J’ai fouillé les vieux blogs, les forums, les commentaires Facebook, tout ce que j’ai pu trouver sur vous, mes Corses. Et j’ai compilé ce qui fait qu’on sait, sans l’ombre d’un doute, que tu es Corse. Accroche-toi, parce que ça va piquer, et comme toujours chez nous, c’est pour de rire.
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Bouffe, dialecte, météo, caractère, un peu de tout. Prépare-toi à te reconnaître, ou à reconnaître ton cousin de Bastia.
Allez, on y va. Tu sais que tu es Corse quand :
1 – Tu dis « pinzutu » pour celui qui débarque du continent
Le pinzutu, c’est l’étranger qui vient de France, le touriste, parfois même le Corse de la diaspora. Et attention, prononce-le bien « pinsoute », sinon tu te trahis. Dès que ce mot sort de ta bouche, la frontière entre l’île et le reste est tracée, et franchement, il n’est pas tendre avec les gens d’en face.
2 – Tu « montes sur le continent » quand tu prends le bateau
Chez nous, on ne va pas en France, on « monte » sur le continent. Comme si l’île était le centre du monde et Marseille une contrée lointaine. C’est dans la tête d’un insulaire, ça ne se discute même pas.
3 – Tu ponctues tout d’un « aiò ! » qui veut tout dire
Aiò, c’est « allons », « viens », « allez, on y va », bref tout à la fois. C’est le mot-béquille du Corse pressé, celui qui dit l’impatience, l’élan, parfois l’étonnement. Tu l’entends, tu sais qu’il faut bouger.
4 – Tu réponds « và bè » à peu près à tout
Và bè, ça veut dire « ça va », mais ça peut aussi bien accuser le coup que dire « ben voilà ». Un Corse te répond « và bè » quand tout roule, et « và bè » quand tout déraille. C’est l’expression passe-partout, celle qui ne s’embarrasse pas de précision.
5 – Tu dis « salute » pour bonjour, pour trinquer et quand on éternue
Un seul mot, trois usages. Salute, c’est le bonjour, le « santé » de l’apéritif et le vœu après un éternuement. L’économie de vocabulaire, chez nous, c’est une tradition bien ancrée.
6 – Tu avales la dernière voyelle : chez toi on dit « Bonifach » et « San Anton »
Bonifacio devient Bonifach, San Antonio devient San Anton. On mange la fin des mots, c’est notre marque de fabrique. C’est d’ailleurs ce petit tic qui met immédiatement le visiteur en vacances, sans billet de retour.
7 – Tu pratiques la « macagna », cette moquerie gentille
Macagner, c’est blaguer, taquiner, se charrier. La macagna, la moquerie bienveillante, c’est un véritable sport local. Si un Corse se moque de toi avec le sourire, c’est que tu es de la famille.
8 – Tu sais qu’un vrai figatellu a la forme d’un U et le goût du foie de porc
Le figatellu, c’est la charcuterie de l’île : une saucisse sèche en forme de U, au foie de porc, parfumée aux épices, qu’on mange séchée ou grillée au feu de bois. Un Corse ne confond jamais son figatellu avec un vulgaire saucisson du supermarché.
9 – Tu refuses l’été sans brocciu
Le brocciu, c’est le fromage frais de brebis ou de chèvre, celui qui se glisse partout, du salé au sucré, surtout dans le fiadone. Pour un Corse, un été sans brocciu n’est pas un été. C’est aussi simple que ça.
10 – Tu défends mordicus le casgiu merzu, ce fromage « pourri » aux vers
Le casgiu merzu, ce fromage qu’on déguste avec ses asticots encore dedans, fait tourner de l’œil les âmes sensibles. Toi, tu y vois un trésor du terroir. Le cliché vient un peu de Sardaigne, mais chez nous, on assume.
11 – Tu commandes une Pietra avant même d’ouvrir la carte
À boire ? Une Pietra. Pas juste parce que c’est une bière, mais parce qu’elle est corse. Consommer local, c’est une affaire de principe, avant même de savoir ce qu’il y a à manger.
