12 faits saisissants sur les Landes

Les Landes, moi, j’ai toujours trouvé que c’était le genre de département qu’on résume en deux images : la forêt de pins et la plage. Et puis on passe à autre chose. Erreur de débutant. Parce qu’à creuser un peu, cette terre landaise cache un paquet d’histoires qu’on ne raconte jamais à l’apéro : un visage préhistorique de 25 000 ans, du pétrole sous la pinède, et un nom qui descend peut-être du basque.

J’ai donc réuni douze faits vérifiés et sourcés, ceux qui m’ont le plus fait écarquiller les yeux. Si tu es landais, prépare-toi à en remontrer à la famille. Si tu ne l’es pas, tu vas peut-être comprendre pourquoi on s’attache à cette terre-là.

Découvre aussi la collection Ici & Là Landes ici : les t-shirts et souvenirs landais.

1 – La plus grande forêt artificielle d’Europe est landaise

La forêt des Landes n’a rien d’une forêt naturelle : c’est la plus grande forêt artificielle d’Europe de l’Ouest. Le massif des Landes de Gascogne s’étend sur 974 000 hectares, soit 9 740 km², à cheval sur trois départements, les Landes, la Gironde et le Lot-et-Garonne. Dans le seul département des Landes, la surface forestière atteint environ 570 000 hectares, plus de 60 % du territoire. Et cette forêt est presque entièrement composée d’une seule essence, le pin maritime, qui représente plus de 80 % des arbres. À la différence d’une forêt primaire, tous ces pins ont été plantés par l’Homme, en rangées bien droites, et de larges pare-feux quadrillent le massif pour contenir les incendies. (On marche au milieu d’une forêt dessinée au cordeau, mine de rien, c’est troublant.)

2 – Des bergers sur échasses gardaient un million de moutons

Avant les pins, les Landes étaient un océan de landes rases et humides où paissaient d’immenses troupeaux. En 1850, on comptait entre 900 000 et 1 million de brebis dans le département. Pour surveiller ces bêtes et parcourir 15 à 20 kilomètres par jour sans s’enfoncer dans les terrains marécageux, les bergers landais montaient sur des échasses, les fameuses « tchanques ». Haut perchés sur ces deux pièces de bois, ils gardaient le troupeau de loin et se déplaçaient à vive allure, un mode de vie attesté depuis le début du XVIIe siècle. Cette silhouette perchée est devenue le symbole absolu des Landes, au point que des groupes d’échassiers animent encore les ferias et la Côte d’Argent. (Essaie de surveiller un million de moutons à pied dans un marécage, tu m’en diras des nouvelles.)

3 – Napoléon III a transformé un désert en forêt par une loi

En 1857, les Landes étaient encore décrites comme un « Sahara français » ou un « désert malsain » aux portes de Bordeaux. Tout a basculé avec la loi du 19 juin 1857, voulue par Napoléon III : la loi d’assainissement et de mise en culture des Landes de Gascogne. Elle imposait aux communes de drainer les landes humides, de les planter en pins maritimes et de vendre les terres communales, ce qui a mis fin au système agropastoral en l’espace d’une génération. Le géographe Élisée Reclus a pu écrire que le territoire français s’était « enrichi de toute une province ». C’est d’ailleurs le seul département français à porter un nom tiré d’une formation végétale, la lande. (Autant te dire qu’on ne traverse pas un désert à Bordeaux aujourd’hui sans se demander d’où viennent les pins.)

4 – Le plus vieux visage humain quasi réaliste a été trouvé ici

C’est dans un petit village landais qu’a été découverte l’une des plus anciennes représentations connues d’un visage humain. La Dame de Brassempouy, une figurine en ivoire de mammouth haute de 3,65 centimètres, date du Paléolithique supérieur, entre 33 000 et 25 000 ans. Découverte en 1894 par le préhistorien Édouard Piette dans la grotte du Pape, à Brassempouy, elle est considérée comme la plus ancienne représentation quasi réaliste d’un visage humain, avec son quadrillage évoquant une chevelure ou une capuche. Elle est conservée au musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, et a même eu droit à un timbre français en 1976. (Un visage de 25 000 ans sur un timbre, il fallait bien que je vous le raconte.)

5 – Gascon et basque sont nés du même mot

Tu entends « landais » et tu penses au gascon, rarement au basque. Erreur : les deux mots ont exactement la même origine. « Gascon » et « basque » viennent tous deux de l’ethnonyme « vascon », prononcé /uaskon/, dont l’initiale a évolué différemment selon les régions. Le département des Landes est l’un des trois départements, avec le Gers et les Hautes-Pyrénées, entièrement situés en zone gasconne, et l’on y parle le « parlar negue », le gascon noir ou landais, propre au littoral et à la Grande Lande. Le poète landais Bernard Manciet disait : « Je suis occitan et mon dialecte est le gascon negre car je suis des Landes. » (Une parenté inattendue qui relie la forêt landaise aux Pyrénées basques, comme un air de famille qu’on n’explique pas.)

6 – Un foie gras sur quatre est landais

Le canard est le roi des Landes, et le foie gras son étendard. Le département assure à lui seul 24 % de la production française de foie gras, ce qui en fait le premier producteur du pays, devant les Pyrénées-Atlantiques (15 %), la Vendée (13 %) et le Gers (11 %). La filière repose sur un chiffre vertigineux : 7,5 millions de canards gras sont élevés chaque année dans les Landes. Tout se mange, du magret au gésier, en passant par le confit et les rillettes appelées localement « titiouns ». Et comme la France produit à elle seule la plus grande partie du foie gras mondial, les Landes en sont une capitale discrète mais incontestable. (Un foie gras sur quatre qui sort d’ici, ça se respecte, et ça se déguste.)

7 – Une tauromachie sans mort ni taureau

La course landaise est une forme de tauromachie qui se pratique exclusivement avec des vaches, les « coursières », des femelles de race espagnole, et sans aucune mise à mort, ni pendant ni après la course. Les écarteurs les esquivent au dernier moment dans l’arène, les sauteurs bondissent par-dessus, dans un sport codifié depuis 1830. Cette discipline, gérée par la Fédération française de la course landaise, est inscrite depuis 2020 à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel français. Avec 164 arènes homologuées recensées en 2004, c’est tout le pays qui vibre au rythme des courses, de mars à octobre. (Le courage des écarteurs, face à une vache qui fonce, je te le souhaite pas de l’essayer toi-même.)

8 – 106 kilomètres de plage, la plus grande d’Europe

Le littoral landais est un record à lui tout seul : 106 kilomètres de sable fin quasi ininterrompus, la plus grande plage de sable fin d’Europe. Cette côte rectiligne, balayée par de puissants rouleaux, a été baptisée « Côte d’Argent » en 1905 par le journaliste Maurice Martin, inspiré par les reflets argentés de l’océan. C’est là qu’est née la culture du surf en France : Hossegor accueille chaque année une étape du championnat du monde professionnel, le Quiksilver Pro France, et la Fédération française de surf y a installé son siège. Des spots comme la Gravière ont fait le tour du monde. (La Gravière, si tu surfes, tu sais de quoi je parle.)

9 – Dax, doyenne des villes thermales de France

Dax ne se résume pas à ses fêtes : c’est l’une des plus anciennes villes thermales de France, née d’une source d’eau chaude. Les Romains y ont fondé Aquae Tarbellicae, les « eaux des Tarbelles », autour d’une source dédiée à la déesse Nèhe. La légende raconte qu’un centurion y aurait retrouvé son chien rhumatisant guéri après s’être baigné dans les boues chaudes. Aujourd’hui, Dax est la première ville thermale de France par le nombre d’établissements : elle en compte 16, le plus grand nombre de l’Hexagone, et attire des dizaines de milliers de curistes chaque année, en particulier pour la rhumatologie. (La légende du chien, je n’y crois qu’à moitié, mais avoue qu’elle est belle.)

10 – L’or blanc des Landes a disparu en 1990

Pendant plus de deux mille ans, les Landais ont saigné leurs pins pour en tirer la résine, une activité appelée gemmage. Cet « or blanc », transformé en essence de térébenthine et en colophane, a fait la fortune de la région et occupé des milliers de gemmeurs, armés de leur hapchot. Un résinier s’occupait en moyenne de 4 000 pins, et un pin pouvait être gemmé pendant près de 80 ans. Puis la concurrence du pétrole et des pays à main-d’œuvre moins chère a tout balayé : le gemmage a totalement disparu de la forêt de Gascogne en 1990. Aujourd’hui, il ne survit que comme icône, sur les cartes postales et à l’écomusée de Marquèze. (Deux mille ans d’un métier effacés en une génération, c’est le genre de bascule qui donne le vertige.)

11 – Des hydravions transatlantiques décollaient d’un lac landais

Biscarrosse, au cœur des Landes, a été la capitale française de l’hydraviation. En 1930, l’industriel Pierre-Georges Latécoère y a installé sa base de montage d’hydravions sur le lac de Biscarrosse et de Parentis. De grands noms y ont volé : Jean Mermoz, Antoine de Saint-Exupéry, Henri Guillaumet. Le Laté 521, baptisé « Lieutenant de vaisseau Paris », mesurait 49 mètres d’envergure et pouvait transporter jusqu’à 70 passagers pour traverser l’Atlantique. La commune, qui est aussi la plus vaste du département avec 160 km², abrite aujourd’hui le musée de l’Hydraviation et le centre d’essais de missiles de la DGA. (Mermoz et Saint-Exupéry au-dessus des pins, il fallait le voir pour le croire.)

12 – Il y a du pétrole sous les pins des Landes

Qui imaginerait des derricks au milieu de la pinède landaise ? C’est pourtant là que se cache un pan de l’histoire pétrolière française. Le 22 mars 1954, les gisements de pétrole les plus importants de France sont mis au jour à Parentis-en-Born, sur les bords du lac. Dès 1954, ce lac devient le principal site de production pétrolière de la France métropolitaine, et c’est là que naissent les premiers forages lacustres d’Europe. Le pétrole de Parentis était réputé fluide, ne nécessitant qu’un raffinage modéré. Aujourd’hui encore, des pompes à balancier poursuivent leur travail sur les plateformes du lac, un décor de far-west au milieu des pins. (Un derrick entre deux pins, ça dénote, mais c’est du paysage landais.)

Alors, t’en connaissais combien, sur ces douze-là ? La Dame de Brassempouy, le foie gras qui sort d’ici à 24 %, ou ce pétrole qui sommeille sous la pinède ? Balance-le en commentaire, et si tu en as d’autres, on complète la liste ensemble. Les Landais ont toujours une anecdote de plus à raconter, c’est bien ça le problème ^^.

Prends soin de toi et si tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d’où tu viens.
Vincent

Restez informé

Recevez un email à chaque nouvel article. Pas de spam, désinscription en un clic.

Partager cet article

WhatsApp Messenger Instagram Facebook Copier le lien Email Partager…

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *