siècles.

Le Breton, compte près de 200 000 locuteurs, une belle production culturelle et une certaine visibilité.

Beaucoup de Français, d’ailleurs, aliénés par leur cours d’Histoire et l’oubli des langues de leurs ancêtres, pensent que c’est une des seules langues régionales avec le Corse, la Basque et l’Alsacien. Alors que chaque région possède son dialecte ou sa langue.

Cependant comme pour beaucoup d’autres communautés, c’est seulement éloignée des centres économiques et démographiques que la langue tient le plus.

Répartition du nombre de brittophones par pays de Bretagne en 2018

2- Frères de la Cornouaille, le cornique langue la plus proche

Si proches et si loin, Les Cornouailes, Kernow ou Cornwall

Le Breton, la langue, fait partie des langues Brittoniques, avec le cornique et le gallois. Et la langue la plus proche, ce qui au vu de la proximité linguistique n’étonnera personne, est le cornique des Cornouailles (quasiment éteint).

Voici un petit tableau des déclinaisons d’une langue à l’autre.

bretoncorniquegalloisirlandaisgallo (ELG)français
butunat, fumiñ ; mogediñmegiysmygudeatach a chaitheamhbetunaefumer, pétuner
c’hwibanañ, c’hwitellat, sutal…hwibanachwibanufeadaílsublaesiffler
er-maez, en-maezen-mesi maes, allanamuigh, amachdehordehors
gavrgavergafrgabharbiquechèvre
genoù, begganowgenaubéalgoull, becbouche (gueule)
gwenanenngwenenengwenynenbeachavètt, mouche a miéabeille
gweuz, muzellgweusgwefusgiorria (= court-cerf)liplèvre
gwiñver, kazh-koadgwiwergwiwermadra cruinn (= chien d’arbre) / iorachat-de-boézécureuil
hiziv, hiriv, hidi, huduhedhywheddiwinniu/indiuanoetaujourd’hui
kador, kadoar, kadoerkadorcadaircathaoirchaérrchaise
keuz, fo(u)rmajkeuscawscáisfórmaijfromage
kouezhañ, kouezhokoedhacodymu, cwympo, disgyntitimcheirtomber (choir)
niverniverniferuimhirlimeronuméro
perennperengellygen, perenpiorrapeirrpoire
skolskolysgolscoilecollécole
ster(ed)ennsterenserenréalt/réaltaeteillétoile
ti, tychitigh/teachmézonmaison

À noter, que les Cornouailles, sont « le » seul endroit celte d’Angleterre.

3- Les Bretons, ces britanniques

Si on parle Breton, si le cornique est la langue la plus proche, c’est dû à un pan essentiel de l’Histoire Bretonne : l’émigration bretonne en Armorique.

Fuyant les tribus dites barbares, après le retrait de l’empire romain, les Bretons insulaires (de Grande Bretagne) ont émigré massivement en Bretagne, région où la culture celtique était encore relativement conservée. C’est en tout cas une hypothèse, car les raisons de l’implantation sont mal connues. La proximité géographique peut en être une autre.

Je ne doute pas que de nombreux lecteurs voudront compléter ce point d’histoire en commentaire.

4- La Bretagne tient son nom des îles britanniques

Les colons ont ainsi nommé la péninsule armoricaine, la petite Bretagne. D’ailleurs au Royaume-uni, on ne parle pas toujours de Great Britain, mais de Britain tout court pour parler des îles, car la Bretagne fut d’abord utilisé comme nom uniquement pour les qualifiés.

Ils utilisent le terme Brittany pour qualifier aujourd’hui la Bretagne continentale.

Ex: « I’m from a little place call Great Britain, But I dunno if I love or hate Britain »

https://www.youtube.com/watch?v=AE2QmINPs5Y

Ce mélange, ces confusions dans la langage, traduisent la confusion qui règne dans les esprits sur les origines des peuples et des termes que ce soit pour les Bretons comme pour les Britanniques.

5- Celtes de langue et de gênes?

Marqueurs Italo-celtique sur le chromosome Y ici on parle par exemple de marqueur antique quand le nord de l’Italie était Gauloise et non de marqueur lié à l’émigration du VIe au iXe siècle

Si tu es intéressé(e), le site eupedia, propose une suite de carte issues d’études scientifiques de la répartition de certains marqueurs génétique en Europe.

On peut observer plusieurs points même si les cartes ne correspondent pas toujours aux ères culturelles.

Ex : De plus grandes fréquences des cheveux clairs, roux, des yeux bleus ainsi que du marqueur celte ou la moins grand fréquence de marqueur germanique par exemple.

Cela met en lumière quelques recoupements historiques et culturels fait plus haut. Mais c’est un survol et à part te dire que tu viens plus des îles britanniques qu’ailleurs en France, ça ne dit pas grand chose, l’Europe se mélange depuis des milliers d’années et il n’y a pas particulièrement d’unité ethnique à relever selon moi.

6- Une Bretagne et Plusieurs drapeaux, en voici 3.

Oui on le voit de partout, le Gwenn ha Du, mais il n’en a pas toujours été ainsi. Les Ducs ont utilisé plusieurs blasons et drapeaux au cour de l’Histoire, la marine bretonne a utilisé nombre de pavillons aussi.

Le Gwenn Ha Du est récent, mais aujourd’hui largement populaire. Qui n’a pas eu un de drapeau breton gênant son champ de vision en allant à un quelconque concert ? 🙂

Variation du Gwenn Ha Du et de ses hermines à 9,11 ou 14. Je me suis fais reprendre sur leur nombres plusieurs fois si la version à 11 est commune, il reste que plusieurs versions coexistent.

Le plus souvent représenté avec 11 mouchetures d’hermines et 9 bandes représentant 9 pays bretons, le drapeau a été créé par Morvan Marchal, architecte et artiste breton, régionaliste des années 1920.

Un drapeau dont il dira : « Ce drapeau, qui, je le répète, n’a jamais voulu être un drapeau politique, mais un emblème moderne de la Bretagne, me paraît constituer une synthèse, parfaitement acceptable de la tradition du drapeau d’hermines pleines (sic), et d’une figuration de la diversité bretonne « 

Octave-Louis Aubert, « Pour le drapeau !  », Bretagneno 152,‎ octobre 1937 , p. 292

Le drapeau à mouchetures d’hermines, drapeau de la Province au XVIe siècle et avant l’hégémonie du Gwen Ha Du.

Drapeau d’hermine de la Province de Bretagne

Le Kroaz Du, quelques uns des membres de la page ont tendance à plus s’identifier à ce denier.

Ce drapeau à la croix noire qui aurait inspiré le drapeau de Cornouailles, est utilisé dans la composition de nombreux pavillons bretons, quand il est cantonné d’hermines, à travers l’Histoire.

Variation du Kroaz Du pour les pavillons

Il est attesté depuis le XVe siècle et on le fait remonter parfois aux croisades et au XIIe siècle.

Le Combat des Trente en 1351, épisode de la guerre de Succession de Bretagne

Il est d’ailleurs souvent attribués aux combattants Bretons.

7- Des Menhirs, des Dolmens mais pas tant que ça

C’est une idée reçue qui m’a explosé en pleine face alors que je rédigeais un article pour ma communauté aveyronnaise, 12 faits saisissants sur l’Aveyron. Mais si la Bretagne est largement connue pour ses pierres levées, ses cites mégalithiques et leur beauté et singularité sur le continent, les dolmens sont plus présents au Sud du massif central qu’ailleurs en France, faisant de l’Aveyron (hein, quoi c’est où ça?), le département le plus pourvu en France.

Cette implantation m’interpelle car elle entre en contradiction avec beaucoup de cartes génétiques en référence dans le point 5.

Ce qui met en lumière que culture et génétique ne sont pas nécessairement et toujours liés et qu’hasard des mélanges, des guerres, du commerce ou simplement du cœur et de ta propre construction identitaire, on peut être d’une origine ethnique donnée mais se sentir d’une origine culturelle différente.

Bref Breton de sang c’est possible mais le cœur est la seule vérité au bout du compte.

9- Une Bretagne, 9 pays

Je te le disais en introduction, j’aime faire des recherches, j’aime les cultures, j’aime mes cultures et celles des autres, j’aime la Bretagne comme le Rouergue.

Je travaille pour l’identité de toutes les régions, les villes et les communautés hors de l’île de France.

Une chose cependant me chagrine, le succès de quelques uns de mes produits dédiés aux différents départements de Bretagne et les échecs de mes essais pour faire vivre l’identité des différents pays de Bretagne au travers de T-shirts.

carte 9 pays de Bretagne : Cornouaille, Léon, Trégor, Vannetais, pays de St-Brieu, Pays de St-Malo, Pays de Dol, Pays Rennais, Pays Nantais.

D’ailleurs la communauté d’Ici & Là débat souvent, trop souvent, sur Nantes et même Rennes.

Pourquoi selon vous, les produits dérivés sur le Léon, la cornouaille, le Vannetais, malgré l’histoire, les signes et symboles ont-ils aussi peu de succès ?

Conclusion

J’espère que vous aurez apprécié la collecte de ces 9 faits saisissants. N’hésitez pas à ajouter les autres ou vos remarques en commentaires. Un petit partage aide aussi beaucoup.

Vous allez sans doute dire non et c’est bien correct, mais si jamais vous voulez me soutenir en m’offrant la valeur d’un café, pour que je produise plus sur la Bretagne, je vous invite à laisser votre pourboire ici : https://ko-fi.com/vincentdeicietla Merci, Trugarez.

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *