7 faits saisissants sur l’Ariège

Si tu es Ariégeois, j’espère que je vais t’apprendre au moins un truc, si tu n’es pas Ariégeois, et bè, je suis sûr que tu vas en découvrir plein.

L’Ariège, un territoire singulier que je vais essayer de mettre en lumière, en 7 faits saisissants.

1- Le département de l’Ariège est formé de trois provinces historiques

Arièjo ô moun pais, oui mais il n’en a pas toujours été ainsi. Bien que formé majoritairement par le Comté de Foix, deux autres entités politiques formaient le département avant la République.

Le Languedoc à l’est du département au niveau de Mirepoix et Lavelanet

Les Comminges et le Couserans à l’ouest qui dépendait de La Guyenne et Gascogne au niveau de St-Lizier, St-Girons ou encore Bethmale.

Au centre Foix et son comté qui bénéficiait d’une certaine autonomie politique vis à vis de Toulouse.

L’Ariège est à un carrefour glissant tranquillement d’une zone culturelle languedocienne à la Gascogne. Du Languedoc au Couserans.

Mais un territoire fier qui représente une des communautés les plus actives d’Ici & Là et qui malgré sa position de carrefour et ce depuis 2000 ans, représente un communauté unie, fière et significative.

4000 membres sur la page Facebook pour un département de seulement 150 000 personnes c’est énorme. Je vous aime.

2- L’Ariège a son Hymne un fait très rare pour un département et il est vibrant.

Tiens, malgré plusieurs variations dialectales sur son espace, c’est bien un hymne unique qui a émergé au XIXe siècle pour sublimer le pays d’Ariège.

Loin du côté kitsh de « j’irais revoir ma Normandie », des Normands ou de l’aridité de « Breizh ma bro », des Bretons, Ariejo ô moun pais, vibre, respire et sent les Pyrénées à plein nez. Traditionnel et éternel à la fois. On dirait du Nadau, mais ce n’est pas du Nadau.

Je suis particulièrement surpris de ne pas l’avoir découvert lorsque je travaillais sur les identités de l’espace occitan à l’université, alors que je faisais partie du mouvement des étudiants occitans. Je vous laisse le re-découvrir ou le découvrir.

Arièjo, ô moun pais, écrite par le curé Sabas Maury né le 1er mars 1863 à Gestiès dans la vallée du Siguer.

3- Les Ariégeois d’origine celte certes, mais aussi basque

J’ai toujours eu beaucoup de mal avec la « gauloisisation » de l’histoire de l’espace français, c’est mon côté Niçois qui n’a jamais connu que Grecs et Romains sur son territoire sans doute…

Si les Celtes étaient effectivement nombreux et majoritaires sur une grande majorité de l’espace français modernes, il ne faut pas ignorer que Basques, Ligures ou encore Grecs étaient aussi présents parfois puissants sur ce même espace.

Les Basques ou Aquitains dans l’espace gascon et basque actuel, les Grecs sur le pourtour méditerranéen, ainsi que les Ligures au pied des Alpes.

L’Ariège, dont nous avons vu la division politique et linguistique plus haut entre Gascogne et Languedoc, tenait déjà une telle division à l’antiquité entre celtes et peuples protobasques :

– les Convènes à sa frontière ouest, au niveau de Saint-Bertrand de Comminges, des Aquitains, proto-basques, soit de langue non-celte ou gauloise, mais de langue basque dont on trouve encore trace d’un substrat dans la variation dialectale gasconne de l’occitan.

– Et les Consoranni, Celtes dans le Courserans qui furent majoritaires sur l’espace ariégeois contemporain. L’est du département semblait quant à lui, moins habité d’après les maigres sources en ligne.

L’Histoire apporterait néanmoins des preuves de mélanges et évidemment de contacts avec la population aquitaine (proto-basque) toute proche et les gaulois de Courserans.

4- La Casta, une race de vaches ariégeoises en voie de disparition

Avec un effectif en 2017 de 320 femelles pour la France entière, la Casta, probablement de Castanha (Prononcé castagno), en occitan pour la couleur de la robe, est une vache 100 % ariégeoise mais malheureusement sur le point de disparaître, malgré les efforts entrepris par les producteurs locaux.

N’hésitez pas à les encourager pour faire vivre cette race délaissée, mais ariégeoise. Comme la ferme de Ussau permettant des commandes de boeuf pour la viande alors que la Casta n’est plus traite pour son lait. Vegan s’abstenir Bien évidemment.
Vous connaissez d’autres fermes et éleveurs, laissez un commentaire je l’ajouterais dans l’article!!

5- Toco y se gausos, la devise de Foix

Come and take it, comme pour la révolution texane de 1835, Foix tient une devise pleine de défi, Touches-y, si tu l’oses. Dont on dit que ce serait le comte de Foix parti pour L’Espagne qui l’aurait introduite pour mettre au défi le Béarn de venir prendre sa ville.
Toco y se gausos, du viel-occitan donc.