12 – Tu ne manges pas : tu te fais une « manghjata »
Se faire une manghjata, c’est se taper un vrai gueuleton, casser la croûte comme il faut. Le mot vient du corse « manghjà », manger. Chez nous, le repas n’est jamais un simple besoin, c’est un moment de partage.
13 – Tu passes pour fermé, et pourtant tu guides les touristes perdus
Le cliché veut que le Corse soit froid et peu souriant. La vérité, c’est l’inverse : on s’arrête cinq minutes pour renseigner un touriste égaré. La réserve du début cache une hospitalité sincère.
14 – On dit que tu as le sang chaud, et que « ça se corse » très vite
L’expression française « ça se corse » vient de cette idée que, chez nous, les gens ont le sang chaud. Les choses se compliquent vite, et le tempérament monte d’un cran sans prévenir. Tu le sais, et ça te fait sourire.
15 – Pour toi, la Corse est tout simplement le plus bel endroit du monde
La fierté insulaire, ce n’est pas du chauvinisme, c’est une certitude intime. L’île mérite son surnom d’Île de Beauté, et tu te bats pour qu’elle ne soit pas bétonnée. C’est pour ça qu’elle reste un joyau.
16 – Tu n’es pas fainéant : tu te lèves tôt et tu fais la sieste
Sous 40 degrés, travailler en plein après-midi, c’est de l’exploit. Alors on se lève tôt, on se couche tard, et on s’organise autour de la canicule. La sieste de 13 h à 17 h, c’est du bon sens, pas de la paresse.
17 – Tu lances « chì caldu ! » dès que le mercure grimpe
Chì caldu, « quelle chaleur ! ». C’est le cri de l’été, celui qui sort tout seul quand le soleil tape et que l’île est en alerte canicule. Tu le dis, et tout le monde comprend.
18 – Tu vis sous un soleil dont le reste du pays rêve
La Corse est parmi les régions les plus ensoleillées. Le cliché du « toujours sous le soleil », pour une fois, est presque vrai. Et tu le savoures, sans en faire toute une histoire.
19 – Tu connais chaque virage de la route de ton village
Les routes sinueuses de l’intérieur, tu les avales comme un pilote de rallye. Connaître chaque virage de son village, c’est la marque de l’enfant du pays, celui qui est ancré dans son terroir.
20 – Ton village, c’est ton identité : « amà u so paese »
Amà u so paese, aimer son village. On dit aussi « ognunu ama u so fucone », chacun aime son feu, sa maison. Le village, c’est les souvenirs, les racines, et ça passe avant tout le reste.
21 – Tu vibres sur la paghjella, ce chant à trois voix classé à l’UNESCO
La paghjella, c’est la polyphonie corse par excellence : trois voix d’hommes dans un ordre immuable. Inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, portée par des groupes comme Chjami Aghjalesi. Ça te prend aux tripes, et tu ne t’en remets jamais.
22 – Napoléon, chez toi, c’est sacré
S’il faut adouber un personnage historique, pas de débat : ce sera Napoléon Bonaparte, l’enfant d’Ajaccio. Il a porté l’île en dominant l’Europe. Sur ce point, inutile d’insister, la messe est dite.
23 – Tu es d’Ajaccio ou de Bastia, et tu te sais meilleur que l’autre
Ajacciens et Bastiais ne se supportent pas, mais d’une rivalité fraternelle, loin de la haine sportive. Chacun est simplement persuadé d’être supérieur. Deux influences différentes, deux fiertés qui se regardent de travers, avec le sourire.
24 – Tu ne détestes pas les touristes, juste les casse-pieds
Le Corse n’est pas hostile aux visiteurs, d’autant que le tourisme est la première ressource de l’île. Seuls les touristes pénibles l’agacent. L’accueil reste sincère, pour peu qu’on soit respectueux. Alors sois poli, et tu verras.
Et toi, c’est quoi ton truc de Corse que j’ai oublié ? Balance-le en commentaire, on va bien rigoler. Que tu sois d’Ajaccio, de Bastia ou d’un village perdu dans la montagne, ça m’intéresse vraiment.
Prends soin de toi et si tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens.
Vincent

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