6 – D’or à trois pals de gueules, le Blason des comtes de Foix et de l’Ariège.

Contrairement au blason Catalan à quatre pals de gueules, soit en bon français à quatre bandes rouges, les drapeau et blason des comtes de Foix comme le blason actuel de l’ariège n’en n’ont que trois.

Ce blason aurait été utilisé par les premiers comtes de Foix au XIe siècle.

Le Blason catalan quant à lui trouverait son origine au XIIe siècle, soit quand même un siècle plus tard. Le second a la chance d’avoir une histoire à relier à sa création, mais celui de Foix semble précédé la blason catalan (un bouclier d’or, sur lequel on passe quatre doigts ensanglantés d’une blessure)

Peu de sources sont néanmoins disponibles. http://svowebmaster.free.fr/drapeaux_foix_comte.htm
https://fr.wikipedia.org/wiki/Blason_de_Catalogne

Ce qui fait que la prochaine fois que ton cousin catalan te nargue en disant que tu lui as piqué son drapeau, tu pourrais lui préciser que les comtes de Foix l’ont utilisé en premiers.

S’il y a des spécialistes donnez nous vos sources en commentaires pour l’histoire du blason des comtes de Foix.

La blason de l’Ariège est un mélange du blason de Foix et de l’ancienne province de Couserans.

7- Mont-ségur, un des lieux les plus vibrants d’Histoire

Le château de Mont-Ségur, ça veut dire le mont sûr, sécuritaire en languedocien probablement le château dit « cathare », le plus connu. Sa prise, par les croisés, a sonné le glas d’une certaine indépendance du Midi de la France sur la capitale parisienne. Tout un symbole !

Château de Mont-ségur dont la forme actuelle n’est pas celle de l’époque Cathare.

De mes voyages d’enfance, la visite de Mont-Ségur m’a laissé un de mes plus profonds souvenirs d’Histoire et d’amour pour mon très cher Midi de la France. Un guide passionné avait rendu les ruines de ce château vibrantes de réalisme et d’anecdotes sur la façon de vivre de l’époque.

Plus tard, bien plus tard en fait, je compris un peu plus les tenants et aboutissants politiques et économiques qui ont conduit les Français à déclarer une croisade contre les maisons de Toulouse et de Trencavel.

Le Languedoc de l’époque était riche, puissant et hautement développé dans les arts comme dans les lettres, bien plus que le Nord de la Loire ne pouvait l’être. Selon moi, et selon pas mal d’auteurs occitanistes à vrai dire, la croisade fut un casus belli , un prétexte religieux, pour prendre le pouvoir et le contrôle sur le Midi de la France et intégrer ou réintégrer tout ce petit monde qui ne parle pas comme il faut et n’écoute pas le « bon » Dieu, au sein du Royaume de France.

Quoi qu’il en soit, Mont Ségur est un symbole de l’histoire occitane et de la fin d’une effervescence politique, économique et culturelle dans le Midi. Un lieu ariégeois, qu’on ne doit pas manquer.

Si tu aimes l’Histoire, et même si c’est un lieu très touristique, c’est un lieu qu’on doit marquer sur la carte, mais tu vas devoir te trouver un bon guide pour faire parler les pierres.

Voilà

J’aurais pu en ajouté et vous aimerez sans doute le faire en commentaire, un plat, un aspect méconnu de l’Ariège, une nouveauté de la culture ariégeoise. Je vous invite à le faire.

Il vous est aussi possible de m’encourager à créer plus de contenu comme celui-ci en m’offrant un petit pourboire, l’équivalent d’un café.

4 comments

  1. le château actuel de Monségur est un château français bâti après le Bûcher et n’a rien à voir avec le castrum cathare !
    je pense qu’il serait intéressant de bien spécifier d’entrée que les Basques sont les descendants des Aquitains et que les Gascons sont les Aquitains romanisés

    1. Merci pour le com. On parle de peuple proto-basque dans ce cadre, mais oui les Gascons sont des aquitains romanisés, je parle d’ailleurs dans l’article de substrat basque présent dans le dialecte gascon, un substrat est un reste de structure grammaticale mais pas la langue en tant que telle. Le château a eu plusieurs formes et sa forme actuelle n’Est pas celle de l’époque cathare vous avez bien raison, je vais l’ajouter. Merci encore.

  2. Petit fait géographique intéressant. En ariège se trouve (sur la crête frontière avec l’Espagne) le plus haut sommet du Languedoc (pas de l’Occitanie) ET de la Catalogne: La Pique d’Estat 3143m. C’est quand même le point culminant d’un sacré paquet de kilomètres carrés et celà, sur 2 pays 🙂

    1. Merci pour le com, je voulais mettre le point culminant au moment d’écrire mais j’ai eu du mal à vérifier le sommet le plus haut. Merci mille fois.

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